DR ‹ › La justice espagnole a dû recourir à une mesure exceptionnelle pour faire appliquer un jugement définitif à l'encontre du consulat marocain à Murcie. Ce dernier s'était en effet refusé à se conformer à une décision judiciaire concernant des accusations de harcèlement sexuel, professionnel et psychologique portées par une ancienne employée. D'après les médias espagnols, cette affaire est inédite, car elle vise directement l'Etat marocain, en passant par le compte bancaire de son consulat à Murcie. Cette action intervient après plusieurs mois de non-respect du jugement, une attitude que la défense de l'employée qualifie de «résistance ouverte à l'autorité des tribunaux». La plaignante accuse l'ancien consul marocain de harcèlement, déclarant : «C'est un prédateur. Il m'a donné un contrat en disant qu'il s'ajusterait parfaitement à ma poitrine.» Le Tribunal social n°1 de Murcie a rendu un jugement définitif annulant le licenciement de la victime. Il a conclu que ce licenciement résultait d'un traitement «irrespectueux et dégradant», et que la direction du consulat avait intentionnellement cherché à dégrader les conditions de travail de l'employée en raison de son refus de céder à des demandes et comportements inappropriés. Face à cette situation, le tribunal a opté pour la saisie comme ultime recours pour faire exécuter le jugement. Fin octobre, il a ordonné la saisie du compte courant du consulat, sur lequel était versé le salaire de l'employée avant son licenciement. La décision prévoit la saisie électronique de 57 413,33 euros, ainsi que 7 330,70 euros pour les intérêts et frais. L'avocat de l'employée, Joaquín Dolera, souligne que le consulat a épuisé toutes les voies de recours sans s'acquitter des montants légalement dus, contraignant ainsi le tribunal à passer à une exécution forcée. Il affirme que les mécanismes judiciaires s'appliquent à tout employeur qui refuse de respecter un jugement définitif, sans exception, même s'il s'agit d'une représentation consulaire étrangère.