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A propos de l'exposition « Le Maroc Contemporain » à l'IMA

L'évènement est de taille et l'intérêt sans équivoque. Il fallait donc être là pour saisir l'esprit dans lequel cette exposition générique avait été réalisée après une longue période de prospection dans le monde de l'art marocain, initié par Jean-Hubert Martin, commissaire de l'exposition et dont le nom avait retenu l'attention du grand public lorsqu'il organisa en son temps (1989) au Centre Pompidou l'exposition « Magiciens de la Terre » qui révéla la personnalité et l'œuvre du marocain d'Essaouira Boujemaa Lakhdar, le seul marocain à y figurer.
Il écrivit à l'époque dans le catalogue : « L'exposition réunit des œuvres, des objets durables et éphémères réalisés par des auteurs non seulement clairement identifiés mais auxquels nous avons rendu visite à domicile. Tous ces objets ont en commun d'avoir une « aura ». Ils sont destinés à agir sur le mental et les idées. Ils sont les réceptacles de valeurs métaphysiques. Ils communiquent un sens. » Il n'a pas varié son point de vue pour l'exposition « Le Maroc contemporain ». Il m'a été rapporté que pendant toute une année une équipe de spécialistes avait bien parcourut le Maroc pour sélectionner des artistes « pionniers de la modernité marocaine ». A passer en revue les œuvres exposées, j'ai pensé que l'esprit de système l'emportait sur l'esprit même de la création. Peut-on se targuer de toujours sublimer ce qui choque l'esprit ambiant d'une société qui ne se reconnait pas dans ces élucubrations faciles, que rejette le bon sens et parfois la morale courante, qui refuse la vulgarité et la laideur pour la laideur. Assis sur le « Canapé oiseau », meuble en bois peint multicolore et parcourant la salle d'exposition des yeux, j'avoue n'avoir pas cherché à connaitre le nom de ce photographe, qui s'est plu à remplacer le cube de la kâaba par une grosse boule, préférant m'attarder à décrypter la technique d'élaboration des nombreux tapis grands ou petits tapissant le mur opposé. Si dans un recoin on remarque des sièges en carton, au niveau -2, la femme cagoulée, en bikini et bottée, bras levés de Fatima Mazmouz intitulée « Super Oum » est bien une vulgaire provocation pour « Comment être une femme libre et l'égale de l'homme au Maroc ? » Au niveau I, c'est la révolte, la volonté de changement, le désir de liberté symbolisé par le compas géant (bois vis, inox daté 2013) de M'Barek Bouchichi et la cocotte minute « Monde arabe sous pression 2014 » de Batoul S'Himi. On a trouvé des objets, on leur a donné un sens !
Comment comprendre cette œuvre « Nouvelles pousses sur une vieille souche, trente-six faucilles aux manches hérissés de pointes » d'Abderrahim Yamou ?
Tout cela, est-ce bien l'expression du monde artistique marocain que je fréquente depuis plus de 12 années et que je ne reconnais pas, même si Hubert Martin affirme : « Nous avons voulu montrer la diversité de cette scène culturelle sans tenir compte des dogmes ni du module occidental » je constate qu'il a agit dans la ligne et l'esprit de son exposition « Les Magiciens de la Terre » qui se voulait déjà en 1989 « un autre regard sur l'art ». Cet autre regard étant, c'est certain, le regard d'un parisien dont le snobisme (le snobe, étant celui qui se persuade que le style tient lien de penser), est surtout de paraitre le plus avant-garde possible pour se faire respecter de la petite coterie des arts parisiens et bien montrer qu'on conteste aussi l'institution.
En sortant de l'exposition pour gagner l'immense tente sahraouie installée sur l'esplanade, afin de me retrouver dans ce Maroc rassurant et avenant, qu'on aime fréquenter, j'ai rencontré le peintre Karim Bennani dont on célébra cette année, avec faste, les cinquante années de production, j'ai regretté devant lui de ne l'avoir pas vu représenté au même titre qu'un Tallal, par exemple. Il allait faire le tour de l'exposition.
Faite d'une toile épaisse tissée à partir de poils de chameau, cette tente est présentée dans une disposition architecturale contemporaine dessinée par l'architecte Tarik Oualalou et renferme un lieu de détente et de repos dans la pénombre, il est possible d'y déguster un bon thé chaud au son d'une musique Gnaouie pour une fois non tonitruante et de bonne qualité. On aurait aimé y entendre chanter Nasr Megri qui fait en ce moment une belle carrière au Maroc.
Là, déjà présents, j'ai rencontré aussi les peintres Jacky Belhaj et Naïm Chemaou qui s'entretenaient avec l'artiste invité de Lâayoun Fatima Aijou. Elle me dit avoir été recommandée aux organisateurs par le peintre Brahim El Haissan pour la qualité et l'harmonie de ses toiles colorées et non figuratives noyées dans l'ensemble. Vêtue de ces voiles légers du désert, son visage souriant bien enserré, frêle et distinguée, elle représentait bien là le contraire de cet autre monde qu'on voulait imposer du Maroc aux parisiens enfermés dans leurs problématiques qui demanderait un autre nom pour cet art de montage et de collage, d'assemblage et de bricolage que la pensée unique impose et pour finir bien dans le moule occidental quoi qu'on en dise.
Une exposition à voir et à bien regarder pour mesurer l'effet de « l'interdit d'interdire ».
Est-ce bien là un « réveil » ou le début d'un cauchemar ?
Il y a au Maroc quelques milliers de peintres dont beaucoup suivirent ou suivent les Ecoles des beaux Arts dans le but d'acquérir le métier sérieux sous l'égide de professeurs avertis et voilà qu'on veut les mettre dans la rue pour démontrer leur savoir-faire ; de cette démonstration on ne retient que les casseurs, c'est dans l'air du temps, aux autres maintenant comment leur demander d'apprendre à dessiner !
Provocation, bouillonnement, on fait du bruit pour du bruit. On sublime toute folie, ce sont les laissés pour compte qui m'intéressent et qui avec le merveilleux, la poésie, la nature et la culture représentent l'harmonie du vrai Maroc, loin de cette vitrine hétérogène dont se glorifient les organisateurs parisiens. Le Maroc vaut mieux que cela !


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