À l'occasion du Forum économique mondial 2026, qui se tient à Davos du 19 au 23 janvier, plusieurs enjeux structurants s'imposent au cœur des débats internationaux. De la santé des femmes à l'intelligence artificielle, en passant par la cybersécurité, ces thématiques apparaissent désormais comme des révélateurs majeurs des fragilités du système mondial, mais aussi comme de puissants leviers de transformation et de résilience. À l'issue de la troisième journée du Forum économique mondial, les constats s'imposent avec force. Malgré une espérance de vie plus élevée, les femmes passent en moyenne 25 % de leur existence en mauvaise santé. Parallèlement, l'intelligence artificielle bouleverse le monde du travail à grande échelle : 78 % des entreprises y ont déjà recours, tandis que les investissements privés dans l'IA générative ont atteint 34 milliards de dollars en 2024. S'agissant de la cybersécurité, 54 % des grandes organisations considèrent les vulnérabilités des chaînes d'approvisionnement comme un frein majeur, et 87 % identifient les risques liés à l'IA comme ceux dont la progression est la plus rapide. La santé des femmes : Un angle mort des politiques publiques La santé des femmes est toujours un enjeu systémique, révélateur des limites actuelles des politiques de santé mondiales. Malgré une espérance de vie plus longue, les femmes passent en moyenne 25 % de leur vie en mauvaise santé, avec des répercussions directes sur leur participation économique et sociale. Le 21 janvier 2026, la session "Breakthroughs in Women's Health ", à Davos, a mis en évidence un sous-investissement chronique. La santé des femmes ne capte que 6 % des capitaux privés mondiaux en santé, tandis que les entreprises exclusivement dédiées à ce secteur reçoivent moins de 1 % des financements. Lire aussi : Sur Instruction de S.M. le Roi, Bourita procède à la signature de la Charte du Conseil de Paix À cela s'ajoute le rapport du WEF, publié en janvier 2026, qui met également en lumière une concentration excessive des investissements : 80 % des opérations et 90 % des flux financiers se limitent à la santé reproductive, à la maternité et aux cancers féminins. Des pathologies pourtant très répandues telles que les maladies cardiovasculaires, la ménopause, l'ostéoporose ou la maladie d'Alzheimer restent largement sous-financées. Ce déséquilibre est renforcé par une fracture géographique. L'Amérique du Nord et l'Europe concentrent l'essentiel des capitaux, au détriment des pays à revenu faible et intermédiaire. Selon les experts réunis à Davos, la santé des femmes doit désormais être pensée comme une infrastructure de longévité, et non comme un coût marginal. L'IA au travail : Une transformation silencieuse des organisations L'intelligence artificielle s'impose désormais comme un acteur structurant du monde du travail. Lors de la session « The Intelligent Co-Worker » du 21 janvier 2026 à Davos, les intervenants ont souligné que l'IA ne remplace pas les emplois, mais transforme profondément leur contenu. Selon le Stanford AI Index 2025, l'IA générative a attiré près de 34 milliards de dollars d'investissements privés en 2024, tandis que 78 % des entreprises déclaraient déjà utiliser l'IA. Toutefois, cette adoption rapide soulève des défis humains. Des études d'ADP Research montrent que les utilisateurs intensifs de l'IA sont plus engagés, mais ressentent aussi une perte de lien social et une baisse de la productivité perçue. À Davos, un consensus s'est dégagé : la réussite de l'IA dépend moins de la technologie que de la capacité des organisations à repenser la formation, la culture managériale et la gouvernance éthique. Cybersécurité : Un enjeu de gouvernance mondiale La cybersécurité s'est imposée comme un enjeu stratégique global, à la croisée du numérique et de la géopolitique. Le rapport « Global Cybersecurity Outlook 2026 », publié le 12 janvier 2026, révèle que 54 % des grandes organisations considèrent les chaînes d'approvisionnement comme le principal point de vulnérabilité. Dans ce contexte, l'intelligence artificielle occupe une position ambivalente : 94 % des acteurs la considèrent comme le principal moteur d'évolution de la cybersécurité, tandis que 87 % identifient les vulnérabilités qui lui sont associées comme le risque dont la progression est la plus rapide. Dans un contexte de tensions géopolitiques accrues, la cybersécurité n'est plus une fonction technique secondaire. L'édition de 2026 de Davos rappelle qu'elle est devenue un défi politique, économique et humain, nécessitant coopération internationale, montée en compétences et anticipation collective des risques.