… Ou du moins, c'est ce qui est proposé par le ministère de l'Intérieur et qui vient d'obtenir l'acquiescement de l'état-major du PJD, réuni ce samedi 9 avril. Les projets de loi sur les partis politiques et sur la Chambre des représentants, déposés pour le dernier Conseil de gouvernement et dont l'examen sera reporté à plus tard, prévoient en effet deux mesures phares pour l'organisation de ces élections législatives du 7 octobre prochain, le seuil électoral et les alliances électorales. Les copies des deux projets de loi ont abondamment circulé ce weekend, et on sait donc désormais un peu plus de quelle nature sera le scrutin à venir. Ainsi, le département de Hassad, après plusieurs consultations et concertations, propose de ramener le seuil électoral de 6 à 3%. Cela devrait ouvrir la voie à des formations jusque-là interdites de parlement, mais la mesure ne semble être acceptée que du bout des lèvres par un PJD qui n'est pas encore tout à fait sûr de ses députés qui, eux, pourraient voir pour certains du moins leur réélection compromise. Le seuil comporte également un autre avantage qu'une meilleure visibilité des courants politiques et sociaux peu audibles…C'est l'ouverture d'une voie de financement pour ces petits partis qui deviendraient plus structurés, et surtout moins endettés. Les projets de loi disposent également de la faisabilité d'alliances préélectorales, c'est-à-dire au niveau des listes électorales. Ces alliances permettraient, précisément, d'éviter en partie la balkanisation tant crainte par les grands partis suite à l'abaissement du seuil électoral. En effet, des candidats de petits partis, qui ont un réservoir de voix mais pas assez pour les faire élire, pourraient alors rejoindre des listes de « grands » partis, moyennent avantages ultérieurs (présidence de commissions, vice-présidence de la Chambre et, éventuellement, strapontin ministériel). Cela étant, l'abaissement du seuil électoral pourrait également avoir comme inconvénient d'ouvrir l'appétit de notables qui n'auraient pas eu l'onction de grands partis, en l'occurrence leur investiture. Ils seraient alors attirés par certains « hizbicules » qui ne regarderaient pas alors trop à la moralité de leurs aspirants candidats. Il faudra maintenant attendre le débat au parlement, car certains députés PJD pourraient signifier leur désaccord avec leur direction, en plus des Istiqlaliens qui persistent à être opposés à un seul de 3%.