À quelques heures de la finale de la CAN opposant le Maroc au Sénégal, une controverse a éclaté alors que la Fédération sénégalaise de football critique les conditions de sécurité à la gare Rabat-Agdal, malgré un accueil festif et sans incident notable. Cependant, la divulgation préalable par la FSF des détails de l'arrivée de sa délégation, incitant un rassemblement massif de supporters, jette le doute sur la cohérence de ces plaintes. DR ‹ › À quelques heures de la finale de la CAN entre le Maroc et le Sénégal, une controverse s'est invitée dans le débat public, déplaçant le regard du terrain vers les coulisses de l'organisation. En cause : un communiqué de la Fédération sénégalaise de football (FSF) dénonçant les conditions de sécurité entourant l'arrivée de sa sélection à la gare TGV de Rabat-Agdal, vendredi, après un déplacement depuis Tanger. ?? Les supporters des Lions sont venus accueillir leur équipe à la gare de Rabat Agdal.#CAN2025 #AFCON2025 #SENMAR pic.twitter.com/QO1QCCpT1o — Brut Afrique (@BrutAfrique) January 16, 2026 Les images diffusées sur les réseaux sociaux montrent un dispositif policier, visiblement débordé par un afflux massif de supporters sénégalais. Aucun incident n'est toutefois signalé. Au contraire, l'accueil se voulait festif, avec notamment une troupe marocaine mobilisée pour instaurer une ambiance conviviale au milieu des supporters sénégalais. D'ailleurs, plusieurs sélections ont voyagé en TGV pendant la CAN sans souci particuliers. Le Maroc l'avait fait il y a quelques mois sans une armada de policiers. ? Départ de l'équipe nationale pour Tanger ?? pic.twitter.com/eyccmz82rg — Ar ?? (@Maroc12s) November 13, 2025 A l'origine, un communiqué de la féderation sénégalaise Alors pourquoi ce communiqué de presse alignant les reproches ? Un élément clé est soigneusement absent du récit de la FSF. Quelques heures avant l'arrivée du train, la fédération avait publié sur son compte officiel l'heure exacte et le lieu précis de l'arrivée de la délégation sénégalaise à Rabat-Agdal. Une information logistique sensible, rendue publique, qui a mécaniquement provoqué le rassemblement de plusieurs centaines de supporters à l'intérieur comme à l'extérieur de la gare. Bizarrement, ce communiqué a depuis disparu du compte «X» de la fédération, mais reste consultable sur son site officiel. Cette omission fragilise la cohérence de la plainte sénégalaise. D'autant que, quelques heures auparavant, la sélection avait assisté à la prière du vendredi dans une mosquée à Tanger, en s'offrant un bain de foule à la sortie sans dispositif sécuritaire massif. Communiqué FSF : Préoccupations relatives à l'organisation de la finale de la Coupe d'Afrique des Nations 2025 ? pic.twitter.com/dLvIUgUPqY — Equipe du Sénégal (@GaindeYi) January 16, 2026 Un bain de foule provoqué devenu une menace sécuritaire fomentée ? Interrogé ce matin en conférence de presse, le sélectionneur sénégalais a exprimé sa colère. Evoquant une situation «anormale», il a affirmé que les joueurs avaient été mis «en danger» à la gare et que «tout aurait pu se passer». Il a inscrit cet épisode dans un registre plus large, celui de l'image de l'Afrique et de la crédibilité de la CAN, rappelant les débats récurrents sur la reconnaissance internationale de la compétition. Un discours solennel, mais qui continue d'éluder le déclencheur premier de la situation : l'appel public, non coordonné, lancé par sa propre fédération. Selon les différentes vidéos consultées, le dispositif sécuritaire comprenait plusieurs véhicules de police et des agents avait organisé un corridor pour laisser passer la délégation sénégalaise avant d'être dépassés par les mouvements de foule. cependant, aucun incident, aucun trouble à l'ordre public, aucune atteinte à l'intégrité de la délégation n'a été relevé, selon les informations de Yabiladi. Un chapelet de reproches en direction de la CAF et du Maroc Sur le plan logistique, les autres griefs avancés par la FSF peinent également à convaincre. L'hébergement à Rabat ? Deux hôtels étaient proposés, comme pour toutes les sélections ; le Sénégal a librement choisi l'Amphitrite Palace de Skhirat (à une vingtaine de kilomètres de Rabat) au lieu de l'hôtel Rihab (4 étoiles) au centre de la capitale. S'agissant des entraînements, le Complexe Mohammed VI était prévu, mais la FSF a réclamé un autre terrain pour rester loin du regard du staff marocain qui s'entraine là bas, à l'instar de nombreuses sélections pendant la CAN. La fédération sénégalaise a préféré le terrain annexe du Complexe Moulay Abdellah, qui lui a été attribué par la suite. Enfin la polémique des billets qui touche pour la première fois les supporters sénégalais alors que les Marocains s'en plaignent depuis le premier match, tellement la demande a explosé l'offre disponible. La FSF avoue qu'elle a obtenu environ 3000 tickets de différentes catégories (1, 2, 3 et VIP et VVIP). Selon nos informations auprès de la CAF, le quota réglementaire de 5 % a bien été accordé. Pour le reste, les tickets ont été tous vendus en ligne en un éclair il y a déjà deux mois. Au final, la polémique se résume à une situation pour le moins paradoxale : une fédération qui se plaint de voir ses joueurs encerclés par ses propres supporters, attroupés à la suite d'un communiqué émanant… de cette même fédération. Plus troublant encore, le choix d'exposer publiquement un sujet sécuritaire aussi sensible, sans concertation préalable avec les autorités marocaines ni recours aux canaux diplomatiques habituels, interroge sur l'objectif réel de cette sortie médiatique. Précipitation ou volonté de déporter une partie de la pression sportive, médiatique et du public frustré de ne pas avoir obtenu de tickets ? Dernière minute : Le Sénégal exprime sa satisfaction et ferme la polémique Article modifié le 17/01/2026 à 17h13