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Victoire du club-phare du Maroc face l'Espérance sportive de Tunis
Publié dans MarocHebdo le 17 - 12 - 1999


LE RAJA DANS LA COUR DES GRANDS
C'est une belle victoire que le Raja a offert aux Casablancais et aux Marocains, dimanche 12 décembre 1999. L'Espérance Sportive de Tunis a fait des mains et des pieds, utilisé toutes les manuvres possibles pour que la coupe de la Ligue des clubs champions d'Afrique de football reste en Tunisie. En vain. Les diables verts ont faussé tous les pronostics en s'imposant face à leurs adversaires. Le triomphe n'en est que plus exquis. Le Raja doit considérer qu'il a apporté sa part à la candidature du Maroc à l'organisation de la coupe du monde de football 2006.
Une foule en liesse déployant des banderoles et criant des slogans à la gloire de leur club préféré. Des supporters venus nombreux pour réserver un accueil triomphal à ces braves joueurs qui ont défendu crânement leur chance. L'aéroport Mohammed V de Casablanca a vécu des scènes riches en spontanéité et hautes en couleurs, à l'occasion du retour de l'équipe du Raja, lundi 13 décembre après sa victoire contre l'Espérance Sportive de Tunis. Les fans se mêlent aux dirigeants du foot, dans une ambiance bon enfant, notamment le ministre de la Jeunesse et des Sports, Ahmed Moussaoui et le président de la Fédération royale marocaine de football, Housni Benslimane. C'est la fierté des grands jours.
C'est la deuxième coupe d'Afrique, formule Ligue des champions, remportée par le Raja, en 1997 à Casablanca et 1999 à Tunis. En 1989, à Oran, les Verts décrochaient leur première coupe d'Afrique des clubs champions. En plus de quelque 2,5 milliards de centimes qui seront empochés par le club marocain, le sacre de Tunis a un goût particulier.
Invitation
Le Raja, qui a reçu les félicitations de nombreux clubs africains, va jouer dans la cour des grands, se projeter dans des compétitions de haut-niveau : la participation dans la première coupe du monde des clubs champions qui se tiendra du 5 au 14 janvier 2000 au Brésil. Rien de tel que le circuit international pour s'aguerrir et se frotter aux autres écoles du foot. Dans cette perspective, le club brésilien Vasco de Gama a invité, tous frais payés, le champion d'Afrique dans le cadre d'un match amical, histoire de mieux se préparer à la coupe du monde.
Les Marocains, en général et les Casablancais en particulier, ont fêté le triomphe rajaoui comme il se doit. Un événement heureux ayant fait oublier le ratage récent du Wydad face à l'Etoile du Sahel de Tunisie qui a remporté à Casablanca la coupe de la CAF de vainqueurs de coupes.
Liesse
Juste après la victoire arrachée de haute de lutte par le Raja, une armée de jeunes sont sortis dans la rue pour laisser libre cours à leur bonheur. Un bonheur simple, beau et gracieux. Le délire populaire a repris dans différents quartiers de Casablanca après la rupture du jeûne, au son des klaxons et aux cris de "vive le Raja". Le club-fanion de Casablanca a offert une bouffée d'oxygène et un cadeau inestimable à tout un peuple en ce temps de vacarme accusatoire et de meute sans muselière. L'espace d'un triomphe à l'extérieur de forte amplitude, les cris de satisfaction ont dominé les sirènes des défaitistes. Quel est beau le Maroc quand il sait gagner dans l'adversité.
La victoire des Rajaouis n'en est que plus méritoire, davantage exquise lorsque l'on sait que tout le monde ou presque n'y croyait pas tellement. Le Raja battra l'Espérance ? Les mines étaient plutôt dubitatives, les esprits sceptiques. Les pronostics jusqu'à la dernière minute favorisaient les Tunisiens qui avaient réussi un nul précieux (0 à 0) le 27 novembre 1999 lors du match aller à Casablanca et partaient ainsi favoris en finale à domicile, chez eux, au stade El Menzeh. Favoris sur le papier mais sur le terrain on demandait à voir. Seuls les supporters de l'équipe casablancaise, qui ont fait le déplacement en Tunisie pour encourager celle-ci, avaient confiance dans le talent des leurs. Une chose était néanmoins sûre : la rencontre allait être féroce entre deux équipes africaines de haut-niveau. Dès l'arrivée de l'équipe phare du Maroc et de ses dirigeants à Tunis, les tentatives de déstabilisation ont commencé. D'abord à la douane où ils ont dû attendre environ deux heures. Sans motif valable. Un policier a même eu l'indécence de lancer à un adhérent du Raja, Saïd Hassbane: vous devez vous estimer heureux si vous vous s'en sortez avec 3 à 0. Ensuite, les rajaouis se sont vus interdire l'accès au stade pour les séances d'entraînement avant le match. La guerre psychologique livrée à l'équipe marocaine dans les coulisses dépassait l'imaginable en termes de provocation et d'agressions verbales. Un véritable calvaire. Pour les Tunisiens, la victoire de l'Espérance est acquise à 100%. Les déclarations des dirigeants du club tunisois, pleines de suffisance et d'arrogance, en disaient long sur leur état d'esprit. Le président de l'Espérance Sportive de Tunis, Slim Chiboub, par ailleurs membre de la commission d'organisation des compétitions inter-clubs de la CAF, a affirmé devant la presse locale sur le ton de la certitude que si le Raja n'est pas battu, au moins, par 2 à 0, il démissionnerait de son poste. Tant d'acharnement amuse plus qu'il ne déconcerte. Le même Chiboub a déclaré aux journalistes que son équipe ira au Brésil quitte à faire le trajet à pied. Ce à quoi l'entraîneur des Verts répond en plus fin: "Le Raja sera plus rapide en avion". Ce jeu insidieux, par presse interposée, participe, bien entendu, des tentatives d'intimidation du vis-à-vis marocain qui a eu le sentiment tout au long de son séjour d'évoluer en milieu hostile.
