Le dernier conseil d'administration de l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger (AEFE) a montré que cette dernière n'était pas déficitaire. Le motif financier est pourtant avancé dans la réforme annoncée en décembre dernier, avec un impact sur les coûts de scolarité. Député des Français établis hors de France et membre du conseil administratif de l'instance, Karim Bencheikh a demandé la suspension des mesures. DR ‹ › Député des Français établis hors de France et membre du conseil d'administration de l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger (AEFE), Karim Bencheikh a demandé la suspension des mesures annoncées en décembre 2025, qui impliquent une réforme impactant les frais de scolarité pour les parents d'élèves. Dans un communiqué publié le 12 mars, l'élu estime que cette démarche est «préalable à tout débat sincère sur la réforme de l'enseignement français à l'étranger». Cette revendication fait suite au conseil d'administration tenu la veille et marqué par un examen du bilan financier de l'AEFE, pour l'année 2025. «Celui-ci fait apparaître un excédent de 3 millions d'euros», en contraste avec «les prévisions alarmistes» antérieures, fait savoir Karim Bencheikh. Le 18 décembre, l'administration a en effet fait état d'un «déficit de 59 millions d'euros pour justifier l'adoption dans l'urgence de mesures financières lourdes pour le réseau», dont le «transfert vers les établissements de charges jusque-là assumées par l'Agence», indique le député. Ce dernier rappelle également que ces décisions ont été adoptées «contre l'avis des parlementaires, des représentants des parents d'élèves et des personnels siégeant au conseil d'administration». Etant donné que les nouvelles informations «changent profondément la donne», Karim Bencheikh a demandé une «suspension immédiate» des mesures décriées. Selon lui, celles-ci «ne peuvent être maintenues sur la base de prévisions budgétaires qui ne se vérifient pas». Par la même occasion, le député a informé que le Premier ministre français avait confié à la parlementaire de la majorité Samantha Cazebonne «une mission de réflexion sur l'avenir de l'AEFE». Pour une réforme «dans un cadre de confiance et dans le respect des règles du dialogue démocratique», il a encore insisté sur la suspension des mesures antérieures. Maroc : Une réforme de l'AEFE et des tensions parmi les parents d'élèves L'initiative de Karim Bencheikh intervient également quelques jours après une nouvelle action des associations des parents d'élèves (APE) dans les écoles relevant de l'AEFE au Maroc. Le 9 mars dernier, quatre organisations ont réagi à l'augmentation annoncée de 7% sur les frais de scolarité à partir de l'année prochaine, pour le pôle de Rabat-Kénitra. Depuis le Maroc, les parents d'élèves préparent une action en justice Dans un communiqué, les signataires affirment s'être tournés vers un avocat inscrit au barreau en France, en vue de «préparer les éléments constitutifs du dossier de recours en fond auprès du Tribunal administratif compétent». Il s'agira de rédiger une «requête introductive d'instance, des éventuels mémoires de réplique», en plus de se préparer à de «potentielles audiences de plaidoirie». Dans le même sens, les APE ont annoncé avoir adressé au ministre de l'Europe et des Affaires étrangères «une demande de réexamen en vue de l'annulation de la Décision n° 1/RABAT/2026 du 19 février 2026», relative à l'augmentation. Les associations pointent une mesure qui, selon elles, ne comportent «aucun élément permettant d'identifier les critères retenus pour l'application des principes fixés par le Conseil d'administration, ni d'apprécier concrètement la manière dont la situation locale a été prise en considération». Ecoles AEFE : Les parents d'élèves à Rabat-Kénitra font «classe morte» Par ailleurs, les APE reprochent à cette décision de ne pas tenir compte des «propositions budgétaires et des solutions financières formulées par les représentants élus des parents», favorables à «contenir le pourcentage d'augmentation annoncé». En février dernier, le chef du pôle Rabat-Kénitra des écoles relevant de l'AEFE, François Cuilhé, a quant à lui fait état d'«un effort financier» pour les optimisations opérées par l'institution sur les dépenses. Cette décision a fait suite notamment aux conclusions du conseil d'administration de l'AEFE de décembre 2025, concernant le transfert des charges du personnel détaché vers les établissements. Une opération qui se traduit par une augmentation des frais de scolarité, afin de couvrir 35% des pensions civiles des personnels détachés par la France pour l'année scolaire 2026-2027, puis 50% en 2027-2028.