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Entretien avec M. Miklos Tromler, Ambassadeur de Hongrie à Rabat : «La Hongrie soutient la proposition marocaine d'autonomie au Sahara dans le cadre de la démarche onusienne»
Publié dans L'opinion le 21 - 04 - 2016

Budapest œuvre pour que l'actuelle situation du Maroc
avec l'Union Européenne revienne rapidement à la normale
Entre le Maroc et la Hongrie, les relations à la fois politiques, économiques, commerciales et culturelles semblent connaître un élan nouveau et appelées à un avenir des plus prometteurs. Les Hongrois ont apprécié la récente visite privée de SM le Roi à Budapest et affichent officiellement leur soutien à la proposition marocaine d'autonomie dans les provinces du sud marocain, dans le cadre du processus de règlement onusien. Ils sont également partie prenante dans le recours déposé contre la décision politique du Tribunal européen relatif à l'accord agricole Maroc-Union européenne. De même qu'ils apprécient l'expérience marocaine en matière d'intégration des migrants. Soutenus par le volontarisme politique de leurs gouvernements respectifs, les hommes d'affaires marocains et hongrois semblent, par ailleurs, intéressés à développer leur coopération, un fait déjà palpable dans les chiffres des échanges commerciaux qui ont connu une hausse progressive significative. Les Marocains voient en la Hongrie une porte d'entrée vers l'Europe centrale et les Hongrois, le Maroc comme tremplin vers l'Afrique. Pour rapprocher nos lecteurs du riche potentiel des échanges multiformes entre le Maroc et la Hongrie, L'Opinion a entretenu Son Excellence l'ambassadeur de Hongrie à Rabat, M. MiklosTromler, jeune diplomate énergique qui croit fermement en l'avenir des relations maroco-hongroises.
L'Opinion : Votre Excellence, le 22 mars dernier, SM le Roi s'est rendu en visite privée à Budapest. En octobre dernier, M. Levente Magyar, secrétaire d'État hongrois de la Diplomatie économique, était en visite à Rabat et il avait souligné le soutien de la Hongrie à une solution politique négociée dans l'affaire du Sahara. Rabat peut-elle compter sur un soutien de Budapest pour la promotion de cette solution politique négociée au sein des instances européennes ?
M. Miklos Tromler : Tout d'abord, la visite de SM à Budapest, il y a près d'un mois, a été considérée comme historique, parce que la première du genre. Elle intervenait après celle effectuée, il y a quelques années déjà, par la Princesse Lalla Salma et le Prince héritier Moulay El Hassan qui s'étaient aussi rendus en voyage privé à Budapest, voyage qu'ils auraient d'ailleurs beaucoup apprécié.
Pour nous, Hongrois, la visite privée de SM le Roi est très importante en sens qu'elle a dû lui permettre de mieux connaître notre pays. De tous les échos parvenus de la capitale hongroise, Sa Majesté aurait également beaucoup apprécié et d'après certaines informations recueillies, il se pourrait qu'il effectue, par la suite, une visite officielle en Hongrie. Ce n'est pas encore confirmé, mais nous aimerions bien que cela se concrétise. Nous souhaiterions, aussi, une visite du chef du gouvernement marocain à Budapest et celle de notre chef d'Etat ou notre chef de gouvernement, ou les deux, à Rabat. Je pense que c'est un bon début dans le renforcement de la coopération entre nos deux pays. La visite privée de SM le Roi a donc donné un certain élan au rapprochement entre le Maroc et la Hongrie et les presses marocaine et hongroise en ont d'ailleurs parlé.
Pour ce qui est de la question du Sahara, la Hongrie a toujours soutenu les débats et les démarches onusiens, c'est-à-dire qu'elle a toujours été pour une solution politique acceptée par les deux parties. Nous savons que ce n'est pas un dossier facile et que cette affaire traîne depuis presque 40 ans. Bien entendu, les démarches du gouvernement hongrois au sein de l'Europe ou ailleurs, sont orientées vers l'objectif de trouver une solution le plus rapidement possible, parce que cette région magnifique a beaucoup de potentiels. Il est dans l'intérêt de tout le monde que la solution soit trouvée le plus rapidement possible surtout qu'aujourd'hui, les phénomènes migratoires et de terrorisme commencent à prendre une ampleur terrifiante. Je dirais donc que la Hongrie s'aligne sur la solution onusienne à ce sujet.
L'Opinion : Le Conseil de sécurité de l'ONU a appelé à des négociations pour une solution politique. Dans ce cadre, le Maroc a pris l'initiative et présenté sa proposition d'autonomie, une proposition qui a été jugée par la communauté internationale de sérieuse et crédible. Est-ce que la Hongrie s'inscrit dans cette approche ?
