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Le Maroc reste une cible privilégiée des intégristes
Publié dans MarocHebdo le 13 - 04 - 2012

MENACE. Malgré le nouveau contexte politique marqué par la mise sur pied d'un gouvernement dirigé par le PJD, le terrorisme islamiste vise toujours le Maroc. Une autre cellule a été démantelée à Meknès par la Direction de Surveillance du Territoire.
Avec le démantèlement d'une cellule terroriste, lundi 9 avril 2012, à Meknès, force est de faire ce constat: les apprentis djihadistes sont encore là. Ils n'étaient sans doute que trois, selon les premiers éléments recueillis par la BNPJ. Mais leurs intentions étaient on ne peut plus claires: actes criminels visant la destruction et la mise en feu de locaux administratifs, activisme sur Internet. Malgré le nouveau contexte politique actuel lié aux l'élections législatives du 25 novembre 2011 et à la mise sur pied d'un gouvernement dirigé par le PJD, rien n'y fait donc. Le terrorisme islamiste continue, comme par le passé, se situant résolument hors-champ, c'est-à-dire en dehors de l'espace politique démocratique.
Registre takfiriste
Depuis près d'une décennie, l'appareil sécuritaire a connu plusieurs phases d'adaptation. Naguère tourné vers la répression de foyers militants progressistes, il a dû, surtout au lendemain des attentats du 16 mai 2003, à Casablanca, opérer une révision déchirante de ses axes, de ses priorités, de ses méthodes d'infiltration et de l'évaluation de ce “nouveau” terrorisme. Ce jour-là, on s'en souvient, il n'avait rien vu venir même si l'un de ses dirigeants de l'époque, Hamidou Laânigri, a dû reconnaître qu'il se doutait de quelque chose, mais pas sous cette forme-là!
Tout un redéploiement professionnel se fera ainsi sur le terrain pour une mise à plat des dossiers et l'optimisation des résultats attendus. Une mobilité particulière va frapper un corps comme la DST, confronté au premier chef à cette menace. Ce n'est qu'aujourd'hui que cet appareil s'est enfin normalisé, recrutant des cadres techniques, et informaticiens et analystes souvent de niveau “bac+5”. De nouvelles missions ont pu être ainsi balisées avec un management moderne et des ressources humaines adéquates. Les hommes de Abdellatif Hammouchi mènent ainsi leurs actions dans des conditions optimales.
Actes de sabotage
Dans le secteur sécuritaire, généralement marqué par une forme ou une autre de “guerre des polices” (DST, DGSN, DGED et même Gendarmerie royale), la coordination et la cohérence se sont imposées. Se trouve ainsi rehaussé un pôle sécuritaire unique décliné, en termes fonctionnels, entre plusieurs structures. À noter encore que la coopération internationale –surtout avec les Etats-Unis et la France dans le premier cercle puis avec d'autres partenaires– s'est élargie et a fini par porter ses fruits. À ce titre, tout le monde rend hommage aujourd'hui au professionnalisme de cet appareil sécuritaire qui a fait ses preuves.
Ce qui rend encore plus urgent la mise sur pied du Conseil supérieur de la Sécurité, prévu par la Constitution. Ce nouvel organe va être le cadre approprié pour la définition, l'élaboration et la mise en oeuvre opératoire d'une politique nationale de sécurité à la hauteur des exigences de ce début du millénaire.
D'ailleurs, le nouveau gouvernement Benkirane a innové en découplant le département traditionnel de l'Intérieur avec un ministère délégué chargé de la Sécurité. Le premier est confié à Mohand Laenser et le second échoit à Charki Draïss, directeur général de la DGSN jusqu'à sa nomination à ce poste ministériel. Pour les deux années écoulées, la lutte antiterroriste n'a pas chômé. Bien au contraire, elle s'est mobilisée sur plusieurs fronts et dans de nombreux terrains. Le 2 mars 2010, c'est un premier groupe de six présumés terroristes qui a été arrêté.
Il est comptabilisé sur le registre des islamistes takfiristes, lesquels estiment que les gouvernants sont illégitimes parce que des impies qui se sont écartés du droit chemin. À la fin avril 2010, c'est un réseau de 24 personnes lié à Al Qaïda qui a été neutralisé alors que selon le ministère de l'Intérieur, «il s'apprêtait à commettre des crimes et actes de sabotage» ciblant des services de sécurité et des intérêts économiques dans le Royaume.
A la fin octobre 2010, ce sont deux autres cellules terroristes qui sont à leur tour démantelées. Formées respectivement de quatre et cinq personnes, l'on y trouvait aussi un Yéménite lié à Al Qaïda et recherché par les autorités de son pays, ainsi que deux Marocains condamnés pour leur implication dans le terrorisme.
Moins de trois mois plus tard, en janvier 2011, voilà que les membres d'une autre cellule terroriste sont arrêtés dans la région d'Amgala (220 km de Laâyoune). Pour financer leurs projets terroristes, ils comptaient braquer des banques à Rabat et à Casablanca. Dans les semaines qui suivent, cinq militaires sont arrêtés pour leur complicité dans la facilitation aux trafiquants du passage d'armes saisies lors de cette opération d'arrestation des 27 présumés terroristes. Ceux-ci étaient encadrés par un Marocain proche d'Al Qaïda au nord du Mali. Trois caches d'armes ont été également découvertes près d'Amgala.
