Le RNI élira, lors d'un congrès extraordinaire le 7 février El Jadida, son cinquième président. Un rendez-vous qui n'a rien d'exceptionnel pour une formation politique habituée aux transitions brusques. Retour sur les événements marquant près de 5 décennies d'existence de ce parti. DR ‹ › Depuis sa fondation en 1978, le Rassemblement National des Indépendants (RNI) a traversé une histoire marquée par des conflits internes, des congrès extraordinaires, des manœuvres pour évincer ses dirigeants, y compris son fondateur en 2007, et une scission en 1981. L'annonce du retrait d'Aziz Akhannouch de la présidence du parti, le 11 janvier dernier, s'inscrit dans cette tradition d'agitation interne. Après l'euphorie des débuts, le 28 novembre 1978, les 167 députés sans appartenance politique qui s'étaient rassemblés sous la bannière du RNI et avaient confié les rênes à Ahmed Osman, alors Premier ministre, ont rapidement déchanté. Le 22 mars 1979, le roi Hassan II limoge brusquement son gendre et le remplace par Mohamed Karim Lamrani, provoquant ainsi une première fracture majeure. En juin 1981, à l'issue d'un congrès à Casablanca, une partie des parlementaires quitte le RNI pour fonder le Parti National Démocrate (PND), dirigé par Mohamed Arsalane El Jadidi, membre fondateur du RNI et ancien syndicaliste influent de l'UMT, qui occupera plusieurs postes ministériels dans les années 1980. Malgré cette scission, Osman parvient à garder le contrôle de sa formation, notamment grâce à son élection, en 1984, à la présidence de la Chambre des représentants, poste qu'il occupera jusqu'en 1992. Durant les dernières années du règne de Hassan II, le RNI, souvent qualifié par l'opposition de «parti de l'administration», reste en retrait de la scène politique, éclipsé par les négociations entre le roi Hassan II, l'Istiqlal et l'USFP pour former un nouveau gouvernement capable de redynamiser la scène politique nationale et préparer la transition au trône. Le RNI participera toutefois à cette séquence historique en intégrant, le 4 février 1998, le gouvernement d'alternance dirigé par Abderrahmane El Youssoufi. Ahmed Osman, premier président du RNI / DR Le président fondateur évincé par ses «fidèles» L'arrivée au pouvoir du roi Mohammed VI en juillet 1999 marque le début du déclin de l'autorité d'Ahmed Osman au sein du parti. Un courant contestataire, mené par l'homme d'affaires Abdelahadi El Alami, réclame ouvertement son départ. La fronde finit par triompher : en avril 2007, Ahmed Osman quitte la présidence du RNI. Dans la foulée, un congrès est organisé en mai de la même année. À la surprise générale, Mustapha Mansouri est élu président, alors que le grand favori était Mustapha Oukacha, président de la Chambre des conseillers, et dans une moindre mesure, Mohamed Aujjar, ancien ministre des Droits de l'Homme sous le gouvernement d'Alternance. Cette «victoire» de Mansouri ne met pas fin aux dissensions internes. En 2010, un courant dit «réformateur», conduit par Salaheddine Mezouar, alors ministre des Finances dans le gouvernement Abbas El Fassi, émerge au sein du parti. Après quelques échanges tendus dans les médias entre les deux clans, Mustapha Mansouri, comme son prédécesseur Ahmed Osman, est évincé de la présidence, le 23 janvier 2010 à Marrakech. Des fins de mandat soudaines L'ère Mezouar qui suit prendra fin en octobre 2016, à la suite de la lourde défaite du RNI aux élections législatives du 7 octobre. Il présente sa démission, ouvrant la voie à un nouveau congrès extraordinaire. Le 30 octobre à Bouznika, Aziz Akhannouch est porté à la présidence, alors même qu'il avait annoncé sa démission en novembre 2011 pour conserver son poste de ministre de l'Agriculture au sein du gouvernement Benkirane. Aziz Akhannouch, président sortant du RNI / DR La présidence d'Akhannouch a permis au RNI de diriger l'executif, suite à l'écrasante victoire aux législatives d'octobre 2021. Une première dans l'histoire agitée de cette formation, car lors de sa création, Ahmed Osman était déjà Premier ministre, mais par nomination. Le 7 février prochain, à El Jadida, le RNI tiendra un nouveau congrès extraordinaire pour élire le successeur d'Aziz Akhannouch, alors même qu'il préparait le terrain pour une prolongation de six mois de son mandat. Un retournement qui s'inscrit dans la vie agitée du parti de la Colombe.