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Les turpitudes de la diplomatie algérienne et le prochain sommet africain, par Khalil Haddaoui
Publié dans PanoraPost le 24 - 05 - 2017

Le Royaume du Maroc, un des pionniers du panafricanisme, a retrouvé sa place, avec panache, dans l'Union Africaine. En quittant l'OUA, parce que sa Charte avait été violée, Sa Majesté Hassan II, dans son message mémorable, adressé au Sommet africain, le 12 novembre 1984, avait notamment déclaré : « Toute chose étant pour l'heure ce qu'elle est, et en attendant des jours plus sages, nous vous quittons, mais Africain est le Maroc, Africain, il le demeurera. Et nous tous Marocains, resterons au service de l'Afrique. »
Dans son discours adressé au Sommet africain de Kigali, en juillet 2016, Sa Majesté le Roi Mohamed VI a déclaré à ce propos : « Les paroles du Regretté Souverain étaient prophétiques et la conclusion est évidente : le Maroc a tenu sa promesse. » En effet, cette prophétie s'est concrétisée : le Maroc est devenu aujourd'hui une puissance africaine incontournable.
Ce retour dans l'Organisation continentale, ne s'est pas fait sans que la diplomatie algérienne ne se mobilisât, pour entraver le processus d'adhésion d'un Etat africain tel que prévu par l'article 29 de l'Acte Constitutif. Dès le 12 août 2016, le Commissaire, (algérien), du Conseil de Paix et de Sécurité (CPS) a provoqué une réunion qui a pris des décisions qui visaient l'adhésion du Maroc, alors que ce n'était pas de son ressort. La suite nous la connaissons. Mais l'adhésion du Maroc à l'Union Africaine, au mois de janvier 2017, ne doit pas nous faire oublier tout ce que doit accomplir la diplomatie marocaine sur le terrain pour être en phase avec la diplomatie royale.
Il ne faut pas oublier que c'est par l'instrumentalisation ostentatoire du CPS de la part de son Commissaire, qui est un fonctionnaire de l'UA qui n'a pas respecté la neutralité à laquelle il est astreint, et de connivence avec l'ancienne Présidente de la Commission, que des conditions, inexistantes dans l'Acte Constitutif, ont été imposées au Maroc, et auxquelles jamais dans l'histoire de l'organisation africaine, aucun autre Etat africain n'a été soumis.
Maintenant que le Maroc est dans l'Union Africaine, la vigilance est de rigueur plus que jamais. Encore une fois, le Conseil de Paix et de Sécurité, a tenu une réunion au mois de mars dernier. Un communiqué, qui semble être rédigé au ministère algérien des affaires étrangères, a été diffusé le 23 mars 2017. Ce qu'il faut en retenir c'est que la question du Sahara est abordée sous forme de conflit entre deux Etats membres de l'UA. Les rédacteurs de ce communiqué traitent la « rasd » comme s'il s'agissait d'un Etat normalement constitué avec des frontières reconnues. Ce qui est absolument faux. Faut-il rappeler qu'un Etat, selon le Droit international, « est une entité possédant un territoire, une population, un gouvernement et qui est en plus souveraine et indépendante en tant qu'elle n'est subordonnée à aucun autre Etat et aucune organisation internationale, tout en dépendant directement du droit international coutumier et conventionnel. » Son admission à l'OUA par un coup de force inadmissible et totalement illégal ne la dispense nullement de ces conditions.
Quant à la mission de « Joaquim Chissano comme envoyé spécial », le communiqué du CPS propose de l'affubler du titre de « Haut Représentant de l'UA pour le Sahara occidental », alors que l'ancien Chef de l'Etat mozambicain a passé son temps à visiter plusieurs pays, aux frais de l'organisation africaine, pour défendre la position algérienne. Lorsqu'il était ministre des affaires étrangères de son pays, il était connu pour son hostilité à l'égard du Maroc. Parmi les absurdités de ce communiqué, le CPS veut relever de ses cendres un Comité ad hoc, créé en 1978, mais qui en fait a été remercié pour la mission accomplie par le 18ème Sommet africain en 1981. Il a donc été dissous et remplacé par le Comité de mise en œuvre ; (voir l'article que nous avons publié à ce sujet au mois d'août 2015 intitulé : Les élucubrations de l'Union Africaine).
