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BASRI MET LE TURBO
Publié dans MarocHebdo le 03 - 06 - 2014


Mobilisation générale pour l'emploi
BASRI MET LE TURBO
Driss Basri, le ministre d'Etat à l'Intérieur, a inauguré, jeudi 3 juin, la première d'une série de réunions régionales consacrées à l'investissement et à l'emploi. La qualité du panel réuni pour débattre de ces questions ne laisse aucun doute sur la détermination du gouvernement à mener une guerre sans merci contre le chômage. L'Exécutif passe à la vitesse supérieure.
La rencontre, présidée à Aïn-Sebaâ, par Driss Basri, en présence de Khalid Alioua, ministre du Développement social, de la solidarité, de l'Emploi et de la Formation professionnelle et de Bouamour Taghouane, ministre de l'Equipement, a réuni l'ensemble des parties concernées par l'emploi dans la région du Grand Casablanca, dont les opérateurs économiques, les parlementaires, Les présidents des conseils élus, des walis et gouverneurs et des directeurs généraux des établissements publics.
Le ministre d'Etat a rappelé à tous les intervenants que SM le Roi considère l'emploi comme la deuxième priorité nationale après la question de l'intégrité territoriale. Le Souverain a, en effet, donné ses Hautes orientations à ce sujet dans les discours des 20 août 1997 et 9 juillet 1998, dans lesquels SM le Roi avait expliqué la situation et le cadre méthodologique dans lequel doit s'inscrire l'action de promotion de l'emploi.
Le Souverain avait également entouré de Sa Haute sollicitude les assises nationales de l'emploi, tenues en décembre dernier à Marrakech. Depuis cette rencontre, le gouvernement s'est attelé à mettre en place les mécanismes pratiques à la faveur d'un dispositif de règles législatives et réglementaires.
Déséquilibre
À la veille des assises de Marrakech, un sondage avait été mené par les services publics auprès de 8000 entreprises privées. Ces dernières s'étaient engagées à créer quelque 50.000 emplois par an. Aujourd'hui, la simulation des résultats de ce sondage fait ressortir l'existence réelle de potentialités et de virtualités qui permettront, si toutes les parties concernées unissent leurs efforts, d'obtenir des résultats très prometteurs, a affirmé le ministre d'Etat à l'Intérieur.
À la lumière de cette consultation, le gouvernement a pris un certain nombre de mesures destinées à encourager, inciter l'embauche et favoriser la formation pour l'auto-emploi. Driss Basri a fait état d'une note d'explications et d'orientations, préparée par les membres concernés du gouvernement et adressée sur hautes instructions royales, aux walis, gouverneurs, présidents des conseils communaux et régionaux, ainsi qu'aux présidents des fédérations des chambres professionnelles, des entreprises et du groupement des banques.
Le document met l'accent sur la démarche gouvernementale en matière d'emploi. Une démarche, a souligné Driss Basri, marquée par la détermination, le réalisme, la sérénité et l'efficacité. Le gouvernement, a-t-il dit, privilégiera l'approche tenant compte des données du marché du travail et le concours de toutes les parties concernées.
C'est ce dernier point qui semble concentrer toute l'attention du gouvernement. Le ministre d'Etat n'a pas manqué de rappeler que l'Exécutif mène une politique de concertation et de dialogue et demeure ouvert aux propositions émises par toutes les parties concernées par le secteur de l'emploi. Il reste aussi disposé à accueillir favorablement tout effort visant à adapter les textes et l'ensemble des mécanismes régissant le secteur de l'emploi aux nouvelles exigences.
Par ailleurs, un déséquilibre existe toujours entre le nombre d'emplois que peut créer l'économie nationale, de 180.000 à 200.000 annuellement, et le nombre des demandeurs d'emploi qui connaîtra un accroissement. Cela présage une année difficile, a prévenu Driss Basri, qui a annoncé que plusieurs membres du gouvernement se rendront, sur instructions royales, dans les différentes régions du Royaume et, si besoin est, dans chacune des préfectures et provinces, pour veiller à la mise en place des mécanismes d'intervention et des mesures appropriées en vue de favoriser la création du maximum d'emplois.
Coordination
Le sondage mené auprès des différentes entreprises laisse entrevoir des perspectives prometteuses. L'enquête menée auprès des employeurs de la région du Grand Casablanca, objet de cette réunion, montre que pour les trois prochaines années, quelque 77.926 emplois nouveaux, entre permanents et occasionnels, seront offerts par les 2912 entreprises enquêtées, ce qui constitue 37% de l'offre nationale en matière d'emploi.
