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Le nord-est du Maroc renferme dans ses zones dites humides des trésors naturels d'importance mondiale. Le projet international MedWet Coasts a pour objectif de les protéger. Le bassin de Moulouya en péril
Publié dans MarocHebdo le 24 - 02 - 2006

Le nord-est du Maroc renferme dans ses zones dites humides des trésors naturels d'importance mondiale. Le projet international MedWet Coasts a pour objectif de les protéger.
Le bassin de Moulouya en péril
L'estuaire de la Moulouya. Plus grand bassin hydrique du Maghreb méditerranéen.
Avec la multiplication des cas de grippe aviaire en Europe en cette deuxième moitié de février 2006, les zones humides, habitats des oiseaux migrateurs vecteurs de cette épidémie, sont pointées du doigt. Ceci, alors que la communauté internationale venait juste de fêter, le 2 février, la journée mondiale des zones humides. Comme si Dame Nature voulait rappeler aux humains que le Terre est un petit village.
De même que la grippe aviaire mobilise une coopération internationale, les zones humides, écosystèmes fragiles et essentiels à l'équilibre écologique de la planète, fédèrent les énergies au-delà des frontières. Au niveau euro-méditerranéen, le principal outil de coopération pour la préservation et l'exploitation rationnelle des zones humides, c'est le projet dit MedWet Coasts. Supervisé par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), le projet est mis en œuvre par le ministère de l'Aménagement du Territoire, de l'Eau et de l'Environnement (MATEE), en étroite collaboration avec le Haut Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification (HCEFLCD). Il intéresse 5 sites marocains, tous situés dans le Nord-Est: l'estuaire de la Moulouya; le massif de Beni Snassene; la lagune de Nador; le massif de Gourougou; et le Cap des Trois Fourches.
Les cinq sites se caractérisent par leur climat méditerranéen semi-aride qui en fait l'habitat le plus proche pour les oiseaux migrateurs fuyant provisoirement le rigoureux hiver européen. Leur pluviométrie, inégale selon les saisons, varie entre 200 et 600 mm. De par la pauvreté et la marginalisation de la région , les habitants dépendaient largement de l'exploitation, des ressources naturelles de ces sites. Prenant en compte la composante humaine du projet, les responsables du MedWet ne visent nullement à cloisonner ces sites. Ils envisagent, au contraire, de les préserver en y associant les populations dans une démarche de développement durable, notamment par l'écotourisme.
Dans ce cadre, l'embouchure de la Moulouya, si elle est épargnée par le bétonnage actuellement en cours sur la plage de Saïdia, est un excellent créneau. Plus grand bassin hydrique du Maghreb méditerranéen (54,500 km2), cette zone est drainée par la rivière Moulouya, longue de 560 kilomètres, qui prend sa source dans le Moyen-Atlas. Mélange de systèmes marin, riverain, lacustre et marécageux, ce site abrite une centaine d'espèces d'oiseaux plus ou moins menacées. On y trouve notamment la rubiette de Moussier, (localement appelée zenzouk ou houmira kehla), la sarcelle marbrée (ch'hiba), ou encore le goéland d'Audoin (awwa). Le site renferme aussi des espèces de poissons rares, dont les Barbus moulouyensis, endémique de la Moulouya et Barbus nasus.
En plus des trésors fauniques qu'il renferme, le site a une fonction de régulation écologique, car il retient des eaux douces qui diminuent de la salinité de la nappe phréatique, de même qu'il prévient les inondations en "épongeant" les eaux de pluie.
Au Sud de l'estuaire du Moulouya, le massif des Béni Snassene culmine à 1532 m. Il comprend les plus hauts sommets du Nord-Est du Maroc et domine la plaine de Triffa. Il est jalonné de cours d'eau qui y ont tracé des gorges spectaculaires. Le principal cours d'eau, Oued Zegzel, est très fréquenté par les randonneurs, européens surtout. Les grottes du Chameau et du Pigeon, sont très peu connues du grand public, malgré leur grande beauté. Des fouilles entreprises dans les grottes du Pigeon ont découvert des restes humains et animaux préhistoriques.