Il est impératif, tant vis-à-vis de l'UA que de chacun des Etats africains, qu'il y ait une réaction publique de la part de notre diplomatie pour dénoncer le contenu de ce communiqué absolument inacceptable. Ecrire au CPS pour l'informer que la question du Sahara est traitée à l'ONU, n'est pas le moyen adéquat d'une diplomatie qui se veut offensive. La décision prise par le CPS nécessitait une réaction virulente, même si des démarches plus discrètes sont effectuées parallèlement. Compte tenu du rôle des médias dans le monde actuel, il est impératif que l'opinion publique nationale, africaine et internationale connaisse la position du Maroc à l'égard d'un communiqué, tronqué et défavorable à notre pays, de même qu'à l'égard de toute initiative émanant d'un organe important de l'Union Africaine. Il ne faut pas oublier que la diplomatie algérienne et ses affidés mènent une guerre diplomatique et médiatique sans aucune concession contre le Maroc, et leurs mensonges répétés à outrance finissent par frapper les esprits. Nous voyons clairement que par ces agissements, la diplomatie algérienne cherche la confrontation, et non le dialogue et l'apaisement.
Il appartient à la diplomatie marocaine d'être plus agressive, si elle veut être en phase avec la stratégie politique royale, d'autant plus que ce ne sont pas les arguments qui manquent pour pousser ses adversaires dans leurs ultimes retranchements. Il ne faut surtout pas tomber dans le piège d'une dialectique fallacieuse concernant la reconnaissance ou la non-reconnaissance de la « rasd » en comparant l'incomparable, et faire le parallèle avec l'ONU, où siègent des Etas non reconnus par d'autres. Aux Nations Unies tous les membres sont des Etats qui ont été admis conformément à une procédure respectueuse de la Charte.
Il s'agit plutôt de traduire le contenu du discours royal de Kigali, notamment lorsque Sa Majesté le Roi a dit : « Il est, en effet, difficile d'admettre que le Royaume, nation pérenne et ancestrale, soit comparé à une entité ne disposant d'aucun attribut de souveraineté, démunie de toute représentativité ou effectivité. » Et plus loin : « Ce fait accompli immoral, ce coup d'Etat contre la légalité internationale, ont amené le Royaume du Maroc à éviter la division de l'Afrique au prix d'une douloureuse décision, celle de quitter sa famille institutionnelle. » Ce qui veut dire que le Maroc doit contester la présence illégale de ce que l'on appelle la « rasd», et non pas laisser croire qu'il accepte sa banalisation au sein de l'organisation.
Il faut rappeler aux membres de l'UA, arguments et documents à l'appui, dans quelles circonstances la prétendue « rasd» a été imposée à l'OUA en violation de sa propre Charte et d'une décision des Chefs d'Etat, et déconstruire ainsi les contradictions de la diplomatie algérienne. Quand on demande l'organisation d'un referendum, on ne peut pas anticiper sur la volonté des populations et reconnaître une « république », c'est une violation du droit à l'autodétermination. Quand on parle de « territoire non-autonome », celui-ci par définition n'est pas un Etat. Ces arguments fallacieux, répétés à outrance, ne manquent pas d'impacter beaucoup de pays qui croient, à tort, que l'adhésion de la « rasd » s'est faite selon la procédure établie.
La diplomatie algérienne sait que son objectif initial d'instaurer un « Etat vassal » au sud du Maroc pour accéder à l'Océan Atlantique, ne pourra jamais se réaliser. Sa dernière tentative a échoué, lorsque le Président Bouteflika a suggéré à Baker la division du territoire comme solution politique, ce que le Maroc a catégoriquement rejeté. (Voir rapport du SG de l'ONU S/2002/178 du 20 février 2002 et lettre de l'Algérie au Conseil de sécurité S/2002/807 du 22 juillet 2002). La poursuite de cette hostilité viscérale de l'Algérie vise actuellement comme objectifs, d'une part, d'entraver l'émergence du Maroc comme puissance régionale, et d'autre part, d'utiliser la présence de la « rasd » au sein de l'UA comme moyen de maintenir une pression constante sur notre pays, et de paralyser toute initiative de sa part.