Les prévisions de recrutement dans la région pour l'an 2000, concernent plus de 25.000 nouveaux emplois et stages de formation/insertion.
À cela il faudrait ajouter, a précisé Driss Basri, les projets de développement et les investissements qui seront réalisés au titre des budgets 1999-2000 par les collectivités locales, les établissements publics et les services de l'Etat à Casablanca. Ce qui pourrait induire plus de 30.000 emplois permanents et occasionnels. En tenant compte du fait que les nouveaux emplois annoncés par les entreprises privées, objets du sondage, sont induits dans une proportion de 40 à 50 % par les investissements publics, il a fait état d'un nombre total minimum de 40.000 nouvelles embauches en l'an 2000 dans la seule capitale économique.
À la lumière de ces prévisions, l'avenir apparaît beaucoup moins inquiétant. Le Maroc comme l'a souligné le ministre d'Etat à l'intérieur, s'est engagé dans une méthodologie précise en matière d'emploi. Les mécanismes de mise en uvre du gigantesque chantier de l'emploi sont désormais arrêtés. Reste aux différents intervenants à coordonner leurs actions pour des résultats meilleurs.
À cet égard, l'Etat est décidé à apporter toutes les facilités nécessaires pour la concrétisation des projets générant des emplois. Driss Basri a précisé que les facilités de formation et d'embauche qui seront accordées, obéiront aux normes du marché. Et de lever, dès à présent, une équivoque qui risque de naître, en affirmant qu'il ne s'agit nullement d'imposer quoi que ce soit à qui que ce soit, mais plutôt d'uvrer dans le cadre de la solidarité entre l'ensemble des partenaires.
La circulaire commune du ministre d'Etat à l'Intérieur et du ministre du Développement social, de la Solidarité, de l'Emploi et de la Formation professionnelle relative à l'insertion des jeunes dans la vie professionnelle, consacre cette solidarité.
Le document appelle les walis et les gouverneurs, en tant que premiers responsables de la mise en uvre de la politique du gouvernement aux niveaux régional et provincial et en totale concertation avec les élus, les différents représentants des pouvoirs publics et ceux du secteur privé, à accorder la plus haute attention aux problèmes de la jeunesse.
Le document dispose que les lauréats en quête d'emploi soient tenus informés par les services concernés des possibilités d'embauche et de toutes les mesures adéquates de recrutement que les gouverneurs auront explorées avec le concours des services du ministère du Développement social. La circulaire met l'accent sur la nécessité d'examiner les doléances des jeunes en quête d'emploi avec rigueur et efficacité. En respectant notamment les principes de la prospection volontariste et systématique de toutes les possibilités d'embauche et d'auto-insertion des jeunes diplômés, l'égalité des chances d'accès aux emplois vacants. Et la lutte contre tout favoritisme ou discrimination. Des critères précis devront être déterminés pour l'octroi des emplois dans les secteurs public et privé, tout en veillant à la célérité dans la régularisation des situations en suspens notamment dans certaines collectivités locales.
Le document détaille également les mesures de promotion de l'emploi arrêtées par le gouvernement à travers le programme action-emploi, l'appui à l'auto-emploi, le programme des formations qualifiantes, le programme des jeunes difficilement insérables et les programmes régionaux de promotion de l'emploi. Tout un arsenal qui, dans le détail, paraît assez efficace.
Insertion
Le programme action-emploi vise à insérer 25.000 jeunes diplômés par an, dans le cadre d'un stage de formation ­insertion d'une durée maximale de 18 mois. Le programme permet aux jeunes diplômés d'acquérir une première expérience professionnelle en vue d'améliorer leur employabilité. Pour l'entreprise, ce programme assure, en plus de l'exonération des charges patronales et sociales, la prise en charge par l'Etat d'une indemnité mensuelle d'encadrement de 800 à 1300 Dh par stagiaire, selon le diplôme, ainsi que le financement des frais de formation variant entre 2000 et 7000 Dh par stagiaire durant la période de stage.
