Après avoir tenté d'écraser Adil Sefrioui devant chez lui, le conducteur septuagénaire a été condamné à 3 ans de prison ferme et 2 avec sursis. Malgré cela, les insultes racistes qu'il a lancées à la victime ne semblent pas avoir été entendues justement par le tribunal, sans parler du refus de ce dernier de qualifier les faits en tentatives d'homicide. La victoire aujourd'hui à un goût amer pour Adil, sa famille et les associations antiracistes. Le septuagénaire conducteur de la voiture qui a percuté Adil Sefrioui à Dole, le 21 avril dernier, a été condamné aujourd'hui par le tribunal de Lons Le Saunier à 5 ans de prisons dont 3 ans ferme. Le conducteur de la voiture, qui a tenté d'écraser la victime d'origine marocaine après l'en avoir menacé et lui avoir assené des injures racistes va être incarcéré pour 3 années, après qu'un mandat de dépôt à la maison d'arrêt de Lons le Saunier ait été prononcé. Sa peine a également été alourdie avec la confiscation de son véhicule par la justice, un retrait du permis de conduire de 3 ans, 5 ans d'inéligibilité et 15 ans d'interdiction de posséder une arme. A cela s'ajoute de lourdes sanctions pécuniaires : l'agresseur devra s'acquitter de 300 euros d'amende délictuelle, débourser 1 500 euros aux 4 parties civiles au procès, 3 000 euros pour l'épouse et pour chacun des enfants de la victime, ainsi que 7 000 euros de provision à la victime, dans l'attente d'une expertise médicale déterminant le montant total des indemnités. La victime quant à elle, devenue accusée au fil de l'avancée de la procédure a été condamnée à 600 euros d'amende, dont 200 avec sursis, pour fait d'injures et agression. Pour rappel, la victime avait porté un coup de pied à l'agresseur et l'avait insulté de «facho», se défendant en affirmant que le coup était une légitime défense et l'injure une réponse à l'insulte raciste «bicot» lancée par l'agresseur. Les enregistrements mis à disposition à la justice n'ayant pas permis de déterminer la situation de légitime défense, le tribunal a décidé cette condamnation, tout en relaxant la victime pour dégradation sur le véhicule. En partie relaxé, mais pas totalement soulagé La victime à la sortie du tribunal s'est confié à Média 25 : «On ne vas pas dire que c'est juste, c'était le juste milieu». Il s'est montré amère que la tentative d'homicide n'ai pas été retenue contre son agresseur. Le président de SOS Racisme, Jura Lakhdar Benharira, a également fait part de sa déception auprès de la victime : «Votre vie lui importe peu !» «Comme il m'a percuté avec la voiture, il avait l'intention de me tuer. C'était fini pour moi, heureusement que j'ai sauté sur la voiture sinon je serai parmi les morts.» Adil Sefrioui «Satisfaction complète, non on ne l'a pas», affirme la femme de la victime concernant la décision et cette tentative d'homicide. Un appel à la décision devrait surtout servir à relaxer la victime, mais peu d'espoirs restent pour une condamnation plus juste de l'agresseur. Le caractère raciste de l'agression n'a pas marqué le tribunal. Le représentant de SOS Racisme dénonce le traitement réservé à l'insulte raciste «bicot», qui n'a pas été soulignée ou marquante dans les décisions. Il regrette enfin l'absence de l'accusé, sur un motif médical qui n'a jamais été validé par un médecin. «Depuis le départ, l'agresseur se soustrait à la loi et la loi le laisse tranquille.» Lakhdar Benharira Le représentant de la Coordination contre le racisme et l'islamophobie (CRI) appuie lui aussi l'injure raciste et l'appel de l'agresseur à s'approcher du capot. Selon lui, «il y a vraiment une volonté de vouloir écraser Adil». La compétence du tribunal est toujours remise en cause, surtout sur la tentative d'homicide qui relève du tribunal correctionnel et pas du tribunal de grande instance. «La justice n'est pas là. Le procureur était à charge contre Adil. J'ai l'impression que le côté raciste des choses n'a pas été évoqué de façon ferme», ajoute-t-il.