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Une ville pour un bulletin symbolique

• Les partis politiques à l'assaut des grandes cités
Casablanca, Rabat, Marrakech, Fès, Agadir, Tanger... Des villes qui focalisent l'attention des dirigeants des partis politiques. L'enjeu : les mairies de ces villes. Des noms circulent et des projets d'alliance se font
et se défont.
A. Mansour
Mohamed Sajid, maire de Casablanca.
On a suffisamment annoncé, à longueur de colonnes de presse que les élections communales du 12 juin 2009 risquent de ne pas se faire à guichets fermés; c'est à dire le contraire d'un trop plein d'électeurs en manque de bulletins disponibles. Ce sentiment diffus, mais combien réel, a, tout de même, l'inconvénient de défoncer des portes ouvertes sur un scepticisme ambiant. On encourt même des murmures audibles de manquement au civisme démocratique. Heureusement qu'il y a un enjeu pour les partis politiques, dans ce scrutin. C'est le gang qui sauve la mise. Après tout, on se dit qu'il vaut mieux s'y accrocher que de se perdre en conjectures rédhibitoires. Alors accrochez-vous, on y va gaiment. Pour cette consultation populaire, au plus près du peuple électeur, les partis seront soumis à un examen de vérité sur la réalité de leur représentativité et la portée de leurs messages. Bien que nous soyons censés être un pays à vocation agricole, un peu plus de la moitié des Marocains vivent en milieu urbain. Ils ont généralement ramené avec eux une partie de leur campagne natale. Ils décideront de l'issue du scrutin dans les cinq ou six grandes cités qui sont l'objet de toutes les convoitises partisanes: Rabat, la capitale; Casablanca, le poumon économique; Fès, l'ancestrale; Marrakech, l'adresse touristique du Maroc; Agadir, l'étoile montante; et Tanger, la porte de l'Afrique par rapport à l'Europe. Chacun des principaux partis politiques de l'échiquier national voudrait qu'au moins une de ces villes tombe dans son escarcelle. Une mairie vaut beaucoup plus qu'un siège au parlement. On vous appelle “Monsieur le maire” où que vous alliez sur votre territoire, un peu comme le châtelain dans son domaine. Alors qu'on oublie souvent que vous êtes député. Certains “représentants de la nation” sont les premiers à oublier qu'ils le sont; sauf en cas de non respect du code de la route. La carte de député facilite la communication avec le gendarme.
Relève
La gloriole du maire rejaillit sur son parti. En principe et en principe seulement. Deux, ou même trois exemples pour illustrer notre propos. Fès, Casablanca et Rabat. Dans la ville spirituelle du Royaume, Hamid Chabat est une véritable star. Il ne rate pas une occasion pour rappeler qu'il est le patron dans “sa” ville. Et ce, au nom de son parti, l'Istiqlal.
Pas plus tard que le mardi 26 mai 2009, dans l'émission Hiwar, animée par Mustapha Alaoui sur la première chaîne, Hamid Chabat n'a cessé d'insister sur le fil d'or qui relie sa fonction élective à son appartenance au parti de Allal El Fassi. À l'entendre, on est tenté de croire que c'est l'Istiqlal qui gouverne Fès à travers Chabat et non l'inverse. Un jeu qui sert aussi, sinon surtout, les intérêts de son auteur. Lequel est en train de réaliser une montée en puissance absolument irrésistible au sein de son parti. Après avoir fait une OPA spectaculaire sur l'UGTM, la centrale istiqlalienne; il est en passe de réussir la même opération au niveau du Comité exécutif. Un Hamid Chabat secrétaire général de l'Istiqlal, cela ne saurait tarder. De toute façon, la relève de Abbas El Fassi est, cette fois-ci, définitivement ouverte… dans quatre ans. Les autres partis semblent avoir désespéré d'une quelconque chance d'accéder à la mairie de Fès. Ni l'USFP, ni le MP, ni le RNI, ni le PAM; ni même tous réunis ne font le poids. Hamid Chabat qui, à un certain moment, a menacé de se retirer, sera finalement une sorte de candidat unique, secondé par Titna Alaoui. Un peu comme au temps (1955-1959) où l'Istiqlal était quasiment un parti unique.
Bilan
Autre ville, autre décorum politique. À titre d'exemple, qui se souvient que Mohamed Sajid a été élu en 2003, maire de Casablanca sous les couleurs de l'UC! Pratiquement personne, pas même les membres de son partis, qui l'ont perdu de vue. Dans ce cas d'espèce, le lien entre le tremplin partisan et celui qui s'en servi pour se faire catapulter à la mairie n'est pas évident.
En fait, Mohamed Sajid, dont on se rappelle très bien la mascarade de son élection, a été délocalisé de Taroudant, où il a encore été élu en 2007, pour venir gérer la première ville du pays. La méthode est navrante; le bilan est affligeant. Quant à la succession, elle est ouverte. Elle est surtout incertaine. Les socialistes ont raté le coche en 2003, à cause de leurs dissensions internes. Comme d'habitude. Aujourd'hui, ils ne se portent pas mieux. Les candidats estampillés USFP ne manquent pas, parmi les chefs de file, Sghir Baâli à Aïn Chock; Mohamed Ibrahimi au Maârif; Hamid Belbekal à Roches noires, avec Abdelkbir Tabih à Mers Sultan; Abdelmaksoud Rachidi à Bernoussi et Kamal Dissaoui à Anfa. Le compte y est, mais qui pourra se targuer de l'appui inconditionnel des siens pour partir à la conquête de la mairie ? C'est tout leur problème.
