La Colombie et le Maroc partagent la même vision d'une politique migratoire humanitaire, selon la diplomatie des deux pays    Casablanca / Fonds de solidarité des avocats : Le bâtonnier dévoile les prélèvements    Compteur coronavirus : 303 nouveaux cas en 24h, 1.32 millions troisièmes doses administrées    La Russie resserre ses relations économiques et politiques avec la Libye et l'Algérie    La Commission Islamique de Melilia : l'Espagne appelée à régulariser la situation des Marocains bloqués    Dette publique: Recul de 9,7% des souscriptions sur le MAVT à fin septembre    Equatorial Coca-Cola Bottling Company installe son siège à Casablanca    Sahara : l'Eswatini pointe la "prééminence" de l'initiative d'autonomie comme "seule solution"    Prolongation de l'état d'urgence au Maroc    La prison locale de Nador 2 dément le harcèlement d'un détenu pour son refus de se faire vacciner    Scolarisation des enfants en situation de handicap : Le taux de 55% dépassé, des efforts à soutenir    Maroc-Etats-Unis: La guerre de l'intégrité territoriale se poursuit toujours    Gazoduc GME : l'Algérie veut expédier vers l'Espagne plus de gaz par voie maritime, les observateurs dépaysés    Déficit de médecins urgentistes au Maroc: Les spécialistes tirent la sonnette d'alarme    Lutte contre le cancer du sein au Maroc: Un combat qui est loin d'être gagné    Sondage du CESE sur légalisation du cannabis à des fins thérapeutiques et industrielles    «Le Maroc jouit d'un important soutien international pour sa souveraineté sur le Sahara», estime un média espagnol    Une amazighité encore à accomplir    ayad lemhouer: "Dans le débat sur les langues d'enseignement, l'Etat devrait ignorer les courants idéologiques et se soucier de ce qui est dans l'intérêt des Marocains"    Fonction publique: En 10 ans, le salaire mensuel moyen grimpe de plus de 15%    Pékin «s'oppose fermement» aux contacts militaires entre Taïwan et les Etats-Unis    Botola Pro D1 / Fin de la 7ème journée : Ce jeudi, le classico FAR-WAC à partir de 18h15    Barça : Limogé, Koeman recevrait un chèque de 20 millions d'euros !    Tourisme au Maroc: les opérateurs au fond du gouffre    Thé au Maroc : 400 marques se partagent le marché local    BMCE Capital présente ses nouvelles prévisions 2021-2022    Jusqu'au 19 mars 2022 : La Galerie Banque Populaire expose les photographies de Marcelin Flandrain    France. Zemmour n'est qu'un symptôme [Par Jamal Berraoui ]    Gouvernance économique : Le financement du PLF assuré sans emprunt national    Conseil de la ville de Casablanca : les préparatifs de la session extraordinaire bouclés    L'Assemblée Générale du Raja : Anis Mahfoud, le secrétaire général démissionnaire, nouveau président    L'ONU alerte sur une crise humanitaire qui « s'aggrave » en Syrie    De plus en plus de prisonniers politiques dans la Russie de Poutine    L'investissement au cœur d'une réunion interministérielle    Palestine : Les USA critiquent « fermement » la colonisation en Cisjordanie occupée    Soudan : La pression internationale « libère » Hamdok    Botola Pro D1: le Raja tenu en échec à domicile par le FUS    L'horizon s'assombrit pour l'OCK, le RCOZ méritait mieux    African Lion 2022 : Le coup d'envoi de la 18e édition sera donné cette semaine    Essaouira / Grotte de Bizmoune : Découverte d'éléments de parure datant de 150.000 ans    Grand succès pour les talents marocains à l'AFRIMA Awards    Publication : «La tribu des Bni Touzin : Etude monographique»    Ouverture du 14ème Festival du Théâtre universitaire de Tanger    Belgique : 24 migrants secourus    Maroc-Rwanda: Une proximité qui ne se dément plus    «Théâtre et philosophie» : Mohammed El Kabbaj explore l'interaction entre l'idée et la scène    Un voyage entre dunes et océan depuis la Cité de Mogador    VIDEO. Le Trophée de la Coupe d'Afrique des Nations (CAN) fait escale au Maroc    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Scandales et purges dans le secteur de la pêche
Publié dans L'opinion le 10 - 04 - 2015

Des têtes sont tombées. Sept vétérinaires et autant de cadres au sein du département de la Pêche. Deux dans l'administration centrale et cinq relevant des délégations de la Pêche. Parmi ce gotha, deux cadres supérieurs, dont l'administrateur du système informatique du ministère de la Pêche. Les sanctions n'ont pas épargné les milieux professionnels. Six unités de transformation ont vu leurs agréments suspendus. Trois à Dakhla et trois autres à Agadir, apprend-on d'une source proche du Collectif Pêche et Développement Durable.
Le scandale a éclaté lorsqu'un exportateur de produits de la pêche s'est présenté à la délégation de la Pêche au port d'Agadir avec un certificat vétérinaire d'export validé par un vétérinaire de Chefchaouen. De quoi mettre la puce à l'oreille du délégué d'Agadir qui a renvoyé le dossier à l'administration centrale de Rabat. Là, on découvre, toujours selon notre source, que le vétérinaire a délivré son certificat sur une unité de traitement des produits de la mer, effectivement basé à Chefchaouen et qui était à l'arrêt de toute activité depuis au moins six moins, mais que son agrément n'était pas encore suspendu. D'où la brèche.
