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EVITER L'AMALGAME
Publié dans MarocHebdo le 03 - 06 - 2014

Samir Khaldouni Sahraoui, directeur de l'Office national marocain du tourisme
EVITER L'AMALGAME
L'Office national marocain de tourisme ­ONMT- vient de lancer une campagne de communication. Les spots tranchent avec tout ce qui a été fait par le passé. Samir Khaldouni Sahraoui, directeur de l'office est décidé à mettre les moyens qu'il faut pour promouvoir un secteur qui contribue à hauteur de 8% au produit national brut. Une volonté et des idées à la recherche de moyens.
· Maroc Hebdo International : Quel est exactement le rôle de l'ONMT?
- Samir Khaldouni Sahraoui: Il subsiste parfois un amalgame quant au rôle de l'ONMT. L'office a été créé en 1918, sous le nom d'office chérifien du tourisme. À l'époque, l'office était le seul organe qui s'occupait réellement du tourisme. Ses statuts lui conféraient une mission extrêmement globale de développement du tourisme. Avec la création du ministère du Tourisme, ce rôle a été reconsidéré et reconcentré sur une mission tournée vers le marketing du produit touristique marocain sur les marchés étrangers.
Cependant, j'ai l'impression qu'on est passé stratégiquement d'une mission globale, lourde pour un office, à une vision, peut être un peu trop étroite. C'est à dire d'un rôle de booster global, à un rôle de grande agence de publicité nationale. Il me semble que la vision la plus saine ne se situe ni dans la première option, ni dans la seconde.
· Selon vous, quel positionnement devrait avoir l'Office?
- Je compare souvent le marketing du tourisme marocain, à une voiture à quatre roues : la politique du produit, la politique du prix, la politique de distribution et la politique de promotion.
Il faut que l'ONMT se positionne comme acteur sur ces axes. Dans la politique du produit touristique, nous sommes sur les marchés et nous sommes donc à même de pouvoir dire quel produit il faut pour tel marché, selon les segments de demande. Nous sommes peut être les mieux habilités à conseiller au sujet des régions du Maroc qu'il faut développer touristiquement. D'un point de vue purement marketing, sans aucune autre considération politique. Concernant les prix, nous avons un observatoire de la concurrence et nous savons à peu près à quel niveau de prix il faut positionner telle ou telle destination de manière à ce qu'elle reste concurrentielle, sans pour autant dumper nos prix. Car il est hors de question que le Maroc se mette à brader son produit. À faire du volume au détriment du revenu. Aujourd'hui nous faisons un peu moins de 2 milliards de dollars de revenus, moi je pense que le Maroc mérite amplement un revenu de 4 milliards de dollars, à condition qu'au niveau produit on augmente notre capacité hôtelière pour passer des 91.500 lits classés actuels, dont le tiers doit être rénové, à 150.000 lits, qui est le seuil de visibilité commerciale pour une destination touristique. Enfin, au niveau de la distribution, je pense que l'office est un bon accompagnateur.
· La campagne de communication que vous avez lancée est différente de tout ce qui l'a précédée?
- C'est une campagne maroco-marocaine de sensibilisation du public marocain à l'importance économique du tourisme. Elle a démarré lundi 14 juin et se poursuivra jusqu'à fin juillet. Elle s'étale sur 3 années, avec pour l'instant un budget de 3 millions de Dh par an. Je crois qu'aujourd'hui, contrairement à ce qui a été fait par le passé, ce ne sont pas l'homme de la rue, ni le commerçant, ni le guide qu'il faut sensibiliser. Ce sont des gens qui vivent du tourisme et connaissent son importance. Ceux qu'il faut sensibiliser, ce sont les décideurs. Ceux qui ont la possibilité de tirer ce secteur vers le haut et de servir de locomotive, d'abord financière.
· Avez vous les moyens de continuer sur cette lancée?
