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Finale Maroc–Sénégal : le récit d'Abdoulaye Fall ou la fabrique d'un bras de fer politique
Publié dans Yabiladi le 25 - 01 - 2026

Le debrief livré par Abdoulaye Fall, président de la Fédération sénégalaise de football (FSF), devant des responsables politiques et militaires ainsi que les médias sénégalais, est riche d'enseignements. Un récit calibré, oscillant entre posture victimaire et démonstration de virilité institutionnelle, où le Maroc endosse le rôle du puissant manipulateur et le Sénégal celui du courageux résistant. Il révèle pourtant les manoeuvres et la responsabilité de la FSF dans le chaos de la finale de la CAN. Décryptage.
DR


Ecouter le président de la Fédération sénégalaise de football laisse penser que la finale de la CAN s'est jouée non seulement sur le terrain, mais aussi dans une arène d'influences où Rabat, ses relais au sein de la CAF, et une prétendue incapacité des autres fédérations à s'y opposer, auraient eu le dessus. Un récit séduisant pour l'opinion publique bercée de complotisme. «Jamais un pays ne s'était autant opposé au Maroc. Parce que c'est eux qui ont la vice présidence de la CAF, qui ont les moyens et certains pays n'osent pas aller contre leur volonté et que personne n'ose prendre position contre eux.»
?Hôtel, Insécurité, Arbitre, Acte Pape Thiaw- Le Président de la Fédé Fait de Grosses Révélations...
? Seneweb pic.twitter.com/3oHN7zFSpc
— Kilifeuu Guii (@KiliFeuu) January 24, 2026
Ce message, répété et martelé, installe une opposition binaire : le Maroc sûr de son pouvoir, le Sénégal en dissidence, confèrant au conflit une dimension politique. Pourtant, ce récit s'effrite dès qu'on entre dans les détails. Le président de la FSF admet lui-même que la plupart des problèmes qu'il dénonce ont été résolus, souvent à sa demande, et parfois dans des conditions qu'il qualifie lui-même d'exceptionnelles.
Il révèle ainsi avoir été reçu par Faouzi Lekjaa, président de la FRMF, dans son bureau au ministère des Finances. Il affirme que toutes ses exigences ont été satisfaites : renforcement du dispositif sécuritaire, terrain d'entraînement alternatif, billets en loges VIP et même en loge royale (sic). Difficile, dans ces conditions, de soutenir l'idée d'un Maroc sourd aux revendications sénégalaises ou d'une CAF entièrement inféodée à Rabat.
Sécurité : une version contredite par les images
L'un des axes centraux du discours de Fall concerne l'arrivée de l'équipe sénégalaise à Rabat. Il parle de «zéro encadrement, aucune sécurité». Une affirmation factuellement fausse.
?? Les supporters des Lions sont venus accueillir leur équipe à la gare de Rabat Agdal.#CAN2025 #AFCON2025 #SENMAR pic.twitter.com/QO1QCCpT1o
— Brut Afrique (@BrutAfrique) January 16, 2026
Des images largement diffusées montrent au contraire la présence de plusieurs véhicules de police et de deux camionnettes escortant l'autocar sénégalais depuis la gare de Rabat-Agdal. Pour rappel, cette version a été debunkée par Yabiladi, en publiant le communiqué de la FSF qui a contribué au mini-chaos observé ce jour-là, en précisant l'heure exacte de l'arrivée du TGV afin d'être accueillit par un maximum de supporters sénégalais.
CAN : La Fédération sénégalaise se plaint du chaos de ses supporters qu'elle avait elle même invités
Hôtel inadapté, choix assumé
Autre aveu notable : l'hôtel réservé par la FSF pour deux nuits à Rabat ne convenait pas. Trop central, trop bruyant. «Une équipe qui a la trempe du Sénégal ne va pas y loger», affirme Fall avec suffisance au sujet d'un hôtel 4 étoiles homologué par la CAF et où ont logé plusieurs équipes de passage à Rabat.
Ce détail est crucial. Il démontre que le choix initial relevait bien de la fédération sénégalaise qui a eu le choix entre plusieurs hôtels proposés par la CAF. Pourtant, la responsabilité est aussitôt déplacée vers le Maroc, comme si l'erreur logistique devait nécessairement trouver un coupable extérieur.
Même logique concernant le terrain d'entraînement. Fall reconnaît que le complexe Mohammed VI est «ultra moderne». Mais il explique l'avoir refusé non pour des raisons techniques, mais par crainte d'être «à découvert», visible par les Marocains. Un choix stratégique, assumé, que Faouzi Lekjaa accepte sans résistance en validant le nouveau choix de terrain. Encore un détail logistique né du changement de dernière minute de la fédération sénégalaise qui même après avoir trouvé une issue heureuse est monté en épingle une semaine après la finale.
Arbitrage : du soupçon au complot
Le seul point sur lequel Fall affirme être resté «impuissant» concerne le choix de l'arbitre. Le discours glisse alors du reproche procédural à une forme de complotisme assumé. Il pointe un retard dans la désignation qu'il présente comme une manœuvre délibérée visant à empêcher toute récusation dans les délais réglementaires.
Aucune preuve n'est avancée. Mais la conviction est assénée comme une certitude. La lettre de protestation, préparée avant même la finale et envoyée pendant le match, s'inscrit dans cette logique de défi permanent, où la contestation devient un outil de pression plus qu'un recours réglementaire.
Responsabilité de la FSF assumée dans le retrait décidé par Pape Thiaw
Sur l'incident majeur de la finale, Abdoulaye Fall fait un pas que beaucoup auraient évité : il assume la responsabilité institutionnelle de l'acte posé par le sélectionneur Pape Thiaw, annonçant un soutien total. Plus grave encore, il cite des ministres sénégalais qui auraient été alignés avec la stratégie de la FSF, témoignant d'une ingérence politique dans le déroulé du match.
La posture virile et satisfaite du président de la FSF pose une question centrale : la CAF tiendra-t-elle compte de cette reconnaissance de responsabilité dans l'évaluation des sanctions disciplinaires à venir ?
La séquence du communiqué de vendredi, de la menace de ne pas jouer la finale, puis du revirement une fois les exigences satisfaites, éclaire l'ensemble du dispositif. Il s'agit moins d'un conflit sportif que d'une opération de pression, menée publiquement, avec l'opinion sénégalaise comme témoin et levier. Un bras de fer qui est pensé, mis en scène, et instrumentalisé pour redéfinir un rapport de force. Le Maroc, pays organisateur, est ainsi devenu l'adversaire idéal, la CAF le complice, la finale comme terrain de jeu et la coupe comme monnaie d'échange. Pile le Maroc perd, face le Sénégal gagne.


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