Allégeance à Al Qaïda
Avec la neutralisation d'une nouvelle cellule terroriste, à la fin septembre 2011, au Maroc, ce sont cinq personnes liées à Al Qaïda qui sont placées sous les verrous. Ces membres ont fait allégeance à Ayman Al Zawahiri, le nouveau chef d'Al Qaïda après la mort de Ben Laden. Le lien est entretenu par Internet et il s'est démultiplié en Syrie, en Irak, en Turquie, au Yémen et en Somalie. Une autre cellule de trois membres a été démantelée qui comptait perpétrer des actes criminels ciblant des services de sécurité et des intérêts occidentaux. Les investigations ont permis de les incriminer dans l'utilisation frauduleuse de cartes bancaires.
Tels sont aujourd'hui, à grands traits –et sur la base des actes rendus publics...– les multiples aspects du terrorisme djihadiste dans le Royaume. Tout paraît se passer comme si le fait terroriste était devenu “structurant” d'une certaine manière dans le champ politique national. Il fait l'objet d'une mobilisation de l'appareil sécuritaire qui se distingue ainsi dans la prévention – en témoignent les succès dans le démantèlement de cellules préopérationnelles...
Mais cela ne permet pas d'évacuer des actes criminels tels l'attentat contre le café Argana, voici un an, le 16 avril 2011, qui s'est soldé par 17 morts et par un impact exceptionnel au Maroc et à l'étranger. C'est dire qu'il n'y a pas de “risque zéro” ni dans le Royaume ni ailleurs et qu'il faut continuer à monter et à redresser sa garde, en la professionnalisant davantage et en la dotant des moyens techniques et humains les plus appropriés.
Cela dit, la menace terroriste présente des particularités en ce printemps 2012 marocain par rapport à d'autres situations dans des pays voisins. La première d'entre elles est que le processus électoral et l'agenda politique qui l'a accompagné n'ont pas calmé le jeu, pourrait-on dire. Le succès du PJD voici près de cinq mois et sa direction du gouvernement n'ont pas modifié les données existantes.
Particularités marocaines
Abdelilah Benkirane, nouveau Chef du gouvernement investi le 26 janvier 2012, s'est situé dès le début dans le crédo de la légalité, de l'ordre public et de la sécurité des biens et des personnes. Pas d'ambiguïté donc ni de frilosité dans l'exercice des fonctions régaliennes qui lui sont assignées par la Constitution. Si le PJD a pris rapidement les habits d'un prêt-à-porter gouvernemental, qu'il décriait pourtant depuis une quinzaine d'années, s'est-il pour autant vraiment stabilisé? Un Mustapha Ramid, ministre de la Justice et des Libertés, nourrit -encore?- un discours oppositionnel rappelant davantage les ferveurs du passé que les nouvelles exigences et contraintes pesant sur son parti désormais à la tête du gouvernement.
Quant à la jeunesse adliste, si a elle retiré son soutien au Mouvement du 20 Février, voici deux mois, n'est-ce pas pour s'autonomiser dans la contestation sociale et politique et donner ainsi plus de visibilité à son action? Par ailleurs, un autre bouillonnement se traduit dans le créneau islamiste, entre –ou à côté– du PJD et d'Al Adl Wal Ihsane, avec la prolifération de formations. Ainsi, Al Badil Al Hadari de Mustapha Mouatassim, interdit en 2008, a repris ses activités; de même que le Parti de la Oumma de Mohamed Marouani, qui vient d'être reconnu le 21 mars 2012.
Si le Parti de la Renaissance et de la Vertu de Mohamed Khalidi –une scission du PJD à la fin 2005– se réorganise, celui de Mohamed Fizazi, ancien détenu salafiste, baptisé Al Ilm oual Âmal, serait prochainement légalisé. Le schéma probable de ce référentiel islamique de plus en plus pluriel peut pousser à une “normalisation” du PJD –après quatorze ans d'opposition– mais soumise à un marché concurrentiel campant, lui, dans l'opposition, la surenchère voire une forme de radicalité. La crise sociale aidant sur un fond de croissance économique déprimée, de quoi offrir un bouillon de culture à ces formations peu enclines aux réalités contraignants de la gestion gouvernementale.
A un dernier niveau d'analyse, régional celui-là, la réactivation violente de la contestation sous une forme terroriste reste liée à des facteurs propres. Ainsi, le Polisario, qui est décrédibilisé et délégitimé aux yeux de la communauté internationale notamment du fait de son mercenariat aux côtés des forces de Kadhafi peut être tenté de s'investir davantage dans le “leasing” de ses éléments armés, qui au Mali, qui ailleurs.
Bouillonnement islamiste
Dans cette ligne-là, ses relais dans les provinces sahariennes du Royaume sont un facteur de préoccupation -on a vu leur implication lors des événements de Gdim Izik, près de Laâyoune, en novembre 2010. Et nul doute qu'il activera toutes les opportunités de contestation sociale pour tenter de les revêtir d'une étiquette “sahraouie” pour donner forme à sa propagande séparatiste.
L'analyse dominante aujourd'hui est que la cause du Polisario n'est plus recevable ni plaidable dans le nouveau conteste tant du Printemps arabe que de celui du Maroc des réformes d'aujourd'hui. Plus encore: les éléments armés de ce Polisario se sont impliqués dans l'espace sahélo-saharien où leur collusion –au moins partielle– avec les groupes d'Aqmi est établie sur la base de la criminalisation d'activités diverses (prise d'otage, contrebande d'armes, de cigarettes et de drogue...).
Ce qui vient de se passer depuis deux semaines au Mali, avec le coup de force d'une junte militaire, témoigne de cette situation. De quoi se demander si le terrorisme ne va pas être un nouveau rejeton d'une déstabilisation activée par une sorte de contamination islamiste menée par des éléments perdus dont les moyens disqualifient et condamnant les causes d'origine.