- Le budget de l'office est très modeste. L'état nous verse 120 millions de Dh par an de subvention. Ce budget est malheureusement reconduit pour l'exercice prochain, alors que nous nous attendions à mieux. Nous avons un revenu de l'ordre de 50 MDH de la taxe de promotion touristique, ce qui fait un budget global de 170 MDH. Lorsque j'ai pris mes fonctions, les charges de l'ONMT prenaient un peu moins de 60% de ce budget. Dans le cadre du budget 1999-2000, nous passerons à 60% pour la promotion et 40% pour les charges. Toute une gymnastique a permis de renverser la tendance en deux années sans toucher aux acquis sociaux. Ceci dit, l'office continue d'avoir des dettes pour lesquelles il va falloir trouver une solution. L'ONMT avec ses ressources actuelles ne peut y faire face. Nous avons véritablement besoin d'un coup de main de l'Etat pour casser ce rétroviseur que le directeur de l'office, quel qu'il soit, aura toujours devant les yeux.
· Votre action demeurera donc handicapée par ce manque de moyens?
- Nos ressources sont bien faibles. Il suffit de comparer avec celles des offices d'autres pays qui se veulent à vocation touristique. La plupart consacrent à cette entreprise entre 25 millions de dollars et un milliard de dollars. Sans citer les mastodontes du tourisme, dont les budgets sont absolument colossaux.
J'ai suggéré que l'on mesure les ressources nécessaires à la promotion en fonction des investissements en nombre de lits. Des pays consacrent 400 dollars par lit, d'autres 350 dollars et certains jusqu'à 800 dollars par lit en terme de promotion, sachant qu'ils ont une capacité bien supérieure à la nôtre. Actuellement nous avons un budget annuel de quelque 95 dollars par lit. Certes, nous avons d'autres priorités économiques et sociales, cependant il faudra donner sa chance au tourisme si l'on veut retenir ce secteur comme une opportunité de développement. J'ai donc proposé un budget de 250 dollars par lit, ce qui donnerait un budget global de l'ordre de 230 millions de Dh. C'est la somme qu'il nous faudrait pour faire la promotion du tourisme, sans compter les charges.
· Certains diront que c'est énorme
- Souvent on dit de l'ONMT que c'est un office budgétivore. Les charges, même quand elles sont réduites à 40% demeurent énormes par rapport à ce qui est consacré à la promotion. Cependant, cette situation est due au fait que le budget est petit. Lorsqu'on donnera ce qu'il faut à la promotion, c'est à dire 230 MDH, la partie charge restera à 60 MDH, et là, les choses seront en ordre avec 80% du budget alloués à la promotion et 20% aux charges. Un office du tourisme coûte cher, du fait des agences, du personnel expatrié, des déménagements , mais nous ne sommes pas plus chers que les autres offices.
· Quelle est votre position concernant la future agence de promotion du produit Maroc à l'étranger?
- L'office adhérera à la position qui est celle du gouvernement. Nous sommes un outil au service du gouvernement et du pays. Mais, il est de notre devoir d'attirer l'attention sur la responsabilité d'introduire l'office dans une entité à créer, en compagnie d'autres offices ou bureaux. Le tourisme est une activité extrêmement spécifique. On ne peut pas vendre un séjour, un concept ou un rêve comme on vendrait d'autres produits. Aujourd'hui, 99% des pays qui se veulent à vocation touristique, ont un office propre au tourisme.
De plus comment est ce que la personne qui chapeautera l'agence pourra se consacrer à tous ces chantiers? À la tête de l'office, je suis réduit à consacrer la plus grande partie de mon temps à gérer des problèmes administratifs. Des raisons sur lesquelles je ne souhaite pas m'étendre ont fait que j'ai été absent de la quasi-totalité des salons internationaux.
· Beaucoup d'encre a coulé sur les rapports entre l'office et son ministère de tutelle?
- Je collabore entièrement avec le ministère du Tourisme, en ce sens que je corresponds tout à fait normalement, au quotidien avec le ministre du Tourisme. Il y a une relation administrative tout à fait normale. S'agissant des rumeurs, d'où qu'elles proviennent, en toute honnêteté, je n'ai absolument pas de temps à consacrer à cela. La fonction que j'assume et les chantiers sur lesquels je travaille, ne laissent pas de place aux états d'âme. Je suis au service de ce secteur et je le resterai aussi longtemps qu'il voudra de moi. Je suis extrêmement confiant en mon pays et en nos valeurs.
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