Après avoir initialement rejeté la résolution du Conseil de sécurité adoptée le 31 octobre, le Front Polisario semble désormais changer de stratégie. Le mouvement espère recevoir «une visite» dans les camps de Tindouf ou «une invitation» de la part de Staffan de Mistura, l'envoyé personnel du secrétaire général de l'ONU pour le Sahara occidental, afin de reprendre sa place dans le processus de négociations que l'ONU prévoit de relancer dans les semaines à venir. Cette information a été révélée, sous couvert d'anonymat, par un «ministre» du Front dans des déclarations à un média sahraoui. Un nouveau cycle de discussions entre les parties prenantes pourrait débuter «vers la mi-janvier», a-t-il affirmé. Les Etats-Unis se sont dits prêts à accueillir ces négociations. Lors d'un point de presse le 5 novembre, Staffan de Mistura avait déclaré que «l'atmosphère est bonne, la dynamique va dans la bonne direction. Le vrai travail commence maintenant. Parlons-en dans un mois». De Mistura a également souligné qu'il attendait du Maroc la présentation d'«un plan d'autonomie développé et actualisé», tandis que les autres parties devraient «soumettre des propositions et des suggestions, afin de permettre aux Nations unies d'élaborer un programme de discussions directes ou, si nécessaire, indirectes». Quelques heures après l'adoption de la résolution 2797, le Polisario avait critiqué certains éléments du texte, rédigé par les Etats-Unis, les qualifiant de «déviation dangereuse et sans précédent». Selon le Front, ces éléments «violent le statut international du Sahara occidental en tant que question de décolonisation, sapent les fondements du processus de paix parrainé par l'ONU et entravent les efforts du Secrétaire général de l'ONU et de son Envoyé personnel», avait-il indiqué dans un communiqué.