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Jusqu'où ira Chabat ?
Publié dans MarocHebdo le 28 - 09 - 2012

Après s'être emparé du parti de l'Istiqlal, Hamid Chabat se positionne pour succéder à Abdelilah Benkirane aux législatives de 2016.
L'arrivée de Hamid Chabat à la tête du Parti de l'Istiqlal était attendue. Elle a, néanmoins, fait l'effet d'un coup de tonnerre dans un ciel istiqlalien habitué au beau fixe, même à l'occasion des congrès et de la succession pour le leadership. La salle des conférences de Skhirat a connu, ce dimanche 23 septembre 2012, une affluence des grands jours. Près d'un millier à l'intérieur, pour le compte du Conseil national, et presque autant à l'extérieur. Cette succession là n'est pas comme les précédentes. Elle semble se situer entre rupture et continuité. Un enjeu de taille, complètement inédit, pour le plus vieux parti du Maroc.
Le verdict des urnes
L'atmosphère est électrique, la fébrilité est perceptible, mais sans plus. Il n'y a pas de manifestations vraiment intempestives des supporters de l'un ou l'autre des deux candidats en lice, Hamid Chabat et Abdelouahed El Fassi. La procédure de vote a été méticuleusement préparée. Les moyens électroniques ont été prévus et déployés. Un moment d'expectative très fort, sur fond de chuchotement intense. Le verdict des urnes tombe, en fin de soirée, 458 voix pour Abdelouahed El Fassi, contre 478 pour Hamid Chabat, sur un total de 972 bulletins validés et 36 annulés. Aux cris de victoire dans les rangs de Chabat, les amis d'El Fassi opposent un silence pesant, une attitude abasourdie.
Abbas El Fassi, leader sortant, a dû se forcer à l'extrême pour s'extirper un sourire de circonstance. Son expression en dit long sur son sentiment quant à l'issue du scrutin. Le candidat malheureux, lui, faisait une tête de perdant, normal. La mort dans l'âme, il reconnaîtra la victoire de son adversaire.
Bien que le résultat soit serré, à peine 20 voix de différence entre les deux postulants, on n'a pas vu de chaises voler et de tables renversées. C'est une démonstration istiqlalienne de démocratie interne à l'adresse de l'échiquier politique et de l'opinion publique. N'est-ce pas dans les vieilles marmites que l'on fait la bonne soupe. Adage confirmé sur ce point, la presse a été unanime, y compris la moins amène vis-à-vis de l'Istiqlal.
Réorganisation en profondeur
Hamid Chabat est parvenu à ses fins, et maintenant?; car ce n'est pas fini. Le vent du Printemps arabe semble avoir soufflé sur le parti de Allal El Fassi. Un nouvel Istiqlal est né. Quelle en sera la configuration en interne; le positionnement et le mode opératoire sur le champ politique? Depuis qu'il est monté à la conquête du parti, Chabat a pris son temps pour préparer, peaufiner et communiquer sur son programme et sur ses projets personnels. Comme d'habitude, il est allé droit au but, avec un propos incisif et sans appel.
Le parti devra connaître une réorganisation en profondeur. Priorité sera donnée à ses structures régionales, pour une meilleure implantation sur l'ensemble du territoire national.
Les instances centrales feront figure de forums démocratiques au service des régions. En clair, il s'agit, selon les propres termes de Chabat, «de passer d'une formation excessivement centralisée et contrôlée par une famille, à un véritable parti du peuple». Rien que ça.
Ce renversement de la pyramide istiqlalienne, qui semble avoir vécu, devrait, dit-il en substance, sortir le parti de ses vieilles ornières sclérosantes pour qu'il devienne plus représentatif d'un Maroc pluriel. Sur sa lancée, Chabat n'hésite pas à toucher à la question hypersensible du patrimoine du parti. Il veut en faire l'inventaire et promet une gestion plus transparente. En réveillant de vieux démons endormis, ne risque-t-il pas de provoquer un réflexe de rejet autrement plus fort que les réticences jusqu'ici exprimées? Le ventre mou de l'Istiqlal pourrait s'avérer d'une réactivité féroce. Sauf que Chabat a toujours su se programmer et procéder par étapes pour atteindre ses objectifs. Il a utilisé la même méthode de marche progressive pour conquérir la mairie de Fès, puis la centrale syndicale UGTM et, enfin, le parti.
Des ministres en décalage
Comme pour le reste, Chabat ne cache pas ses ambitions pour sa nouvelle acquisition. Il veut faire de l'Istiqlal la première force politique du pays. Pas moins. Il est même très concret dans la définition des caps à venir et de son agenda de performances futures. Le parti devrait être le premier au score lors des élections communales de 2013; avant de remporter, haut la main, les législatives de 2016. Certes, il y a une part de rêve dans la chefferie politique. Sauf que, même avec un Chabat dans le moteur, cette perspective pèche par un excès d'optimisme, à moins qu'elle ne relève d'un simple effet d'annonce. L'usure du pouvoir ne joue pas que pour les autres.
L'Istiqlal n'en est pas encore sorti. Cela se paye cash à chaque rendez-vous électoral. Surtout par les temps qui courent et qui génèrent plus de passifs et de déceptions pour le public que d'actifs et d'arguments électoraux. Une vérité dont l'Istiqlal a fait les frais auparavant. Rien n'indique qu'il n'en sera pas de même pour les prochaines échéances. À moins d'un sursaut formidablement régénérateur dont Chabat a le secret.
Au niveau de l'actualité politique en cours, le tout nouveau Secrétaire général estime que les ministres isitiqlaliens sont en décalage avec la nouvelle donne au sein du parti. Ils ne représentent pas l'Istiqlal de l'après-23 septembre 2012, puisqu'ils n'en sont pas l'émanation.
