Cheikh Mohamed El Kebir Ben Sidi Ahmed Tijani / DR ‹ › La zaouïa Tijaniyya du Maroc a lancé un appel pour préserver le caractère sacré des liens spirituels et historiques qui unissent les peuples marocain et sénégalais. Dans un communiqué signé par son chef, le cheikh Mohamed El Kebir Ben Sidi Ahmed Tijani, l'ordre religieux a mis en garde contre «toute tentative d'instrumentalisation des compétitions sportives à des fins de division, d'extrémisme ou de discorde». La confrérie suit avec préoccupation les tensions apparues sur les réseaux sociaux après la finale de la Coupe d'Afrique des Nations (CAN), tout en soulignant que «ces épisodes conjoncturels ne sauraient altérer la profondeur des relations fraternelles entre les deux nations». Le texte souligne que «le lien entre le Maroc et le Sénégal dépasse les frontières géographiques et les calculs politiques passagers : il s'agit d'un lien spirituel et historique, fondé sur une unité de foi, de valeurs et de parenté, forgée par des siècles de communion religieuse. Deux peuples, dans deux Etats, animés par une même conscience nourrie par l'amour de Dieu, qu'aucun événement sportif ne peut ébranler». Appelant à la sagesse et à la retenue, l'ordre religieux exhorte les fidèles et les peuples des deux pays à privilégier la raison, la tolérance et la compassion sur l'impulsivité et le fanatisme, rappelant que les liens de la foi exigent dépassement et indulgence. Dans le même esprit, le roi Mohammed VI a affirmé, hier dans un communiqué, que «rien ne saurait altérer la proximité cultivée au fil des siècles entre nos peuples africains (marocain et sénégalais, ndlr), ni la coopération fructueuse construite avec les différents pays du Continent et renforcée par des partenariats toujours plus ambitieux». De son côté, le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a appelé, mercredi, dans un communiqué publié à l'issue d'un entretien téléphonique avec son homologue marocain Aziz Akhannouch, «à la prudence face aux flux de communications, singulièrement sur les réseaux sociaux et dans certains médias, qui relèvent, pour la plupart, de la désinformation».