M. Miklos Tromler : En 2012, Son Excellence M. Othmani, ministre des affaires étrangères à l'époque, s'était déplacé en Hongrie, à Budapest, où il s'était entretenu avec notre ancien ministre des affaires étrangères, Son Excellence M. Janos Martonyi. Il y a eu, alors, une déclaration officielle, notre ministre ayant affirmé qu'effectivement, la Hongrie soutient cette solution d'autonomie proposée par le Maroc dans le cadre de la démarche onusienne en vue de trouver une solution politique, acceptable pour toutes les parties concernées, conformément aux résolutions de Conseil de Sécurité. Cette position est toujours valable.
L'Opinion : En décembre dernier, s'est tenue à Budapest la 2ème session de la commission économique mixte maroco-hongroise, en marge de laquelle a été signé un accord visant l'intensification des relations d'affaires entre les opérateurs économiques des deux pays et la promotion des opportunités d'investissement. La délégation officielle marocaine était, par ailleurs, accompagnée des chefs d'une vingtaine d'entreprises pour une mission B to B. Le volume des échanges commerciaux entre les deux pays s'est, par ailleurs, amélioré de 20% en 2014 par rapport à 2013, pour atteindre 1,6 milliard de dirhams. Est-ce un pic ou le début d'un renforcement des relations économiques et commerciales ?
M. Miklos Tromler : Je suis plutôt confiant et positif. Au cours des quatre dernières années, depuis 2012, les échanges commerciaux ont progressivement augmenté. L'année dernière, c'était quand même une augmentation spectaculaire des échanges entre les deux pays de 2014 à 2015 par 23%. Pour en revenir à la commission économique mixte, nous avons vu qu'il y a un intérêt palpable de la part des deux pays. Je vous le dis honnêtement, nous ne n'étions pas attendu à cette agréable surprise. Il y avait 25 entreprises marocaines qui s'étaient déplacées pour participer aux rencontres « B to B » et 16 personnes dans la délégation officielle présidée par le ministre du commerce extérieur, Son Excellence M. Abbou. Il y avait des représentants du ministère de l'eau et de l'environnement, de la culture, du sport, donc, on s'est dit qu'il y avait de l'intérêt du côté marocain. Quand on a regardé du côté hongrois, il y avait 70 entreprises hongroises qui se sont inscrites aux rencontres « B to B ». Nous avons même du changer la salle de réunion, parce que celle que nous avions prévu, quelques jours avant la tenue du forum, nous semblait alors trop petite pour accueillir cette forte affluence. Etaient présents la directrice générale de « Maroc Export », le vice-président de la CGEM, le représentant de la FIMME (Fédération des Industries Métallurgiques, Mécaniques et Électromécaniques), le représentant de AMDI (Agence Marocaine de Développement des Investissements) et le représentant de INRA(Institut National de la Recherche Agronomique) aussi. Le forum s'est déroulé avec beaucoup de réussite. Même les échanges politiques entre les ministres du commerce et de l'industrie des deux pays se sont bien déroulés. Nous avons découvert certains secteurs-clé dans la coopération entre les deux pays, notamment le tourisme, parce que l'on considère qu'à travers le tourisme, il est possible d'améliorer cet échange commercial. Donc, sincèrement, je ne pense pas que la hausse des échanges commerciaux enregistrée l'année dernière soit due au hasard. C'est un travail que l'ambassade de Hongrie à Rabat et toutes les parties prenantes ont entrepris avec succès. Non seulement j'espère, mais je pense sincèrement que ces échanges ne peuvent que continuer à augmenter. En 2014, il y a eu déjà 4 à 5 délégations d'hommes d'affaires marocains qui se sont rendus en Hongrie, 3 délégations d'hommes d'affaires hongrois qui sont venus au Maroc et, cette semaine, il y a encore une délégation d'hommes d'affaires hongrois qui arrivent. Je pense pouvoir affirmer sans me tromper qu'il y a un intérêt certain chez les hommes d'affaires des deux pays de coopérer. L'intérêt s'est également développé grâce au travail fourni par la Maison Nationale de Commerce de Hongrie à Rabat avec laquelle nous coopérons étroitement. Il faut dire que c'est un des interlocuteurs le plus important dans ce travail dynamique du développement bilatéral économique entre nos deux pays.
Pour lier les choses à l'aspect politique, notre gouvernement a lancé depuis une année une nouvelle stratégie d'ouverture vers le sud, plus exactement vers l'Afrique et l'Amérique latine. Et, en Afrique, bien entendu, vers le Maroc. Je dirais même que cette ouverture est venue un peu tard, mais c'est une stratégie ouvertement adoptée par le gouvernement hongrois et je pense qu'une partie du futur se fait ici, en Afrique.
