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Vers une Union sahélo-maghrébine : un bloc régional en gestation aux ambitions continentales
Publié dans Maroc Diplomatique le 11 - 08 - 2025

Le 11 août 2025, l'Institut Géopolitique Horizons (IGH) publiait une analyse prospective inédite sur la faisabilité d'une Union Sahélo-Maghrébine. Derrière cet exercice théorique se dessine l'esquisse d'un bloc qui, s'il voyait le jour, pourrait bouleverser l'équilibre géopolitique africain.
Moment charnière pour l'Afrique du Nord et de l'Ouest, la perspective d'un rapprochement entre le Maroc et l'Algérie coïncide avec des recompositions institutionnelles profondes au Sahel. Dans ce climat en mutation, l'Institut Géopolitique Horizons (IGH) publie, le 11 août 2025, une analyse prospective sur la création d'un « G10 » sahélo-maghrébin. L'ensemble regrouperait les cinq pays du Maghreb (Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Mauritanie), les Etats du Liptako-Gourma (Mali, Burkina Faso, Niger), ainsi que le Tchad et le Sénégal. Objectif affiché : bâtir une architecture régionale intégrée capable de surmonter les blocages structurels de l'Union du Maghreb Arabe et les fragilités actuelles de la CEDEAO.
L'IGH souligne que cette hypothèse s'inscrit dans une logique post-règlement du dossier du Sahara occidental, permettant de dépasser les blocages diplomatiques et d'ouvrir un champ inédit de coopération sécuritaire et économique entre Maghreb et Sahel.
L'analyse, fondée sur des données de la Banque mondiale et de la Commission économique pour l'Afrique, montre qu'une telle union représenterait 6 millions de km2, 325 millions d'habitants en 2025 et un PIB cumulé de 920 milliards de dollars – soit 38 % de la richesse produite sur le continent. Les projections démographiques anticipent 450 millions d'habitants à l'horizon 2040, portés par une croissance dynamique dans le Sahel et par la stabilité démographique maghrébine.
Le rapport insiste sur le caractère unique d'un corridor transsaharien reliant deux façades maritimes majeures : 8 400 km cumulés sur l'Atlantique et la Méditerranée, avec des zones économiques exclusives couvrant 2,8 millions de km2. Ce positionnement conférerait à l'Union un levier stratégique sur les flux commerciaux et énergétiques entre Europe, Afrique et Moyen-Orient.
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Selon l'IGH, l'économie bleue serait l'un des piliers du projet. Les ressources halieutiques combinées – 4,2 millions de tonnes par an valorisées à 18 milliards de dollars – placeraient ce bloc parmi les leaders mondiaux. Le Sénégal et le Maroc, déjà acteurs majeurs dans la pêche, pourraient structurer des filières régionales intégrées.
Sur le plan agricole, l'Union disposerait de 185 millions d'hectares de terres arables, soit 12 % du potentiel africain, et produirait 125 millions de tonnes de denrées par an. Cette complémentarité agro-climatique ouvrirait la voie à une sécurité alimentaire régionale et à un triplement du chiffre d'affaires agroalimentaire d'ici 2035 (de 45 à 135 milliards USD).
Le potentiel minier et énergétique est tout aussi déterminant : phosphates marocains (70 % des réserves mondiales), or malien et burkinabè, uranium nigérien, hydrocarbures algériens et libyens. L'IGH estime la valeur combinée de ces ressources à plus de 2 400 milliards USD.
Infrastructures et intégration économique
La feuille de route esquissée par l'IGH prévoit 300 milliards USD d'investissements sur 15 ans dans les infrastructures : 45 000 km d'autoroutes, 25 000 km de réseau ferré et 85 000 km de fibre optique. Cette dorsale transsaharienne permettrait de faire passer le commerce intrarégional de 38 à 285 milliards USD d'ici 2035, tout en réduisant de 35 % les coûts logistiques.
L'effet de taille critique – un marché unifié de plus de 340 millions de consommateurs – pourrait attirer 45 milliards USD d'IDE annuels, contre 18 aujourd'hui. Les gains de productivité liés à la spécialisation sectorielle feraient passer le PIB par habitant de 2 700 à 4 200 USD.
L'IGH souligne que la coopération sécuritaire serait l'ossature politique de l'Union. Avec 680 000 militaires, un budget combiné de 12,8 milliards USD et une expérience opérationnelle consolidée, le bloc serait en mesure de mutualiser ses capacités face aux menaces transfrontalières. Les flux illicites estimés à 3,8 milliards USD par an et les 2 400 incidents sécuritaires enregistrés en 2024 dans le Liptako-Gourma pourraient être mieux maîtrisés par une structure commune.
Obstacles et scénarios
L'étude ne minimise pas les obstacles : instabilité politique dans plusieurs Etats sahéliens, disparités de développement (PIB/habitant allant de 1 240 USD au Mali à 11 900 USD en Libye), rivalités géopolitiques et influences concurrentes (Russie, Turquie, Chine, Europe).
Pour l'IGH, la création d'une Union Sahélo-Maghrébine pourrait placer ce bloc au rang de troisième puissance économique africaine, derrière le Nigeria et à hauteur de l'Egypte, tout en lui conférant un poids politique accru au sein de l'Union africaine et sur la scène internationale.
« La fenêtre d'opportunité existe », conclut l'Institut, à condition que les Etats concernés dépassent les logiques nationales pour adopter une vision stratégique partagée. Cette ambition, encore théorique, pourrait bien devenir l'un des chantiers majeurs de la décennie si les dynamiques actuelles – rapprochement maghrébin, consolidation sahélienne, valorisation des ressources – s'articulent dans un cadre institutionnel crédible.


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