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Analyse : Pourquoi 2015 sera une année décisive pour le Maroc
Publié dans L'opinion le 10 - 12 - 2014


Par Benacher Bennaghmouch
Les dix dernières années ont été le témoin d'un changement de paradigme qui s'accélère à un rythme de plus en plus soutenu. En effet, les équilibres mondiaux sont en pleine redistribution, nous avançons à grands pas vers un monde de plus en plus marqué par le polycentrisme. Les puissances régionales prennent le pas sur les anciens gardiens du monde et les différentes influences (économiques, politiques et de plus en plus religieuses) s'affrontent.
Au niveau africain, le Maroc représente l'alternative aux anciennes puissances coloniales et sera donc amené à prendre le leadership de la région en proposant un nouveau modèle économique et social viable. Sur ce chemin semé d'embûches, l'année 2015 s'annonce comme un tournant, une étape décisive sur cette voie.
L'économie marocaine a consolidé sa croissance en 2013 avec un PIB en progression de 4.7% après +2.7 % en 2012, et ce dans un contexte de ralentissement de la croissance mondiale. Cette performance est imputable en particulier à la bonne vitalité de l'agriculture, car les activités non agricoles sont pour leur part restées peu dynamiques par rapport à 2012. Les exportations globales de biens ressortent en baisse de 4% en raison d'un déclin de presque 28% des exportations de phosphate et de ses dérivés. Seules les exportations des biens d'équipement, principalement les fils et câbles électriques, ont profité de la reprise de la demande extérieure.
Par ailleurs, le Maroc a continué de pratiquer une gestion macroéconomique et budgétaire saine en 2013. Grâce à une politique monétaire prudente, l'inflation a atteint 1.9%, le déficit courant a été réduit à 7.2% du PIB, contre 10% en 2012, et les réserves de change ont été portées à 4.5 mois d'importations de biens et de services. Le déficit budgétaire a néanmoins atteint 5.3% du PIB. À cet égard, le gouvernement a engagé des mesures correctives pour améliorer le recouvrement des recettes et revoir à la baisse l'investissement public en 2014. L'objectif est de ramener le déficit budgétaire à 3% du PIB d'ici 2016. Il convient toutefois de souligner que la réforme de la Caisse de compensation et l'application du système d'indexation des produits pétroliers sont nécessaires pour atteindre cet objectif.
Dans l'ensemble, la performance du Maroc est encourageante, le pays ayant su profiter de sa stabilité politique et sociale. Le climat des affaires s'est amélioré et le pays a gagné 8 places dans le classement annuel Doing Business, passant de la 95e à la 87e place d'une année sur l'autre. En outre, l'année 2013 a été marquée par l'amélioration des revenus du tourisme (+2%), des transferts des marocains résidents à l'étranger, et par une hausse significative des investissements directs étrangers (+20%).
Le Maroc a misé sur des stratégies sectorielles ciblées pour accompagner ces réformes, accélérer le processus de transformation et de diversification de son économie et par conséquent créer plus d'emplois. Le Pacte National pour l'Émergence Industrielle dit PNEI (2009-2015), qui a pour objectif la redynamisation du secteur industriel et la consolidation de sa compétitivité, constitue ainsi un cadre stratégique important pour lancer des filières industrielles où le Maroc peut se considérer plus compétitif. Dans cette perspective, l'objectif de créer 220 000 emplois nouveaux semblerait réalisable d'ici 2015. Les nouvelles industries de l'aéronautique et de l'automobile présentent ainsi un gisement important de croissance économique et d'innovation pour le Maroc.
Au delà de cela, les différents accords conclus avec la Russie et la Chine permettent de lancer les bases d'une diversification des partenaires, et sortir de cette dépendance qui ne nous a que trop plombé.
Au niveau diplomatique, le conflit du Sahara marocain a, de la voix même du Souverain, une seule voie possible à savoir la proposition d'autonomie élargie. Le discours royal à l'occasion de la commémoration de la marche verte laisse deviner une réelle offensive diplomatique dans ce sens. Néanmoins, et depuis la dernière tournée de Sa majesté en Afrique de l'ouest, un nouveau volet diplomatique est à l'ordre du jour, économique cette fois-ci. Le but étant l'implantation massive et accélérée des entreprises marocaines dans cette région à travers les secteurs bancaires, de l'assurance, des télécommunications et même dans la distribution. A l'ombre de cela, 2015 devra confirmer ce début de rayonnement économique surtout dans les domaines des médias qui pourront enfin porter la vision marocaine de l'Afrique dans ces pays-là et favoriser le soft power marocain.
Cette volonté de création de ce partenariat entre le Maroc et nos frères africains est illustrée par la déclaration du monarque : «Il n y a plus de chasse gardée, plus de terrain acquis» en allusion au comportement de certains pays européens en relation à leurs anciennes colonies, et qui se retrouvent mis à mal en sentant leurs intérêts dans la région fragilisés. Les réactions agressives ne se sont donc pas faites attendre, puisqu'une véritable escalade diplomatique a vu le jour entre Rabat et Paris qui ont mené à la suspension des accords judiciaires entre le Maroc et la France.
Dans un autre registre, 2015 devra être l'année de certains changements profonds au niveau de la société marocaine. Le Maroc qui n'est plus un simple passage, un pays de transit, s'est véritablement transformé en pays d'accueil. Une prise de conscience sélective de l'obligation de la mise en place d'une véritable politique d'immigration et d'intégration effective des populations d'origine subsaharienne, que nous devons considérer comme partie prenante du champ politico-économique marocain, est une condition sine qua none du rayonnement continental de notre pays.
Pour 2015, les partis politiques devront se remettre à niveau, rajeunir les élites, et surtout, dépasser le clanisme et le clientélisme afin de devenir un véritable réceptacle de compétences, à l'avant garde et capables d'accompagner le décollage du pays.
Cette ambition que nous nourrissons est vitale mais non sans risque, comme nous avons pu le constater, nous devrons nous armer de patience et être prêts à voir apparaître de plus en plus d'ennemis du rêve marocain.


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