L'Opinion : Le Maroc s'est justement positionné en porte d'entrée pour l'accès aux marchés d'Afrique, la Hongrie, pour sa part, est frontalière de sept pays qui représentent ensemble un marché d'une centaine de millions de consommateurs. Pensez vous que les deux pays peuvent constituer un tremplin l'un pour l'autre pour accéder aux marches voisins ?
M. Miklos Tromler : Je pense que oui, et pas seulement pour la position géographique du Maroc, proche de l'Europe, etc. On peut considérer que le Maroc est à moitié européen, aussi bien du fait de la proximité géographique, qu'en raison de la coopération avec l'Union européenne, même si quelques fois il y a des hauts et des bas. Cette coopération est quelque chose de très important pour l'Union européenne, en mettant l'accent sur les questions de sécurité et du terrorisme.
La Hongrie, comme vous le soulignez, jouit d'une position stratégique en Europe centrale. Les experts considèrent qu'à partir de la Hongrie, on peut facilement atteindre la Russie et même l'autre bout de la Russie, parce qu'il y a une voie ferroviaire qui peut transporter tous les produits nécessaires, à travers l'Ukraine. Mais aussi parce que, l'année dernière, la Hongrie a été, en Europe centrale, le pays qui a reçu le plus d'investissements directs étrangers, presque deux milliards d'euros. Ce fut une année record, qui a vu soixante dix projets crées en Hongrie, justement parce qu'on considère que c'est un pays stable économiquement. Les trois dernières années, la croissance du PIB variait entre 2,5 et 3,5%.
Une grande nouvelle que je dois également annoncer, la Hongrie a payé la totalité de sa dette envers le Fonds monétaire international et l'Union européenne. C'est, pour les Hongrois, un moment historique, parce que maintenant, nous pouvons regarder devant nous. Peut être que nous sommes l'un des rares pays en Europe où la dette n'augmente pas, mais diminue. Je pense que le Maroc est aussi un pays politiquement stable et sûr. Sur le plan économique, il y a des investisseurs qui viennent de partout dans le monde placer leurs fonds au Maroc, donc je pense qu'il est effectivement possible d'améliorer cette coopération et ce à travers des investissements croisés des deux pays.
L'Opinion : Concrètement, qu'est-ce que la Hongrie propose au Maroc dans le cadre de cette coopération ? Quels sont les secteurs les plus propices pour développer cette coopération ?
M. Miklos Tromler : Vous savez, depuis maintenant quelques années, la Hongrie offre un savoir-faire, non seulement technologique et toute une gamme de produits, mais aussi de très haut niveau. Nous avons un programme de formation d'étudiants étrangers, dont on aura l'occasion de discuter plus tard. Nous avons des technologies dans le secteur, par exemple, du management de l'eau, du traitement des déchets, et même en génie civile, plus exactement les barrages. Vous savez, nous avons plusieurs grands fleuves, dont le Danube, qui traverse Budapest. En agriculture, aussi, nous avons un réel savoir-faire, ainsi que dans le management de l'eau pour l'agriculture. Nous avons même, aujourd'hui, des sociétés qui proposent des solutions extraordinaires. Nous avons approché la FAO pour déposer le brevet d'une solution originale développée par deux ingénieurs hongrois, avec une équipe de chercheurs, et homologuée en Hongrie. C'est une technique d'irrigation, qui a nécessité une dizaine d'années de recherche pour être parfaitement en point et qui consiste à irriguer avec de l'eau mélangée à un produit liquide biologique. Cette solution peut faire économiser jusqu'à 40 à 50% d'eau, dans la culture de tous types de plantes qui ont des racines enfuies dans le sol. La terre absorbe ce produit organique, mélangé à de l'eau, et par des réactions non pas chimiques, mais physiques, il arrive à absorber l'humidité de la terre et stocker de l'eau autour de la racine. Comme ça, pendant deux à trois mois, la plante est approvisionnée. Ils ont obtenu des résultats extraordinaires en Hongrie et en Europe centrale. Actuellement, cette solution est testée dans les environs de Marrakech et Agadir et les prévisions sont assez bonnes. Par ailleurs, quand je vois le développement de l'urbanisation et des infrastructures urbaines actuellement à Casablanca, Rabat, Marrakech et autres grandes villes marocaines, ça me rappelle que la Hongrie dispose d'un réel savoir-faire et des solutions à partager en matière d'efficacité énergétique, éclairage public, transport commun, solutions Smart City, innovation IT et nouvelles technologiques. Budapest est devenue une des capitales européennes des start-ups d'où les savoir-faire que nous sommes prêts à partager avec le Maroc. Aujourd'hui on a même des bus électriques. Budapest est devenue une smart-city, ce qui veut dire que nous disposons également d'une expérience en matière de planification du trafic. Vous savez, Budapest est, aujourd'hui, une grande capitale de deux millions d'habitants. Transport en commun, signalisation, tout ce qui fonctionne ensemble y est bien harmonisé. Nous avons, actuellement, beaucoup de contacts avec le Wali de Casablanca, de Marrakech, d'Agadir ainsi qu'avec les maires de Casablanca, Fès, Marrakech et Rabat puis avec Casa-transport, Casa-aménagement, Agence de Bouregreg et les visites de travail se font de plus en plus nombreuses dans les deux sens.