Les “harakis”, eux, croient pouvoir passer le cap des arrondissements pour postuler à la mairie. Sous la houlette du docteur Bourkia, qui prépare les listes, ils disposent d'un paquet de notables, tels Abdelhak Chafik, président de l'arrondissement de Aïn-Chock; ou Saïd Hasbane conseiller d'El Fida; ou encore Ali Benjelloun et Abdessadek Morchid, membres du Bureau de Mohamed Sajid.
Le PJD n'est pas en reste. Sa tête de liste est une femme, Bassima Hakaoui. Elle est promise au rôle de fossoyeuse de l'ère Sajid, en compagnie de Abderrahim Ouattas, à Aïn Sebaâ; Abdelkrim Lahouichir, à Bernoussi; Mustapha Lahya, à Hay Moulay Rachid; et Abdelhafid Bchali, à Sidi Belyout. Casablanca dirigée par un ou une islamiste serait une révolution culturelle.
Comme en 2003, l'Istiqlal aligne ses deux fleurons ministériels, comme couple électoral de choc, Yasmina Baddou, à Anfa; et Karim Ghallab à Sbata. Le parti de Abbas El Fassi a toujours lorgné sur Casablanca pour ancrer ses assises populaires. Le PAM, lui, compte batailler avec Naïma Farah, à Aïn Chock. C'est peu pour espérer aller plus loin. Quant au RNI, il se fait discret, à moins qu'il cache son jeu. Une chose est sûre, la lutte sera rude pour remporter le fauteuil de maire de Casablanca. Le spectacle aussi, pourquoi pas, un festival électoral sans bousculade.
Du point de vue du profil et de la tête de l'emploi, Omar Bahraoui, maire de Rabat, a, indéniablement, un côté Sajid. Qui se souvient, en effet, que Bahraoui a été élu sous étiquette MP! Même pas les harakis qui l'ont, lui aussi, perdu de vue.
Couleurs
Côté PJD, avec un Mohamed Reda Benkhaldoun ramené de l'Agdal, on n'y croit pas vraiment. Par contre l'Istiqlal ne s'avoue pas hors-course. Il a l'intention de défendre crânement ses chances avec un quatuor constitué de Abdelkébir Berkia, Hassan Cherkaoui, Allal Mahnine et Abdelilah Bouzidi. D'autres noms seront de la fête, le 12 juin, dans d'autres arrondissements. Rarement, c'est très important pour l'istiqlal aussi. Sauf qu'il faut bien se faire une raison, la capitale a une charge beaucoup trop symbolique pour être livrée à l'humeur des urnes. Marrakech a toujours été un cactus électoral. Il semble que cette fois-ci, le terrain soit dégagé. Pour qui? Pas grand monde face à un Omar Jazouli qui voudrait succéder à lui-même. Il se trouve que cet autre UC improbable a récemment reçu des coups de toutes parts, en guise de pré-campagne électorale. Ses chances s'amenuisent au fil du compte à rebours. À moins que l'appui des harakis, conduits par Bendriouech et Ihouf, ne lui soit d'un secours salutaire. Il faut également s'attendre à ce que le tracteur du PAM tente une incursion dans la Ville ocre, située à quelques arpents de ses terres de prédilection, au pays Rhamna.
À l'image de Fès pour l'Istiqlal, Agadir est devenu un fief-USFP. L'homme qui mène la barque dans la capitale du Souss est Tariq Kabbaj. Un maire qui porte haut son appartenance socialiste, et qui, de l'avis d'observateurs sans parti-pris, a fait du bon travail. Il se situe dans la ligne de Abderrahim Bouabid, qui voulait déjà faire d'Agadir une ville socialiste en tenant à tout prix à s'y présenter, en 1983, quitte à écoper d'un échec officiel. Elle l'est devenue, malgré les tiraillements propres à la population USFP. Auquel cas, difficile de trouver à Tariq Kabbaj un concurrent à la mesure de son poids dans la cité, hormis peut-être un Lahcen Bijdiguen, pour le RNI, et le tandem père et fils Kayouh, Haj Ali et Abdessamad, pour l'Istiqlal.
Tanger, la ville mythique où tous les cosmopolitismes se sont toujours côtoyés, vaut bien une messe électorale. L'échec de sa candidature pour l'organisation de l'exposition universelle-2012, l'a rendue un peu tristounette. Les inondations du début de l'année n'ont rien arrangé. Mais Tanger, durant son histoire fastueuse, en a vu d'autres. Elle attend beaucoup du projet Tanger-Med pour sa reconnaissance. Elle attend aussi un maire pour l'accompagner dans sa mutation en cours.