Le programme d'appui à l'auto-emploi octroie des prêts aux jeunes porteurs de projets, d'un montant pouvant atteindre 250.000 Dh par projet. Le programme prévoit également un crédit conseil pour le montage du projet, en collaboration avec les banques conventionnées, ainsi que la mise à disposition des jeunes investisseurs de locaux professionnels construits dans le cadre des pépinières d'entreprises.
Les diplômés titulaires d'une licence, d'un DES ou d'un diplôme équivalent qui sont en quête d'un premier emploi depuis plus de 12 mois, pourront bénéficier du programme de formation qualifiante qui leur assure une formation modulaire de courte durée dans les filières qui offrent un potentiel d'emploi.
Les diplômés à la recherche d'un premier emploi depuis plus de 5 ans, ont la possibilité d'élaborer un projet d'insertion professionnelle dans le cadre du programme de formation de jeunes difficilement insérables.
La mise en uvre de ces différentes actions sera confiée aux centres d'information et d'orientation pour l'emploi (CIOPE), sous la supervision des directeurs régionaux de l'Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT). En attendant la mise en place des agences régionales de promotion de l'emploi.
Par ailleurs, une commission régionale de promotion de l'emploi, présidée par le wali, et des sous commissions préfectorales et provinciales, présidées par les gouverneurs, seront mises en place ayant entre autres missions de produire des propositions, suggestions et observations relatives à l'emploi au niveau régional. Une commission nationale de suivi et de coordination au niveau central sera chargée de suivre les activités des commissions régionales et d'étudier leurs propositions, à travers les rapports trimestriels qu'elles sont tenues de lui soumettre.
De telles mesures ne pouvaient que remporter l'adhésion des responsables locaux de la région du Grand Casablanca. Abdelmoughit Slimani, le président de la Communauté urbaine de Casablanca (CUC), a énuméré les projets en cours de réalisation ou programmés par la Communauté urbaine qui sont susceptibles de créer des centaines d'emploi.
Visibilité
Abderrahim Lahjouji, le président de la CGEM, a plaidé pour sa part pour une mise à niveau économique et sociale allant de pair avec les mutations politiques qu'a connues le Royaume.
Demandant davantage de visibilité, il a mis en doute la capacité du secteur privé à continuer sur sa lancée de recrutement, si aucune action concrète ne vient accompagner le discours sur la mondialisation. Et de faire allusion au Code du travail, qui n'est toujours pas présenté au Parlement, ainsi qu'à certains amendements apportés au Code de la douane et qui consacrent, selon lui, un recul par rapport aux réformes du 1er août 1996.
Othmane Benjelloun, président du Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM), s'est inscrit dans la tendance à la solidarité, seul moyen de faire face à la situation en l'absence de " toute formule magique pour l'emploi des jeunes ".
Pour M. Benjelloun, qui est également à la tête de l'un des plus grands groupes privés marocains, si chacun y mettait du sien, en ayant pour objectif le recrutement quotidien, mensuel ou périodique, l'offre d'emploi dépasserait aisément les 300 à 350.000 demandes actuelles.
Il a été rejoint en cela par Mohamed Karim Lamrani, entrepreneur et membre de la CGEM, qui a appelé à consacrer davantage de solidarité dans l'effort national d'emploi, condition sine qua non pour que la mondialisation ne prenne pas des allures de colonisation économique des pays en développement.
Mounir Chraïbi, directeur général de l'OFPPT a plaidé pour la régionalisation de la formation professionnelle, notant qu'au niveau de la seule région de Casablanca, l'Office accueille 12.000 stagiaires et 4.000 salariés qui suivent des cours du soir, encadrés par 900 formateurs.
Pour Mourad Chérif, directeur général de l'OCP, l'investissement générateur d'emploi doit être orienté vers les nouveaux métiers. Il se trouve, a-t-il dit, que 75% des postes d'emplois sont créés par les PME/PMI que les grandes entreprises pourraient épauler conformément au rôle de locomotive qui leur échoit. D'autres intervenants ont exposé le point de vue de leur organisme concernant la question de l'emploi au cours de cette réunion qui, comme l'a annoncé Khalid Alioua, sera suivie de rencontres similaires dans toutes les régions du Royaume .
Selon M. Alioua, il est temps de mettre en place une politique territoriale de l'emploi, ce qui implique la mise en relief des potentialités économiques qui ne sont pas exploitées. Un second volet concernera la politique sectorielle de l'emploi qui consiste à encourager et protéger les secteurs générateurs de richesses et d'emplois. Veillée d'armes.
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