Un dernier point qu'il m'est également important de mentionner est que nous avons un important savoir-faire en matière d'infrastructures sportives. Notre gouvernement soutient beaucoup, depuis 5 à 6 ans, le football. Pourquoi le football ? Parce que dans les années 60 et 70, nous étions parmi les meilleurs nations de football au monde. Aujourd'hui le niveau a beaucoup baissé, mais ça commence à revenir. D'ailleurs, après 44 ans, nous sommes qualifiés pour les Championnats d'Europe, en France. On y sera, cet été. Cette politique est allée de pair avec la construction de stades et d'académies de football. Nous avons un nouveau stade, le Groupama Aréna, situé à Budapest, dont le club résident est le Ferencváros. Il a gagné le titre de meilleur stade nouvellement construit en Europe centrale, en 2015. Car ce n'est pas seulement un stade de football, avec des loges, mais aussi un espace de vie sociale, avec des restaurants, un musée, des sociétés y font des incentives. C'est un petit stade de 25.000 places, parce qu'on a considéré que c'était suffisant pour avoir une bonne ambiance. Les gens viennent y regarder des matches de football, mais aussi y passer quelques heures de détente et de loisirs.
En 2017, la Hongrie va organiser le premier championnat du monde des sports aquatiques, natation, water-polo, plongeon, etc. L'organisation de cette manifestation sportive a été attribuée à la Hongrie parce que les instances internationales ont estimé que nous avons suffisamment de savoir-faire pour pouvoir la réussir. Et, dernier mot sur le sport, vous devez savoir que nous avons présenté la candidature de Budapest pour accueillir les Jeux olympiques de 2024. La concurrence sera rude, face aux autres villes en compétition, Paris, Los Angeles, Hambourg et Rome, mais on y croit.
L'Opinion : Quels sont en revanche les secteurs et produits marocains qui intéressent le plus la Hongrie ?
M. Miklos Tromler : A côté du tourisme, il y a le textile, mais aussi certains produits de l'agriculture, tels les légumes et fruits, ainsi que les dérivés des phosphates et les produits phytosanitaires utilisés dans l'agriculture. Je considère aussi que le potentiel d'échange entre nos deux pays est assez prometteur concernant les fruits de mer, parce que même si nous n'avons que les poissons d'eau douce, il y a un segment des consommateurs hongrois qui cherchent de plus en plus des fruits de mer de haute qualité. Les produits de mer provenant d'Agadir et du Sahara, que l'on dit magnifiques, constituent, à mon avis, un créneau qui devrait être mieux exploité. Mais tout dépend aussi de la liaison aérienne entre les deux pays. Il n'y a actuellement pas de vol direct entre les deux pays, la plupart des marchandises échangées font le chemin en bateau. Les produits marocains écoulés sur le marché hongrois sont, ainsi, débarqués dans les ports de Slovénie et de Croatie, faisant ensuite le reste du trajet par camions. Je pense que par la connaissance de la culture des deux pays et le tourisme, les relations économiques et commerciales entre nos deux pays ne pourront que continuer à s'améliorer.
L'Opinion : A ce propos, le ministre du tourisme marocain devrait se rendre en mai prochain à Budapest pour promouvoir la destination Maroc sur le marché Hongrois, selon la nouvelle approche consistant à se tourner vers les pays émetteurs d'Europe de l'est. Quels sont, à votre avis, les atouts dont dispose le Maroc pour attirer les touristes hongrois et quels sont les arguments auxquels ils sont sensibles ?
M. Miklos Tromler : Actuellement, nous sommes entrain de travailler étroitement avec l'Office marocain du tourisme, notamment avec le directeur général, M. Zouiten, qui est déjà parti plusieurs fois en Hongrie pour des discussions concernant un vol direct depuis Budapest vers le Maroc. Peut être Marrakech. Le Maroc semblant s'intéresser à la position géographique de la Hongrie, on a même dit, hypothétiquement, avec les négociations qui avancent bien, qu'il existe une forte probabilité d'avoir un bureau régional de l'Office marocain du tourisme à Budapest, peut être déplaçant celui de Varsovie. Nous sommes entrain de discuter avec une compagnie hongroise low-cost, Wizzair, et peut être, entre septembre et décembre, ils commenceront à desservir Marrakech. Auparavant, il y avait des vols charters entre la Hongrie et le Maroc, malheureusement, en 2012, ça s'est arrêté. Mais là, j'ai des promesses que les tours opérateurs, à partir du printemps 2017, vont reprendre les vols charters. Mais on travaille quand même sur la possibilité pour la RAM d'un vol direct Casablanca Budapest, plus tourné vers le tourisme d'affaires.
