La Gambie est frappée par une nouvelle tragédie migratoire. Dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, un bateau transportant un nombre estimé à plus de 200 personnes migrantes a fait naufrage au large des côtes du pays, dans la région de North Bank, au nord-ouest du territoire. Le drame a coûté la vie à au moins sept personnes, tandis que de nombreux passagers restent portés disparus, selon les autorités. Dans une allocution télévisée, le président gambien Adama Barrow a exprimé sa « profonde inquiétude » face à cet événement dramatique, déclarant que « la nation est en deuil ». Il a présenté les condoléances de l'Etat aux familles des victimes et assuré que toutes les ressources disponibles étaient mobilisées pour poursuivre les opérations de recherche et de secours. Un naufrage survenu dans la nuit du réveillon Le naufrage s'est produit aux alentours de minuit, lorsque l'embarcation a chaviré en mer avant de s'échouer sur un banc de sable près de la côte, non loin du village de Jinack. Alertée par un appel de détresse, la marine nationale gambienne a immédiatement lancé une opération de sauvetage, appuyée par des unités de patrouille et des pêcheurs locaux. LIRE AUSSI : Immigration irrégulière : le Royaume-Uni conclut des accords de rapatriement avec l'Angola et la Namibie Les secours ont permis de sauver 96 personnes, dont plusieurs se trouvent dans un état préoccupant et ont été admises dans des structures de santé. Les corps de sept victimes ont été récupérés, tandis que les recherches se poursuivent pour retrouver d'éventuels survivants ou disparus. Les autorités n'ont pas encore été en mesure d'établir un bilan définitif ni de confirmer la nationalité de l'ensemble des passagers, certaines victimes ne semblant pas être de nationalité gambienne. Mobilisation des autorités et gestion de l'urgence Face à l'ampleur du drame, le gouvernement gambien a activé son plan national d'urgence. Des équipes médicales, sécuritaires et humanitaires ont été déployées afin de prendre en charge les rescapés et d'assister les familles des victimes. Dans son intervention, le président Barrow a insisté sur la nécessité de faire toute la lumière sur les circonstances du naufrage, tout en appelant à la solidarité nationale. Il a également salué le professionnalisme des forces de secours et la mobilisation spontanée des populations locales. Ce naufrage s'inscrit dans un contexte plus large, celui de la route migratoire atlantique, considérée comme l'une des plus dangereuses au monde. Chaque année, des milliers de personnes originaires d'Afrique de l'Ouest tentent la traversée vers les îles Canaries, porte d'entrée vers l'Europe, à bord d'embarcations de fortune souvent surchargées. La Gambie, malgré sa taille modeste, est régulièrement confrontée à ces départs, motivés par la pauvreté, le chômage, l'instabilité régionale et l'espoir d'un avenir meilleur. Le durcissement des contrôles migratoires sur d'autres axes a contribué à déplacer les points de départ, allongeant les trajets et accroissant les risques en mer. Un deuil national et des questions persistantes Alors que les recherches se poursuivent, le pays reste suspendu à l'évolution du bilan. La tragédie relance, une fois encore, le débat sur les conditions de départ, les réseaux de passeurs et les politiques migratoires régionales et internationales. Pour la Gambie, ce drame marque une fin d'année endeuillée et rappelle la dimension humaine d'un phénomène migratoire souvent réduit à des chiffres. Derrière chaque naufrage se cachent des vies brisées, des familles dans l'attente et une région confrontée à un défi humanitaire récurrent.