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UNE PSYCHOSE ARTIFICIELLE
Publié dans MarocHebdo le 07 - 05 - 2014

Le partenariat euro-marocain pour le développement du Nord et l'élimination du kif
UNE PSYCHOSE ARTIFICIELLE
Le Premier ministre Abderrahmane Youssoufi a déclaré, le 7 octobre, à l'ouverture des travaux du Conseil d'orientation de l'Agence pour le Développement des Provinces du Nord que " l'objectif à atteindre est d'assurer aux populations qui vivent encore de la culture du cannabis des revenus alternatifs, grâce à une politique permettant l'éclosion d'activités productives rurales et dans les zones à fort potentiel industriel, touristique, minier. La coercition ne résoudra jamais rien, l'Union européenne doit en tenir compte.
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• Abderrahmane Youssoufi.
La reconversion économique des régions du Nord doit être projetée dans un cadre global. Ce qui concerne le Maroc sera fait par le Maroc, ce qui doit être fait par ses partenaires doit être fait dans les mêmes perspectives.
On a eu besoin des travailleurs marocains en Europe, on est venu les chercher par paquebots, on les a pesés, examinés, empaquetés, numérotés, badgés et expédiés droit dans les hauts-fourneaux, les mines et les chaînes de montage. On les a parqués dans les foyers de travailleurs des zones excentrées et plutôt sordides. La prospérité européenne a acquis des bases solides grâce aux émigrés marocains, entre les années cinquante et soixante-dix.
Maintenant, l'Europe ne veut plus de candidats à l'immigration. L'Europe a ouvert ses portes quand elle en avait besoin, elle les a refermées quand elle a décidé d'écouter ses secteurs anti-immigration. Et elle est assaillie par les clandestins.
Deuxième abcès de fixation, le cannabis. Les procédés européens sont restés indexés sur une période où l'Etat marocain avait abandonné la lutte et où le projet de développement économique du Rif occidental était une fable.
Récemment interrogé sur la reconversion des cultures du kif, Mohamed Kabbaj, conseiller de Sa Majesté avait déclaré: "Le chanvre indien peut devenir une matière première à usage industriel, mais le Maroc et l'Europe n'ont pas les mêmes priorités. Il faut que l'Europe participe à l'effort financier nécessaire à la reconversion économique globale des Provinces du nord ".
Reconversion
L'Europe participe déjà à cet effort, il faut le dire. La France et l'Espagne sont nos deux partenaires privilégiés au sein de l'Union européenne. Mais on peut remarquer que le cannabis est largement dépénalisé en Europe et, on a de la difficulté à l'admettre, si c'étaient seulement des enfants marocains qui fumaient, l'Europe ne serait pas si émue que ça. Le paysan marocain reçoit le centième des bénéfices de la vente de cannabis au consommateur européen.
Par ailleurs, le Maroc est envahi par d'autres poisons. Ils sont classés parmi les substances les plus dangereuses et ils provoquent des ravages chez les jeunes Européens. Une consommation marginale marocaine soulève déjà bien des inquiétudes chez nous.
Rejet
La fureur du cannabis nous est venue avec la vague hippie, et certains députés européens ont fait le pèlerinage de Kétama, dans leur jeunesse. La jeunesse occidentale a introduit la technique de transformation des sommités en résine. Le marché européen ne cesse de se développer depuis. La production a suivi. Depuis deux ans, un léger mouvement de rejet effectif de cette culture s'installe dans les mentalités des producteurs. Ils ne veulent plus manger de ce pain-là. Mais les réseaux veillent. Il y a des réseaux locaux et des réseaux internationaux. Les Marocains ont les leurs, mais les barons de la cocaïne, de l'héroïne, de l'opium, de l'ecstasy et du LSD sont ailleurs. En Europe, en Afrique et en Asie.
Le kif est cultivé au Maroc depuis 4 siècles. À partir de 1912, c'est la "Régie des Tabacs et du kif" qui finance l'intervention française dans le pays. Les exportations de kif marocain passent de 100 tonnes, en 1913 à 500 tonnes, vers 1920. Après la ratification de la Convention de Genève de 1925, le Maroc et la France interdisent la culture dans le protectorat français, en 1932, mais 490 ha y restent cultivés officiellement. Un autre décret est promulgué en 1954 confirmant l'interdiction de 1932 mais même après cette date, l'ex-zone espagnole continuera à produire du kif. Avec la vague hippie et jusqu'au milieu des années 1980, les cultures s'étendent. Les surfaces cultivées sont, selon des sources européennes, estimées entre 5 000 et 10 000 ha au début des années 1980.
Seulement, là où l'eurocentrisme devient grinçant, c'est quand il décrète que "la conséquence majeure de la culture du kif, c'est qu'elle est devenue une culture de rente pour les paysans. Comme 1,5 ha rapporterait 25 à 50 000 FF, en 1993, (alors que la salaire minimum d'un ouvrier agricole était de 6 300 FF par an !), on hypothèque toute chance de réussite de programmes". Cela s'appelle de l'ignorance et des accusations malveillantes. De notoriété publique, la rente, si rente il y a, est thésaurisée ou blanchie à Madrid, Paris, Amsterdam, Londres et Rome.
Selon les mêmes sources, "l'autre conséquence majeure, c'est qu'on en arrive à un phénomène de monoculture qui est très dangereux pour l'écosystème : recours aux engrais, surexploitation des sols donc destruction des terrains boisés pour faire de nouvelles cultures, érosion et ravinement des eaux lors des orages puis glissements de terrains".
Ces dégâts portent préjudice à toutes les régions du Maroc, parce que le mal provient du climat. Dans un pays semi-aride, à pluviométrie irrégulière, voire imprévisible, l'érosion a emporté des millions d'hectares de bonne terre sur tout le territoire du Maroc.
Accusations
Dans la plaine de la Bekaâ, au Liban, on a remplacé le chanvre par la vigne. Cette région produit des vins rouges appréciés même en France. Une convention signée entre la Chambre d'Agriculture de la Bekaâ et les instances du département de l'Oise, en France (nord de l'Ile-de-France), avait pour mission d'assurer la conversion des cultures illicites de haschisch en vignobles, et de participer à la création et au suivi d'une coopérative viticole dans la région. Il faut cesser de faire de la culture du chanvre une affaire d'Etat. Des projets précis, ciblés, à l'échelle du village ou de la commune peuvent parvenir plus facilement à la meilleure reconversion possible, celle qui est librement consentie et qui permettra au cultivateur de faire la transition sans mettre sa famille au bord de la famine. À l'échelle des Etats, on définit une stratégie globale. De son application sur le terrain dépend la réussite. Un projet qui réussit donne le bon exemple et peut avoir un effet d'entraînement.
Le Maroc peut faire tout cela, mais on ne peut lui demander de faire la police chez lui et en Europe.
Un nouveau partenariat est inauguré depuis l'année dernière, on ne peut plus occulter les problèmes, les renvoyer aux calendes grecques ou faire de l'accusation un argument économique. Le Maroc veut cultiver autre chose que du chanvre à destination individuelle. Mais il ne peut pas admettre une quelconque opération agent vert, comme en Colombie. Ce serait un ravage et tout espoir dans la coopération pourrait être enterré dans l'esprit des cultivateurs de chanvre dans le Rif.
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