Vous savez, les Hongrois sont des gens qui, historiquement, aiment l'Afrique. Dans les années 80, des Hongrois venaient au Maroc dans le cadre de leurs professions : professeurs, coopérants, etc. Jusqu'à l'année dernière, il y avait beaucoup de Hongrois qui voyageaient, en hiver, en Egypte et en Tunisie, pour chercher le soleil, la chaleur. Mais en raison des attentats terroristes qui ont frappé ces pays, les touristes hongrois se cherchent d'autres destinations où ils seront plus à l'aise en matière de sécurité. Il est vrai que ce n'est pas forcément évident, parce qu'à cause du terrorisme, les gens ont encore des réticences, mais l'intérêt pour le Maroc est de plus en plus marqué. D'ailleurs, c'est pour cette raison que la compagnie aérienne low-cost Wizzair s'intéresse aussi au Maroc.
Ce qui pourrait intéresser les Hongrois au Maroc ? La culture ! Toute cette richesse du patrimoine que vous avez ici, au Maroc, dont j'aime dire qu'il est à multiples couleurs. Lorsqu'on passe de Tanger à Agadir, c'est comme si on passe d'un monde à un autre, c'est très agréable. Les touristes hongrois adorent s'évader dans les veilles médinas. Il y a, donc, le tourisme culturel, mais également le balnéaire et le spa. Vous avez cette tradition très agréable des hammams. Outre ces créneaux, il est aussi question de sociétés qui viennent au Maroc pour y organiser des incentives. Il y a de grandes sociétés qui viennent pour ce faire au Maroc, parce qu'on se dit que le pays est stable et sûr, qu'il y a de très beaux hôtels, que c'est une destination parfaite pour se reposer ou pour récompenser les bons employés en fin d'année.
Les Marocains pourraient être intéressés, pour leur part, par le tourisme de santé en Hongrie. Nous avons beaucoup de sources thermales, conseillées pour les personnes qui souffrent de rhumatismes. Il en vient des touristes de plusieurs pays pour en profiter. Il y a également le tourisme d'affaires, qui est développé en Hongrie. Pour les touristes marocains désirant découvrir l'Europe centrale, Budapest offre l'avantage d'être à 2 heures de voiture de Vienne, en Autriche, à 45 minutes de Bratislava, en Slovaquie, à 5 heures de Prague, en Tchéquie. Il y a aussi, au sud, la Slovénie, la Croatie. Budapest est donc un carrefour aussi bien pour les affaires que pour le tourisme. Nous avons également une bonne gastronomie, beaucoup de choses qui peuvent intéresser et attirer les touristes marocains.
Le ministre du tourisme marocain, M. Haddad, doit, effectivement, se rendre au mois de mai à Budapest. Je pense qu'il y a aussi, du côté marocain, une volonté politique d'appuyer cette démarche, vol direct, etc, et une volonté politique hongroise affichée dans le même sens.
L'Opinion : La Hongrie est un pays qui est à l'avant-garde de la recherche scientifique et industrielle. Quelles opportunités offre votre pays peut-il offrir aux étudiants marocains ?
M. Miklos Tromler : Depuis 2014, le Hongrie offre, chaque année, 100 bourses scolaires aux étudiants marocains. C'est dans le cadre d'un programme qui s'appelle « Stipendium Hungaricum ». Ce programme a été lancé depuis 2012 par la Hongrie avec certains pays partenaires. Le but du gouvernement, à travers un tel programme, c'est qu'on se dit que non seulement on offre une bonne formation à des étudiants étrangers, mais aussi, à long terme, cela permet de nouer de bonnes et profondes relations d'amitié et d'affaires avec les pays dont ils sont issus. Donc, chaque année la Hongrie offre 100 bourses pour des étudiants marocains en bachelor, master et doctorat, c'est-à-dire une formation à titre gratuit, une sécurité sociale durant la durée des études sur le territoire hongrois, une chambre dans le campus universitaire, ou, si ça n'arranges pas l'étudiant, le gouvernement participe à hauteur de 100 euros pour le paiement d'un loyer en dehors du campus. Outre de l'argent de poche mensuellement versé aux étudiants, dont la somme varie de 80 à 100 euros pour un bachelor et qui peut aller jusqu'à 400 euros pour un doctorant. C'est un programme d'excellence, donc à la base, on cherche de bons étudiants. Il faut dire que ce programme coûte de l'argent au gouvernement hongrois. Donc, outre l'aspect culturel du programme, on tient quand même à la qualité de la formation et que le côté marocain soit satisfait de cet investissement hongrois dans le renforcement des ressources humaines marocaines. C'est un programme dont bénéficie une quarantaine de pays. Le Maroc en bénéficie aussi, depuis 2014, à travers une convention de trois an, qui arrive d'ailleurs presque à échéance et qui devrait être renouvelée.
