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Aicha Duihi à Genève : Une pasionaria des droits des Sahraouis dans les camps de Tindouf
Publié dans Yabiladi le 23 - 03 - 2025

Aicha Duihi, présidente de l'IOPDHR (International Observatory for Peace, Democracy and Human Rights), poursuit son combat pour la défense des droits des Sahraouis vivant dans les camps de Tindouf. Installée à Genève, elle alerte la communauté internationale sur les violations persistantes des droits humains dans ces camps situés en territoire algérien.
Mercredi 20 mars 2025. Il est 13h00 au siège du Conseil des droits de l'Homme à Genève. Nous avons rendez-vous avec une militante sahraouie qui doit animer un événement parallèle lors de la 58e session du CDH de l'ONU. Vêtue de sa melhfa traditionnelle, Aicha Duihi franchit les portes du Palais des Nations d'un pas résolu, incarnant l'engagement en faveur des droits humains.
Originaire de Laâyoune, Aicha Duihi ne s'est pas arrêtée à son parcours académique déjà riche : un Master en économie et gestion à l'Université Cadi Ayyad de Marrakech, suivi d'une spécialisation à l'Institut d'administration des entreprises de Poitiers. Pour servir sa cause, elle a renforcé son expertise juridique en poursuivant des études de droit à l'Université Mohammed V de Rabat. Aujourd'hui, en tant que présidente de l'Observatoire du Sahara pour la paix, la démocratie et les droits de l'homme (IOPDHR), elle consacre sa vie à la défense des droits humains au Sahara et dans la région.
Dès les premiers mots échangés, Aicha Duihi va droit au but. La militante dénonce l'absence de statut juridique clair pour les populations sahraouies de Tindouf, privées de leurs droits les plus fondamentaux. «Ces camps sont officiellement considérés comme des camps de réfugiés selon les Nations unies, mais en réalité, les conditions du statut de réfugié ne sont pas respectées», affirme-t-elle.
Une situation alarmante à Tindouf
Elle déplore que les habitants de Tindouf vivent toujours sans recensement officiel, sans liberté d'expression ni de mouvement, et subissent une gestion opaque sous l'autorité du Front Polisario. «Nous recevons des témoignages et des rapports accablants sur des exécutions extrajudiciaires, des disparitions forcées et des détentions arbitraires», ajoute-t-elle sur un ton grave.
L'Algérie, en tant que pays hôte, est également pointée du doigt par la Sahraouie pour son manque de supervision sur ces camps. Bien qu'ayant signé la Convention de Genève sur les réfugiés, Alger n'a en effet jamais octroyé de statut officiel aux Sahraouis de Tindouf, les maintenant dans un vide juridique prolongé. «Le pays hôte délègue entièrement la gestion de ces camps au Polisario, y compris le contrôle militaire et judiciaire, ce qui est en totale contradiction avec le droit international», souligne Duihi.
«L'Algérie est responsable du blocage des communications avec les instances internationales sur ces violations, ce qui constitue une entrave grave.»
Aicha Duihi
Un combat mené depuis Genève
L'IOPDHR, basé à Genève depuis un peu plus de trois ans, se consacre à la documentation et à la dénonciation des violations des droits humains dans plusieurs régions du monde, avec un accent particulier sur le Sahara. L'organisation multiplie les rapports, les partenariats avec d'autres ONG et les interventions auprès des mécanismes internationaux des droits de l'homme.
La présidente de l'organisation genevoise insiste sur l'importance de sensibiliser les instances onusiennes et européennes à la situation des Sahraouis des camps de Tindouf. «Nous avons déjà porté ce dossier devant plusieurs organes des Nations unies et du Parlement européen, mais le silence persiste», regrette Aicha Duihi. Mais sa ténacité ne faiblit pas en plaidant, à chaque fois, la cause des Sahraouis.
À travers ses actions, l'IOPDHR est déterminé à obtenir une reconnaissance des violations commises et à inciter la communauté internationale à exiger des comptes à l'Algérie. «Il est inadmissible que ces populations soient maintenues en captivité depuis près de 50 ans, sans possibilité de retour ou de réinstallation dans des conditions dignes», conclut-elle.
L'organisation genevoise prévoit de renforcer ses actions de plaidoyer en s'appuyant sur des témoignages directs et des rapports d'enquête approfondis. À Genève comme à Bruxelles, Aicha Duihi entend continuer son combat pour la reconnaissance des droits des Sahraouis et la fin de l'impunité à Tindouf. Un engagement sans relâche qui a été distingué en 2019, recevant le Prix européen du leadership international des femmes au Parlement européen.


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