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Diaspo #388 : Hanane Sanoussi, pionnière dans les technologies et formatrice au Maroc
Publié dans Yabiladi le 10 - 05 - 2025

Qui a dit que l'innovation n'était que du ressort des laboratoires occidentaux ? Native de Tanger, Hanane Sanoussi a grandi entre Essaouira et Agadir, avant de prouver que ce domaine pouvait également émerger ailleurs. Le chemin n'a pas été facile pour se faire une place dans la technologie et de l'IA, mais elle prouve désormais que la réussite dans ce domaine est une question de compétences et non de genre.
Lorsque Hanane Sanoussi aborde son parcours, elle raconte l'histoire d'une femme déterminée à dépasser les obstacles. Cet état d'esprit dénote de son environnement familial créatif, puisque son père, artiste visuel et professeur, lui a inculqué l'amour des arts et de la pensée critique. Sa mère coururième a été pour elle un exemple vivant d'engagement et de patience inlassable.
Hanane a grandi entre Tanger, Essaouira et Agadir, en étant une enfant plutôt silencieuse, avide de lecture et avec un sens accru de l'observation. Dans son entretien avec Yabiladi, elle se souvient de ces moments en évoquant un Maroc «toujours actif, résilient, inspirant et ouvert». «Le coucher du soleil sur la plage et les livres que je lisais discrètement, la nuit, ont façonné mes rêves et mon esprit un peu rebelle», dit-elle.
«Je peux dire que mon enfance a été une école riche en émotions fortes, souvent contradictoires entre le 'besoin' de voir plus loin, d'apprendre davantage et le désir de rester là où j'étais, dans cet équilibre.»
Hanane Sanoussi
Mais Hanane a choisi de se mettre au défi et de sortir de sa zone de confort. À 18 ans, suit le cycle préparatoire aux beaux-arts en France, avant de bifurquer vers les sciences politiques Milan (Italie). Plus tard, choisira les technologies de l'information, avec un certificat de pilotage de drones en France. Elle explique ce parcours éclectique : «J'ai toujours été à la croisée des chemins entre la technologie, l'art et la société».
L'innovation dans un dominé encore masculin
L'entrepreneuriat dans les technologies, en particulier dans le domaine du hardware, est «encore plus dominé par les hommes», lorsque la jeune femme a considéré faire un choix évident, pour trouver espace où innover, poser des questions et «connecter l'intuition à la précision scientifique».
Hanane a été motivée aussi par son ambition de voir plus de diversité dans son secteur. «On parle beaucoup d'innovation, mais les actants ont souvent les mêmes. Les femmes, bien que leur nombre augmente, font encore face à de nombreuses barrières invisibles», estime-t-elle.
En 2022, Hanane fonde son entreprise, Vimersio, une startup qui intègre des appareils intelligents (hardware) et l'intelligence artificielle pour automatiser le processus d'enregistrement vidéo, un défi audacieux pour une femme encore seule sur un créneau dominé par les hommes.
L'entrepreneuse arrive à commercialiser son produit, avant même de lancer la version initiale. Mais le succès n'a pas été au rendez-vous. Un désaccord avec l'un des actionnaires l'a obligée à prendre la décision difficile de s'arrêter.
Après cette expérience, elle s'est tournée vers l'éducation en lançant un hackathon scolaire, inspiré par Station F et «Quest-For-Change». Son objectif a été de planter les graines de l'innovation dans l'esprit des étudiants et ouvrir leurs yeux face à une réalité professionnelle émergente.
«Le plus grand défi que j'ai rencontré dans ce domaine ? Convaincre dans un monde dominé par des idées préconçues : une femme seule, avec un projet non conventionnel, doit souvent parler plus fort pour être entendue. Mes plus grandes réussites ne se mesurent pas en chiffre d'affaires ou en récompenses, mais dans le fait de tenir bon, de transformer mes chocs en force tranquille : continuer à construire avec cohérence et stabilité.»
Hanane Sanoussi
Hanane allie trois identités : marocaine, française et italienne. «Cette diversité est ma force motrice. Cette double identité euro-marocaine est un atout majeur, pour concevoir des projets qui parlent aux deux rives de la Méditerranée», dit-elle fièrement.
Retour au pays pour accompagner une génération du digital
L'un des moments charnières de sa vie professionnelle a eu lieu en 2010, lorsqu'elle a travaillé aux côtés de l'ancien ministre de la Privatisation, Abderrahmane Saidi. Décédé en 2020, le défunt a accordé à Hanane une confiance qui l'aura forgée, dès le jeune âge. «Il m'a confié la gestion de sa galerie d'art et maison de vente aux enchères à Casablanca, où j'ai occupé le poste de responsable administrative et commerciale pendant un an», se souvient-elle.
Cependant, à cette étape de sa vie, l'appel de l'Europe a été plus fort pour elle en tant que jeune femme. Elle décide de repartir, portée par ce que cette expérience lui a donné. Mais 23 ans plus tard, elle choisit encore sa patrie : le Maroc.
Aujourd'hui, Hanane est responsable d'un laboratoire numérique (Fablab), affilié à la Fondation MlfMonde à Casablanca. Elle enseigne les sciences numériques aux nouvelles générations d'étudiants.
«Depuis mon retour et grâce au soutien du directeur de notre institution, j'ai lancé le premier hackathon dédié aux lycéens, reflétant mon inspiration pour la jeunesse marocaine. Le transfert de connaissances est devenu une priorité pour moi, car j'enseigne les technologies et les compétences numériques aux jeunes qui ne réalisent peut-être pas encore l'importance de sujets tels que la cybersécurité, l'intelligence artificielle et les données. Mon rôle est de les éveiller et de leur montrer qu'ils ont une place dans l'avenir. Le Maroc a besoin de ces métiers et les jeunes doivent s'y préparer.»
Hanane Sanoussi
En 2024, la formatrice a reçu une reconnaissance d'Orange en tant qu'entrepreneuse. Elle a ensuite été invitée au Parlement européen en tant qu'intervenante, lors d'un grand événement civique organisé par la Fondation pour l'innovation pour la démocratie.
«Ma présence dans un lieu symbolique comme celui-ci est une responsabilité. J'ai accepté cet honneur non pas pour me mettre en avant, mais pour porter les histoires des autres, pour ouvrir des portes à d'autres femmes, pour les jeunes talents d'Afrique. C'est un message au monde disant : 'Nous avons des solutions. Nous avons une voix. Ecoutez-nous'», conclut-elle.


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