Après enquête approfondie, on découvre qu'il ne s'agit pas de la première fraude, mais qu'au contraire c'est devenu presqu'une « habitude ».
Et comme un scandale cache toujours un autre, on découvre une autre affaire du même acabit avec pour théâtre le port d'Agadir et une unité de traitement à Dakhla. Et bien sûr,
un vétérinaire comme acteur principal. Cette affaire remonte au mois de mars dernier.
Le 20 du mois dernier, donc, un exportateur se présente au port d'Agadir avec six containers de produits de la mer à l'export avec lui aussi de vrais-faux documents ou de faux-vrais documents, à vous de choisir. Parmi ces documents, bien sûr, figure en bonne place le fameux Certificat Vétérinaire à l'Exportation (CVE). Un document qui précise le numéro de série du container, (à préciser que c'est un numéro unique et propre à chaque container, exactement comme une empreinte digitale), le matricule du camion et la composition de la cargaison.
Pour ce qui est du contenu de la cargaison, le CVE mentionne 120 tonnes de seiches, soit 20 tonnes par container. Sachant que le cours de la tonne de seiche vaut deux mille (2000) dollars à l'export.
Les six containers passent toutes les formalités d'usage, même le scanner de la Douane, et étaient stationnés en aire d'attente d'embarquement. Jusque là, tout est normal. Jusqu'au...
Le 23 mars, probablement suite à quelque mouchardise ou autre procédé, toujours est-il que les services de la Douane du port d'Agadir ont procédé à la réouverture des six containers en présence d'une commission regroupant tous les services concernés. Là, on découvre que chaque container ne contenait que deux ou trois tonnes de seiche et tout le reste de poulpes. En fait, il y en avait plus. Exactement quelque 4400 caisses de poulpes. Sachant que le cageot de poulpe contient entre 30 et 35 kg, c'est en fait 150 tonnes d'Azaiz ou de tako (autres noms du fameux céphalopode, en berbère et en japonais) qui allaient être exportées frauduleusement.
En fait, on est là devant une double, ou même triple fraude.
D'abord la tonne de poulpe est cotée actuellement à 8000 dollars à l'export est non les 2000 déclarés en étant de la seiche. Un simple calcul révèle le montant de la fraude: 150 T *8000= 1.200.000 $
Alors que les 120 tonnes de seiche ne sont déclarées qu'à 240.000. C'est presque un million de dollars de « noir ».
En termes plus clairs, si l'opération avait réussi, l'exportateur n'aurait rapatrié que les 240.000$ déclarés. Nous sommes là face à une vraie opération de fuite de devises.
L'autre fraude concerne les 150 tonnes de poulpe. Il va de soi que si l'exportateur a pris soin de ne pas les déclarer, c'est qu'elles ont été pêchées hors quota légal. Autrement dit, nous sommes devant une preuve patente et plus que manifeste que la pêche illicite du poulpe se poursuit dans l'impunité totale. Sinon, comment expliquer que du poulpe, par dizaines, sinon des centaines de tonnes, puisse être pêché, débarqué, transporté vers une unité de valorisation ou de congélation, conditionné et emballé puis retransporté par voie terrestre de Dakhla à Agadir, sans que personne ne puisse s'en rendre compte ? Dans le cas présent, cela a même passé la douane, une première fois comme un couteau dans le beurre.
Mais notre histoire ne s'arrête pas là, pour autant. Car il y a toujours une suite.
Alors que la commission sus-mentionnée avait découvert le pot aux roses après réouverture des six containers, le 23 mars dernier, l'exportateur revient à la charge le lendemain, soit le 24 mars, et s'amène avec un autre Certificat Vétérinaire à l'Export, identique au premier, avec le même numéro de série des containers, le même matricule des camions et établi par le même praticien qui a établi le premier mentionnant les 120 tonnes, exclusivement de seiche. Mais cette fois, le certificat du 24 mars fait état aussi de la cargaison de poulpe. De quoi s'arracher les tentacules.
Car, si on commence à se jouer aussi facilement de documents officiels, qui, de surcroît, sont des documents informatisés, il ne serait que temps de donner un grand coup de pied dans la fourmilière, ou plutôt dans l'alevinière, pour mettre un tant soit peu d'ordre dans un secteur qu'on espère toujours en faire une locomotive des exportations marocaines, du moins dans l'agro-alimentaire.
Mais force est de reconnaître que ce n'est pas en suspendant une poignée de fonctionnaires ou en gelant une autre agréments d'exploitation, qu'on mettrait fin à de telles procédures, tant les lobbies du secteur, du moins ceux qui profitent de tant de brèches, ont toujours fait montre de prépondérance, et font tout pour combattre toutes prémices de réforme.
Pour ce qui est de notre exemple des six containers de Dakhla-Agadir, il y a lieu de relever une anecdote qui fait que dès la découverte du cageot aux roses, des pétitions, faisant état de la bonne citoyenneté de l'exportateur, circulent à Dakhla et signées par plusieurs acteurs de la société civile.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.