La semaine dernière, nous avons fais la sélection. Il y avait d'abord 250 demandes pour bénéficier de bourses dans la cadre de ce programme, enregistrées en ligne, mais seuls 135 d'entre eux ont effectivement déposé un dossier auprès du Ministère de l'enseignement supérieur, qui établit la liste des 100 étudiants présélectionnés, que l'on transmet en Hongrie. Chaque étudiant doit mentionner trois universités différentes, parce que les demandes sont réparties en fonction des places disponibles dans les universités hongroises, ce qui nécessite de faire un tri. Si le premier choix d'un candidat ne peut être satisfait, on passe au second choix, voir le troisième.
70% de la formation se fait en anglais et, à peu près, 20 à 25% en français, ce qui facilite l'apprentissage pour les étudiants marocains, qui semblent, de toute manière se débrouiller aussi bien en anglais, ayant une grande facilité dans l'apprentissage des langues. Cette année, il y a eu trois candidats, qui ont choisi l'option année zéro, c'est-à-dire une année à apprendre l'hongrois en cours intensif, pour faire leur formation universitaire dans cette langue.
L'Opinion : Au cours des dernières années, les observateurs de la scène internationale ont remarqué un rééquilibrage de la politique étrangère de la Hongrie, adoptant ainsi une position moins hostile envers la Russie que ne l'est celle de la majorité des pays de l'UE et de l'OTAN, organisations dont elle est membre. Le Maroc, bénéficiant d'un statut avancé avec l'UE et de celui d'allié non membre de l'OTAN, n'en pas moins, également, choisi de développer un partenariat stratégique avec la Russie. Pensez-vous que le Maroc et la Hongrie peuvent coopérer pour la promotion d'une nouvelle politique de non-alignement ?
M. Miklos Tromler : Historiquement, la Hongrie avait d'importantes relations avec l'Union soviétique. Malgré le changement de régime en Hongrie, il y a encore beaucoup de points autour desquels les relations avec la Russie sont restées assez fortes, par exemple les relations économiques et commerciales. Il y a aussi une grande partie du gaz consommé en Hongrie qui vient de la Russie, à travers le gazoduc South Stream, qui traverse l'Ukraine. Il y a deux ans, nous avons même conclu un accord avec la Russie pour le renouvellement et l'expansion d'une installation nucléaire, que nous avions depuis longtemps à Paks et qui fournit beaucoup d'énergie électrique au pays.
Politiquement, il y a certains points qui sont assez délicats dans les relations avec la Russie. Mais, sur le plan économique et commercial, qui, je pense d'ailleurs est l'aspect qui a aussi attiré le Maroc vers la Russie, reste pour nous très important. Il y a quelques semaines, SM le Roi a été en Russie, pays avec lequel le Maroc a signé plusieurs accords. Je pense que c'est un signe d'une volonté marocaine de diversification de ses partenaires commerciaux.
A ce propos, je pense que tous les pays européens, dont la Hongrie, souhaitent que l'actuelle situation du Maroc avec l'Union européenne, dégradée suite au problème relatif à l'accord agricole et de pêche, doit rapidement être rétablie et revenir à la normale. Actuellement, il y a le recours qui a été introduit contre la décision du Tribunal européen. La position de la Hongrie à ce sujet, exprimée par une lettre officielle du ministre hongrois des affaires étrangères adressée à son homologue marocain, dans laquelle il a réitéré son soutien au Maroc à ce propos. Juridiquement, nous sommes encore entrain d'examiner quelle action mener exactement. Déjà, la Hongrie, en tant que membre de l'Union européenne, a fait partie du recours déposé contre la décision susmentionnée, et maintenant, nous en sommes au deuxième volet de la réaction à cette décision. Nous sommes entrain d'examiner quelle autre démarche peut-on entreprendre pour soutenir le Maroc. Nous attendons la confirmation de notre ministre de la justice à ce sujet, vu que c'est une question judiciaire.
L'Opinion : Pour le Maroc, cette décision judiciaire a une forte connotation politique...
