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Résolution du conseil de sécurité sur le Sahara Marocain
Publié dans MarocHebdo le 09 - 11 - 2020

La résolution 2548 relative à la question du Sahara marocain impose désormais à l'Algérie un engagement sérieux tout au long du processus de règlement du différend jusqu'à son aboutissement..
Le 30 octobre 2020 le Conseil de sécurité a voté la résolution 2548 relative à la question du Sahara marocain par 13 voix et deux abstentions (Russie et Afrique du Sud). Ce texte présente cette grande particularité: celle de réaffirmer les décisions et positions de cette haute instance onusienne sur ce dossier. Il décline un modus operandi qui ne fait que conforter la position du Royaume pour le règlement définitif de ce différend.
Dans le détail, cette résolution réaffirme que la solution ne peut être que politique, réaliste, pragmatique, durable et basée sur le compromis. Elle valide également le format de négociations sur la base de table rondes avec ses modalités et ses quatre participants (Maroc, Algérie, Mauritanie et Polisario).
Ce processus avait été initié, il faut le rappeler, par l'ex-envoyé personnel, Horts Köhler, en décembre 2018 puis en mars 2019, à Genève. Il avait été convenu alors entre toutes les parties qu'une troisième table ronde devait avoir lieu en été 2019. Mais la démission de cet émissaire onusien, le 22 mai 2019, pour des raisons de santé, n'avait pas permis d'honorer cet agenda.
La résolution considère, de nouveau, que l'Algérie est partie prenante à ce différend régional -ce pays voisin est cité pas moins de cinq fois dans ce texte. L'Algérie est ainsi interpellée, mise devant ses responsabilités. Au cours des treize rounds du processus de Manhasset (2007-2009), ce pays s'en était tenu en effet à une simple participation protocolaire tant à l'ouverture qu'à la clôture des pourparlers. Le Conseil de sécurité, désormais, lui impose un engagement sérieux et ce tout au long du processus et jusqu'à son aboutissement. Enfin, dernier pilier de cette résolution: la prévalence de l'unique initiative sérieuse, crédible et réaliste offerte par le Maroc, dès avril 2007 autour de l'autonomie dans le cadre de la souveraineté et de l'intégrité territoriale.
Nouvel Envoyé personnel
Aujourd'hui où en est-on? Le Conseil de sécurité insiste auprès du Secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, pour la nomination d'un nouvel Envoyé personnel au Sahara. Il l'encourage à reprendre les consultations entre les quatre participants et à relancer le processus de négociations sur la base des progrès réalisés par l'ancien Envoyé personnel, Horst Köhler. Cela fait dix-sept mois que ce poste est «vacant». Sera-t-il pourvu prochainement?
Les positions encore défendues par l'Algérie -et quelques pays- à propos d'un référendum sont ainsi pratiquement invalidées par le Conseil de sécurité. Depuis 2001, et pour la vingtième année consécutive, cette haute instance n'a plus fait aucune référence à cette procédure. L'on ne trouve pas en effet sa trace dans les 34 résolutions successives adoptées depuis cette date. Il n'y a plus qu'une seule option à prendre en compte pour un engagement résolu dans le processus de règlement. Et Omar Hilale, Représentant permanent du Maroc aux Nations unies, a précisé à cet égard que «le logiciel diplomatique de l'Algérie est en retard»; et que le Conseil de sécurité a «désavoué les adversaires de notre intégrité territoriale, il a balayé d'un revers de main leur divagation référendaire».
Par ailleurs, les provocations des séparatistes à Guerguerat ont fait l'objet de mises en garde pour un strict respect des dispositions de l'accord militaire de 1991. Tant chez le Secrétaire général de l'ONU que chez les membres du Conseil de sécurité, une profonde préoccupation a été exprimée. Le Conseil de sécurité a été ferme à ce sujet en enjoignant au Polisario, après le rapport accablant du Secrétaire général du mois dernier, de respecter le cessez-lefeu, les accords militaires et les résolutions prises par cet organe. Le «blocage» du passage de Guerguerat, l'envoi de milices incluant des civils, au bord du dispositif de défense, et les provocations multiples menacent la paix et la stabilité régionales. Des actes condamnables qui ne font que saper le processus politique retenu et validé par le Conseil de sécurité. Ils discréditent leurs initiateurs et disqualifient le mouvement séparatiste pour être une partie dans la recherche d'un règlement.
Comme l'avait déclaré dernièrement Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, peut et doit-on négocier avec ces «coupeurs de routes?..». De tels agissements provocants et déstabilisants mettent à bas toute habilitation des séparatistes à être partie à une table ronde.
La main tendue
Le Maroc est toujours disposé à s'engager dans un processus de règlement fondé sur les paramètres de négociations réaffirmés par le Conseil de sécurité. Il attend de l'Algérie qu'elle prenne ses responsabilités en s'y impliquant. Le Royaume a tendu la main à ce pays voisin en particulier dans le Discours royal du 6 novembre 2018. Pour l'heure, l'hostilité et la rigidité perdurent en Algérie - une impasse durable?


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