Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.
Le Nigéria prévoit l'extension du gazoduc ouest-africain (WAGP) vers le Maroc et son possible raccordement au futur projet NMGP avec 60 milliards de dollars d'investissements
Le Maroc est directement concerné par les projets énergétiques nigérians, Abuja confirmant que l'extension du gazoduc ouest-africain (WAGP), exploité par la société West African Gas Pipeline Company (WAPCo) depuis 2010, se ferait jusqu'au royaume, avec une interconnexion prévue avec le futur gazoduc Maroc–Nigeria (NMGP). Bashir Bayo Ojulari, directeur général de la Société nationale nigériane des hydrocarbures (NNPC Ltd), a affirmé jeudi 28 août que «des plans sont en cours pour prolonger le gazoduc ouest-africain vers le nord, jusqu'au Maroc». L'entreprise a précisé que cette extension est liée au programme massif destiné à mobiliser au moins 60 milliards de dollars (près de 590 milliards de dirhams) d'ici 2030 pour transformer le secteur pétrolier et gazier. Un réseau gazier en expansion régionale Ojulari a indiqué qu'«il nous a été demandé d'élever la production pétrolière à 3 millions de barils par jour, d'augmenter la production gazière à 20 milliards de pieds cubes quotidiens et d'ajouter 500 000 barils par jour de capacité de raffinage». Selon lui, la NNPC occupe une place centrale dans la stratégie gazière du pays, le gazoduc Ajaokuta-Kaduna-Kano (AKK) constituant un élément décisif. «Le gazoduc AKK sera déterminant pour l'économie nigériane», a-t-il insisté. Le dirigeant a expliqué que les équipes gazières de la compagnie engageaient déjà des discussions avec des clients et des acheteurs afin de mettre en place des structures adaptées, en soulignant que «l'intérêt ne porte pas uniquement sur le gazoduc Ajaokuta-Kaduna-Kano, mais aussi sur la capacité à stimuler l'économie à travers la production électrique, les parcs industriels et l'expansion des projets de gaz naturel comprimé». Dans cette optique, l'entreprise développe également l'élargissement du système de conduites Escravos–Lagos (ELPS), qui alimente actuellement le couloir occidental et soutient l'industrialisation de la zone de Lekki et du sud-ouest nigérian. Transparence et exigences de gouvernance M. Ojulari a précisé que l'entreprise poursuivait des partenariats stratégiques pour accompagner cette expansion, en déclarant : «Notre aspiration est de porter très haut l'objectif sur le gaz, en attirant un minimum de 60 milliards de dollars d'investissements supplémentaires». Il a mis en avant la nécessité de la gouvernance, affirmant que «vous avez mon engagement à accroître et approfondir la responsabilité et la transparence. Nous fournirons toutes les données nécessaires pour les audits 2024 et 2025 de la manière la plus efficace possible». Il a ajouté que la compagnie restructurait son département conformité afin d'assurer un suivi durable. «Je veux rendre cette direction directement responsable de la conformité», a-t-il précisé, avant de concéder que «les grandes transformations ne peuvent être atteintes sans résistances. Il y aura des turbulences, mais nous ne sommes pas découragés, car ce parcours concerne l'avenir du Nigeria». De son côté, Orji Ogbonnaya-Orji, secrétaire exécutif de l'Initiative nigériane pour la transparence dans les industries extractives (NEITI), a exhorté la NNPC à maintenir ses pratiques de divulgation. Il a rappelé que «cette entreprise, en tant que fer de lance du secteur énergétique nigérian, doit demeurer un modèle de responsabilité, d'efficacité et d'engagement civique». Il a souligné que les réformes récentes avaient accru la participation nationale dans le secteur des hydrocarbures, mais que ces acquis ne pouvaient être pérennisés sans davantage de transparence. En rappelant que la NNPC avait autrefois publié des états financiers audités, des rapports mensuels de production, des bulletins statistiques annuels et des relevés de transferts à la Fédération, il a mis en garde : «Certaines de ces publications sont devenues irrégulières, retardées ou interrompues, créant des lacunes dans l'information publique. Nous exhortons la NNPC à restaurer et maintenir l'ensemble de ces divulgations sur ses plates-formes».