En réalité, Chabat ne les a jamais portés dans son cœur, ni à titre personnel, ni par rapport à son programme et à sa vision du parti. Il conteste les conditions même de leur nomination. Ses ministres, à lui, devront rendre compte de leurs projets et de leur action devant les instances du parti. Ils seront jugés sur leur rendement. Pour remédier à l'incompatibilité actuelle, dans ce domaine, Chabat appelle à un remaniement ministériel, même s'il ne devait concerner que les portefeuilles istiqlaliens.
Cette éventualité ne pourrait se concrétiser, entièrement ou partiellement, qu'une fois la moitié, au moins, de la législature actuelle, consommée. Et encore; il faudrait qu'elle soit justifiée par le fonctionnement même de l'alliance gouvernementale; et non par des considérations externes, aussi valables soient-elles. Dans le cas contraire, Chabat serait devant une alternative unique: Casser la coalition au pouvoir, en mettant en minorité le gouvernement de Abdelilah Benkirane. Ce qui est, politiquement, peu plausible. Chabat regrettera alors ses annonces intempestives de la campagne pour l'accession à la direction du parti. Ce sera sa première gaffe qu'il traînera comme un boulet pendant les premières années de son mandat.
Aux prochaines législatives, admettons que l'Istiqlal arrive en tête des formations politiques en course. Hamid Chabat serait alors sollicité pour former un gouvernement, qui ne pourra être que la coalition d'une brochette de partis. Il lui faudra alors trouver des alliés pour un montage gouvernemental. Rien n'est moins sûr, pour la simple raison que Chabat est loin d'être en bons termes avec des alliés potentiels. Empoignades quasi-permanentes avec le PJD, particulièrement au sein du Conseil communal de Fès; et frictions douloureuses avec l'USFP à propos de l'un de leurs martyrs symboles, Mehdi Ben Barka, qu'il a impliqué dans la chasse meurtrière aux militants de Hizb Ach-choura, au lendemain de l'indépendance.
Quels alliés?
Quant à ses relations avec le PAM, le casus belli est quasiment total. Même si rien n'est définitif en politique, on voit mal un Chabat rassembleur d'un Exécutif plus ou moins hétéroclite. Sauf s'il est aidé par une issue miraculeuse d'un scrutin législatif qui redonnerait vie à la défunte Koutla. Un scénario qui passe par la renaissance de l'USFP et un succès électoral consistant du PPS.
D'ici là, les paris restent ouverts sur un échiquier politique promis à toutes les évolutions.
Aujourd'hui, Hamid Chabat fait figure de dynamiseur irrésistible, sera-t-il aussi percutant sur la durée? Un challenge qu'il doit d'abord réussir dans son propre parti, en ayant les mots et les gestes appropriés pour jouer les traits d'union entre les caciques et les jeunes premiers. Une épreuve difficile pour un Chabat plutôt rompu à secouer le cocotier. Un exercice qui correspond plus à son tempérament
QUESTIONS À ABDELAZIZ AFTATI, “Avec Chabat, la majorité sera plus forte"
Maroc Hebdo International: Comment avez-vous perçu l'élection de Hamid Chabat au poste de Secrétaire général du Parti de l'Istiqlal?
Abdelaziz Aftati: Personnellement, je considère que le déroulement du congrès et de l'élection constituent un signal fort pour tout le monde, en ce sens que le choix démocratique est irréversible. Il ne m'appartient pas de me prononcer sur la cuisine interne de tel ou tel parti, mais je salue ce qui s'est passé au sein de l'Istiqlal. Ce couronnement donnera un coup de pouce inestimable à l'action politique nationale, incitera les autres formations à aller de l'avant et, bien entendu, dynamisera davantage le Parti de l'Istiqlal.
Quelles répercussions alors sur le PJD?
Abdelaziz Aftati: Aucune. Notre parti travaille selon ses règles. Avec un Parti de l'Istiqlal plus dynamique, revigoré, c'est toute la vie politique qui le sera. Le PJD ne peut que souhaiter pleine réussite à M. Chabat dans sa nouvelle mission.
Mais M. Chabat risque de mener la vie dure au PJD au sein de la coalition. Quitte même à quitter la majorité...
Abdelaziz Aftati: Le Parti de l'Istiqlal est un vieux parti, structuré et a toujours été respectueux des décisions de ses institutions. La participation du parti au gouvernement n'a jamais été remise en question. Elle a été prise par ses instances dirigeantes. Le nouveau Secrétaire général n'aura rien à y redire.
Mais les instances qui ont validé la participation au gouvernement ont changé...
Abdelaziz Aftati: Oui, il y a de nouveaux membres au sein du Conseil national et au Comité exécutif. Mais l'Istiqlal, je peux vous le certifier, ne reviendra pas sur ses engagements. Je peux aller plus loin en vous disant qu'avec Hamid Chabat comme Secrétaire général, la majorité gouvernementale sera plus forte. Il l'a toujours dit. Il fera tout pour la réussite de l'action commune au sein de la coalition.
Êtes-vous certain de ce que vous avancez, alors que M. Chabat considère la représentation du parti au gouvernement en-deçà des attentes des Istiqlaliens?
Abdelaziz Aftati: Je ne l'ai jamais entendu dire qu'il peut rompre l'accord le liant aux trois autres partis de la majorité. A partir de là, tout est négociable au sein des structures de coordination de la coalition. Plus, des rencontres entre les dirigeants des quatre partis (PJD, Istiqlal, PPS et MP) sont d'ores et déjà prévues pour donner une nouvelle impulsion à l'action gouvernementale et passer à une seconde vitesse. Et là, M. Chabat apportera toute son expérience et tout son savoir-faire...