Quoique toujours doté d'une forêt, de chênes notamment, s'étendant sur plus de plus 7000 ha, le massif n'est plus le havre de verdeur qu'il était il y a à peine 30 ans. Autrefois parcouru par une faune des plus prospères et diversifiée, le Béni Snassene héberge encore une population faunistique remarquable, comme l'Alyte, la Salamandre, le Pic de Levaillant, la Fauvette Orphée ou le Chat ganté. En outre, des opérations sont programmées ou en cours pour la réintroduction d'espèces comme le Mouflon, le lynx, la gazelle de cuvier ou le vautour.
À l'Est des Beni Snassene, le massif de Gourougou, avec sa forêt, est plus célèbre pour être le repaire provisoire des candidats sub-africains à l'émigration clandestine. D'origine volcanique récente, il est caractérisée par des sommets qui dominent la mer méditerranée. Par temps clair, ils permettent une superbe vision panoramique à plusieurs kilomètres à la ronde.
Planté d'eucalyptus et de pins, le Gourougou accueille relativement peu d'espèces d'oiseaux, mais d'intérêt mondial, tel que l'aigle botté. À l'inverse, certaines espèces de vertébrés tels que les singes magots ou les sangliers y pullulent, ainsi que des espèces de reptiles-amphibiens, dont certaines menacées ou rares.
Au nord du Gourougou, le Cap des Trois Fourches, situé à côté de Nador, est un promontoire montagneux de 25 kms formé de falaises à pic flanquées de grottes. Difficilement accessible, il est d'une beauté féerique sauvage et revêt une valeur biologique d'intérêt mondial. En effet, il constituait un refuge idéal pour l'unique espèce de pinnipède qui vit dans les mers chaudes, le phoque moine. Le dernier individu, parmi les quelque 300 encore présents sur toute la planète, a été vu pour la dernière fois sur le site en 2003. On envisage sa réintroduction.
Il abrite des dizaines d'espèces de reptiles comme la Vipère de Lataste. ou la Couleuvre de Schokar. La végétation du Cap des Trois Fourches est aussi exceptionnelle par la très forte présence d'espèces rares médicinales ou d'intérêt économique.
À l'Ouest du Cap des Trois Fourches, la lagune de Nador, avec son plan d'eau Bou Areg, s'étend sur 24 kms. Etant très proche des villes de Nador et Bani Ansar, elle connaît des activités humaines intenses, avec toutes les nuisances que cela suppose.
Outre les riches peuplements d'invertébrés marins et de poissons, on trouve dans et aux abords de la lagune de Nador des populations exceptionnelles d'oiseaux et des espèces de reptiles extrêmement rares et menacés, tels que les chalcides, les tortues et les caméléons. La lagune de Nador est également un site d'hivernage et de migration pour plus de 150 espèces d'oiseaux, et de nidification pour une petite quarantaine. Parmi ces espèces, certaines sont rares et menacées, comme le Flamant rose.
On le voit, le Maroc recèle des richesses jusque-là insoupçonnées qu'il convient non seulement de préserver mais de régénérer. D'où l'importance vitale du projet MedWet Coasts, qui a déjà à son actif plusieurs réalisations. Après un diagnostic exhaustif des cinq sites intéressés, des actions urgentes ont été prises pour la préservation de la biodiversité et d'élimination des menaces directes contre les sites. Au cours de l'année 2006, les responsables du projet (www.medwet.org) veilleront au développement d'une stratégie nationale zones humides pour se conformer aux engagements prises dans le cadre de la Convention Ramsar pour la protection des zones humides, qui concerne, elle pas moins de 25 SIBE (sites d'importance biologique) et écologique marocains.