M. Miklos Tromler : C'est pourquoi tous les pays de l'Union européenne ont soutenu le recours contre la décision du Tribunal européen. Maintenant, il est question du Conseil européen et s'il faut le soutenir contre la décision du Tribunal européen, sous quelle forme et dans quelle mesure. Il y a déjà deux ou trois pays européens qui ont formalisé, par une déclaration officielle, leur soutien au Conseil européen contre ladite décision. D'autres pays, dont la Hongrie, sont entrain de chercher le meilleur moyen d'apporter leur soutien.
Dans le cadre de cette affaire, on parle actuellement des relations avec le Maroc en matière d'agriculture et de pêche, alors que lesdites relations sont beaucoup plus larges et sont fortement liées à cette stabilité qui distingue actuellement le Maroc. Ne serait-ce que pour gérer au mieux les vagues migratoires, le Maroc est pour l'Union européenne un allié très important.
L'Opinion : La Hongrie est confrontée à une vague migratoire, en provenance du Moyen Orient, qui lui a créé nombre de difficultés et dont la gestion a suscité nombre de critiques. Quelle est la position de votre pays à ce sujet et en quoi l'expérience marocaine peut-elle être utile à la Hongrie ?
M. Miklos Tromler : Si on pouvait, un peu, revenir en arrière, ce flux migratoire est arrivé en Hongrie au cours du mois d'août de l'année dernière. Auparavant, la Hongrie avait enregistré 150.000 migrants qui sont arrivés à ses frontières, qui voulaient suivre les procédures et demander l'asile et ils avaient accepté, comme le stipulent toutes les conventions internationales, de suivre les démarches nécessaires pour ce faire. Puis après, ce fut l'arrivée du grand flux de migrants, qui voulaient tous aller en Allemagne ou vers les pays scandinaves. Ces gens, en arrivant à la frontière de la Hongrie, ne voulaient pas s'enregistrer, ne voulaient pas suivre les procédures, ils ne répétaient qu'une seule chose, qu'ils veulent partir en Allemagne et dans les pays scandinaves. Quand il est commencé à en arriver par plusieurs milliers, la Hongrie a pris la décision d'arrêter ce flux migratoire, par rapport à notre capacité et à notre frontière. Nous n'avons pas fermé les frontières, les médias et journaux ont déformé le sens de cette décision, nous avons seulement dit que nous allons canaliser les migrants vers des passages ouverts. C'est vrai qu'il y a des barrières, mais c'est justement pour les canaliser vers les points de passages où se trouvent les équipes d'enregistrement. Nous avons dit depuis le tout début que les migrants qui cherchent refuge politique et qui ont besoin d'un soutien, la Hongrie les accueille avec grande bienveillance. Nous leur avons donné une aide humanitaire par rapport à leur situation. D'ailleurs, entre parenthèse, nous avons aussi une communauté musulmane en Hongrie. Par contre, nous avons dit que les migrants économiques, on ne peut pas les laisser entrer sur notre territoire n'importe comment, c'est une question sécuritaire, il y a d'ailleurs, le terrorisme qui guette. Et même en dehors des questions sécuritaires, il y a également les aspects culturels et ethniques, nous, nous avons dit que tout en respectant les conventions de Dublin et Schengen, cette dernière stipulant d'ailleurs qu'il faut respecter les frontières de l'espace Schengen, on veut arrêter ce flux, les gens qui ont besoin de trouver refuge et demandent le droit d'asile politique, on les enregistre et ils suivent la procédure, concernant les autres, on essaye de fixer une limite, par capacité, par moyen, et puis du fait même qu'ils n'ont pas le droit à l'asile, nous pensons que c'est déjà une raison suffisante pour stopper leur déferlement.
A sujet de cette question de quota de migrants à répartir au sein de l'Union européenne, la Hongrie la refuse fermement, d'abord parce qu'on trouve que ce n'est pas une solution. Aujourd'hui, avec cette vague migratoire, il y a quelques deux millions de migrants qui sont venus en Europe, un million cinq cent mille d'entre eux, personne ne sait exactement ou est-ce qu'ils sont, parce que non-enregistrés. On suppose qu'il doit y en avoir quelques 800.000 en Allemagne. Nous avons considéré que c'est une grave question sécuritaire, sans préjuger des intentions des migrants, mais il y a un processus à suivre pour prétendre au droit de migrer légalement.
En Hongrie, nous considérons que même si, au sein de l'Union européenne, il y a certains droits que l'on a laissé au Droit européen, mais il y a un droit qui est resté dans la convention, le droit de souveraineté de chaque pays membres de l'Union. D'ailleurs, on est entrain de discuter au Parlement hongrois la possibilité de lancer un référendum national concernant cette question de quotta.
L'Opinion : Est-ce que cette affaire de flux de migrants en Europe ne risque-t-elle pas de se répercuter sur le principe même de l'Union ? C'est-à-dire, est-ce que les nationalismes vont revenir avec force, sous les prétextes de préservation de la souveraineté et de frontières nationales ?