L'Union Africaine, selon son Acte Constitutif, est une organisation d'Etats, elle est composée de 54 Etats africains qui sont tous membres de l'Organisation des Nations Unies. Il y a un 55ème membre qui ne remplit pas ces conditions. C'est le rôle central qu'a joué la diplomatie algérienne dans l'introduction par effraction d'une entité non-étatique, qui a failli faire diviser l'Afrique dans les années 80, ce que le Maroc dans sa sagesse avait évité à notre continent. Le même problème se pose encore aujourd'hui et constitue une nuisance permanente pour l'institution africaine. C'est pourquoi cette situation insolite doit être résolue en priorité. Car si elle perdure, c'est se leurrer que de croire que le Maroc pourra jouer pleinement son rôle au sein de l'Union Africaine. Le retrait de reconnaissance de la « rasd », de la part de deux ou trois autres pays africains, n'aura aucun effet sur l'objectif de la diplomatie algérienne, qui consiste à maintenir leur protégé au sein de l'UA.
L'on se souviendra qu'au mois de juillet de l'année dernière, après le discours royal de Kigali, la diplomatie algérienne s'est trouvée dans le désarroi. Et en une semaine, le Premier Ministre et les deux Ministres en charge de la diplomatie algérienne ont déclaré que l'Acte de l'Union Africaine ne prévoit ni le gel, ni l'expulsion d'un Etat membre. Ils ont immédiatement lancé ce slogan comme piège dans lequel beaucoup sont tombés. Les diplomates algériens savent qu'il y a un moyen légal d'éradiquer la « rasd » de l'UA. Et c'est cette hantise qui explique l'instrumentalisation du CPS pour déstabiliser le Maroc au sein de l'organisation africaine.
Le Président en exercice de l'Union Africaine a souhaité, dans une déclaration publique, résoudre la question du Sahara dans un cadre africain. Pour ce faire, l'UA doit adopter les paramètres de l'ONU, qui tiennent compte de la revendication du Maroc pour son unité nationale et son intégrité territoriale, droit légitime auquel l'ONU donne la priorité, et de celle d'un groupuscule de séparatistes tenu à bout de bras par le gouvernement algérien.
Nous sommes à deux mois du prochain Sommet africain. Il est impératif, non seulement pour le Maroc, mais pour l'Union Africaine et pour l'Afrique, qu'il soit mis fin à cette imposture qui a empoisonné l'organisation africaine et qui continuera à entraver son épanouissement, s'il n'y est pas mis fin. C'est pourquoi, il serait souhaitable que, recourant à la sagesse africaine, le Président en exercice de l'UA prenne l'initiative, dans l'intérêt de l'Afrique, de convaincre l'Algérie et les quelques Etats qui lui sont proches, pour demander à leur protégé de se retirer de l'organisation. Ce serait tout à leur honneur. Ce que réclame le Maroc, c'est tout simplement, le respect de la légalité.
Si cette démarche n'aboutit pas, le Maroc sera dans son droit de demander à la Conférence des Chefs d'Etat, qui est l'organe suprême de l'Union, selon l'article 6 (2), d'assumer ses responsabilités afin de mettre fin à cette situation illégale d'un membre qui ne remplit pas les conditions stipulées par son propre Acte. Pour ce faire, une motion solidement argumentée et circonstanciée devrait être présentée, éventuellement avec quelques autres co-auteurs, demandant aux Etats membres de répondre à la question suivante : « est-ce que la «rasd » remplit les conditions d'un Etat selon le droit international ?» Comme l'article 7 stipule que : « La Conférence prend ses décisions par consensus ou, à défaut, à la majorité des deux tiers des Etats membres de l'Union, » il appartiendra à l'Algérie et ses amis d'obtenir 37 voix favorables à cette motion. Dans le cas contraire, cela voudra dire que la « rasd » ne remplit pas les conditions requises, et par conséquent ne doit plus figurer sur la liste des Etats membres de l'Union Africaine. C'est à ce moment, et à ce moment-là seulement, que l'Union Africaine, d'une part, retrouvera toute sa crédibilité et sa sérénité, et d'autre part, pourra contribuer à la solution du problème du Sahara.


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