Injustice
Les hommes de Luis Oscar Fullone, savaient ce qu'ils avaient à faire pour s'imposer. Mouiller le maillot jusqu'au bout. Se battre sans concession. Et ne pas faire attention à la méchanceté de leur rival. Mais les Rajaouis ne sont pas encore au bout de leur peine. Ils ne savaient pas que l'Espérance, dans sa volonté presque maladive de remporter absolument la victoire -ce qui est du reste légitime- comptait, pour atteindre cet objectif, sur un autre allié, l'arbitre cap-verdien, Monteiro Durate. Rien que ça. Voilà, les Tunisiens ont tenu à avoir tous les atouts en main au point de s'assurer la bienveillance de l'arbitre.
Ce jeu frauduleux est dévoilé dès les premières minutes du match auquel a assisté plus de 40.000 spectateurs. Le capitaine , Abdellatif Jrindou, pilier de la défense des diables verts, se voit expulsé. Injustement et au grand étonnement de tous. Y compris certainement de celui du président de la CAF, le Camerounais Issa Hayatou présent dans la tribune. Protestation énergique des Rajaouis. L'arbitre, maladroit, ne voulait rien savoir. La confusion est totale. L'arbitre en profite pour accorder un penalty à ses amis de l'Espérance sans avoir sifflé au préalable cette faute imaginaire. Double sanction infligée donc au Raja. Jusqu'à aujourd'hui, personne n'a compris le pourquoi de cette pénalité qui ressemble tout simplement à un cadeau en or offert à l'équipe adverse. Devant cette situation scandaleuse, les Rajaouis ont manifesté leur intention de quitter le terrain avant de se ressaisir à la demande de leur président Ahmed Amor et de reprendre le jeu dans un climat tendu et électrique. Heureusement pour eux, l'Espérance rate le penalty. Un bien mal acquis ne profite jamais. Star incontesté du match, le gardien Chadli s'est montré plus fort que la mauvaise foi ambiante.
Combativité
Le Raja avait toutes les raisons de perdre. Rivés devant le petit écran, les Marocains, en cette journée de jeûne, sont dégoûtés par tant de mesquinerie. Mais petit à petit, ils reprennent espoir, ignorent le comportement indigne de l'arbitre et se prennent à rêver de la victoire de leur équipe. Celle-ci est possible. Encore un effort. En effet, malgré l'infériorité numérique conjuguée à la partialité flagrante de l'arbitre, le Raja a su afficher une combativité à toute épreuve en puisant dans son potentiel de jeu et son art footballistique. Loin de se replier en défense ou de se laisser impressionner, les diables verts, motivés plus que jamais, résolus à déjouer toutes les manuvres, ont mené un jeu offensif inquiétant à plusieurs reprises le gardien international tunisien Choukri El Ouaer. À la volonté de tricher répondait l'esprit d'équipe. Un rempart sans faille et une foi dans l'agilité des pieds. Une leçon de discipline et de bonne conduite sportive administrée au football africain et à ses dirigeants. Traversées par les couleurs nationales et les couleurs du Raja, les tribunes remplies par les spectateurs marocains raisonnaient d'un concert d'ovations et d'encouragements. Rien n'est perdu d'avance.
Panthéon
À force de vouloir gagner à tout prix, quitte à recourir à des procédés frauduleux, l'Espérance de Tunis a négligé le fair-play propre au sport. Le Raja a redoublé d'efforts et de technicité, notamment lors de la seconde mi-temps. Moustawdaâ, Talal, Zakaria et les autres se sont libérés affrontant un adversaire qui commence à douter sérieusement de ses chances de couronnement. Quand le doute s'installe, tout est possible.
Prenant de plus en plus l'initiative de l'attaque, armés de leur seule ardeur au jeu, les diables verts auraient, avec un peu de chance, pu mener à la marque en inscrivant au moins un but au cours du match. Ç'aurait été la débandade dans le camp adverse.
Le temps réglementaire terminé sur le score de zéro à zéro, les deux clubs devaient se départager aux tirs au but. Le tir décisif pour l'Espérance échoit au gardien El Ouaer. Celui-ci, dans un face-à-face terrible avec son homologue marocain, réussit l'exploit de rater le coche.
Le Raja vainqueur. Et de belle manière. La joie des Rajaouis retentit au-delà du stade El Menzeh. L'équipe casablancaise vient de signer son entrée dans le panthéon des grands clubs africains et internationaux. Chez les Tunisiens, malheureux comme une pierre, c'est la désillusion totale. Les visages sont endeuillés, les esprits déprimés. C'en est fini de leur rêve qu'ils voulaient réaliser coûte que coûte.
Ils ont eu tout faux du début à la fin. Sans avoir l'élégance d'assister à la remise du trophée au vainqueur, le public tunisois s'empresse de quitter le stade, en proie à une frustration incommensurable. C'est ce qu'on appelle avoir la défaite indigne.
Le triomphe du Raja rehausse sans conteste l'image footbalistique du Maroc à un moment où celui-ci défend sa candidature à l'organisation de la coupe du monde 2006.
Le choix du pays organisateur sera fait par la FIFA en juillet 2000. Le Raja doit considérer qu'il a apporté sa part au "Projet d'une nation et au rêve d'un continent".