M. Miklos Tromler : Il y a des gens qui le disent comme ça, mais moi je n'y crois pas, l'un des avantages de l'Union européenne, d'ailleurs c'était l'un des buts de sa création, est la libre circulation des biens, des personnes et des capitaux et je ne crois pas qu'on va revenir à ce que des pays d'Europe cherchent à s'isoler à nouveau. Il y a même eu quelques experts qui ont parlé d'une union européenne réduite à quatre ou cinq pays, je pense que ça ne pourra pas se faire.
L'Opinion : Il y a une résurgence de plus en plus remarquée des nationalismes en Europe.
M. Miklos Tromler : Oui, mais en Hongrie, elle concerne juste les questions culturelles et de souveraineté. Notre premier ministre a dit que pour la Hongrie, l'appartenance à l'Union européenne est une chose très importante. Mais forcer la Hongrie ou d'autres pays d'accepter des choses qu'ils refusent, telle cette question de quotta, nous considérons que ce n'est pas une bonne solution à appliquer. Il y a également la question des réadmissions. Selon la convention de Dublin, dont on sait maintenant qu'elle n'a pas été élaborée pour gérer de tels flux de migrants, les migrants qui ont vu leurs demandes rejetées sont renvoyés vers le pays européen où ils ont été enregistrés la première fois qu'ils ont débarqués en Europe. Donc, s'il y a 40.000 migrants enregistrés en Hongrie qui voient leurs demandes rejetées dans d'autres pays de l'Union européenne, on va nous renvoyer 40.000 migrants. Aujourd'hui, tout ce système ne fonctionne pas. La Hongrie, dans sa participation au débat sur les flux de migrants, a souligné qu'il fallait trouver des solutions à la source. Il y a maintenant un accord avec la Turquie qui est entrain de faire ce travail, parce que lorsque les migrants arrivent en Europe, on ne peut plus les arrêter, donc il faut trouver des solutions dans les pays émetteurs, qu'elles soient politiques ou financières. Plusieurs pays qui ne sont pas directement confrontés à ces flux de migrants ne sont pas conscients de ce que la Hongrie, ou le Maroc également, savent parfaitement. Quand le secrétaire d'Etat hongrois à la diplomatie économique était en visite à Rabat, il a dit que pour la Hongrie, le Maroc, qui est aussi un pays de transition pour les migrants voulant aller en Europe, est un exemple quand à la manière dont il intègre lesdits migrants.
L'Opinion : La culture est un domaine qui fait la renommée de la Hongrie. Le Maroc, pour sa part, se distingue par une diversité culturelle reconnue. Quelle coopération préconisez-vous dans ce domaine particulier ?
M. Miklos Tromler : Il existe déjà une coopération culturelle entre nos deux pays. Nous n'avons pas de ministère de la culture en Hongrie, c'est le Ministère des capacités humaines qui chapeaute également ce domaine. Nous avons déjà organisé au Maroc, un concert d'opéra, par exemple. On a la grande chance d'avoir un artiste pianiste maroco-hongrois, qui s'appelle Marouane Benabdallah, son frère est aussi un artiste, un ténor. Ces deux artistes, dont le papa est marocain et la maman hongroise, ont fait leurs études en Hongrie, à l'Académie de Franz Liszt. C'est un bel exemple des échanges culturels entre les deux pays. D'ailleurs, dans le programme des bourses d'études, les étudiants marocains en Hongrie peuvent profiter de formation en musique, culture, les arts, etc. Un autre point dans lequel on collabore dans la culture : nous avons organisé récemment deux évènements pour la promotion des arts hongrois. J'ai aussi planifié une grande exposition à Casablanca, parce que demain arrive au Maroc le ministre de la justice hongrois, à l'invitation de son homologue marocain, et on a voulu que cette exposition soit inaugurée par notre ministre. Nous essayons également que des artistes hongrois viennent présenter la culture hongroise au cours de festivals comme celui de la musique sacrée à Fès, celui des Gnaouas, à Essaouira. Et en même temps, dans cette coopération culturelle, grâce à son excellence l'ambassadeur du Maroc à Budapest, sont organisées des journées marocaines en Hongrie, ainsi que des journées arabes. Moi, je considère que cette initiative, même si ce n'est pas purement marocain, est très importante, pour faire connaître la gastronomie, la culture arabe, l'Islam. Il est aussi envisagé de présenter, avec l'ambassade d'Autriche, une opérette viennoise qui date du temps de l'empire austro-hongrois. Donc, il y a des initiatives de part et d'autres, ce sont de belles choses, parce qu'à travers la culture, on peut facilement atteindre les gens, sans autre intérêt que de mieux se connaître.


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