Dans le sillage des annonces budgétaires qui concernent l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger (AEFE) depuis décembre 2025, les parents d'élèves au Maroc déplorent le transfert des charges du personnel détaché, qui a engendré des hausses inédites des frais de scolarité. Les familles devraient verser jusqu'à 10 000 DH supplémentaires par an. DR ‹ › Chez les parents d'élèves dans les écoles relevant de l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger (AEFE), la consternation est générale, face aux pressions financières sur leurs ménages. En décembre 2025, le conseil d'administration de l'instance a décidé du transfert des charges du personnel détaché vers les établissements, ce qui se traduit par une augmentation des frais de scolarité. Ces mesures devraient notamment couvrir 35% des pensions civiles des personnels détachés par la France pour l'année scolaire 2026-2027, puis à 50% en 2027-2028. Au Maroc, les familles devraient ainsi compter près de 10 000 dirhams supplémentaires par an et par apprenant. Les associations de parents d'élèves des écoles relevant de l'AEFE dans le pays rejettent ces mesures, considérant notamment que les pensions civiles sont une retraite à la charge structurelle de l'Etat français et non des familles. Un prix du désengagement de l'Etat Contacté par Yabiladi, Moulay Driss El Alaoui, président national de l'Union des conseils de parents d'élèves (UCPE), souligne en effet que les établissements en gestion directe, constituent une «continuité du service public de l'enseignement» français à l'étranger. Dans ce sens, Moulay Driss El Alaoui estime qu'en imposant autant de frais aux familles, dans un pays qui compte «l'un des réseaux les plus importants en nombre d'effectif des élèves dans les écoles relevant des AEFE», ces établissements pousseraient vers la «création d'une élite financière au sein de laquelle la mixité n'aura plus de place». Selon lui, cette orientation pose également la question de l'accès à «la qualité de l'enseignement» qui doit suivre. À ce stade, le président national de l'UCPE estime que la mobilisation des parents d'élèves a poussé à remettre en avant la question de l'équité dans l'accès à l'enseignement et le dialogue autour de ces questions. Pour autant, les inquiétudes demeurent sur cette hausse et sur la possibilité ou non d'alléger les familles moyennes, outres la dimension du «multiculturalisme et de la double culture», qui est l'un des points forts de ces écoles mais qui se retrouve interrogée. Une mission d'information désignée par le Sénat Moulay Driss El Alaoui souligne également que «les parents d'élèves des écoles relevant de l'AEFE financent cet enseignement». Pour lui, «ils sont donc partie prenante dans son rayonnement à travers le monde». Il estime ainsi nécessaire que leur représentativité «soit accrue, afin de leur permettre de participer encore plus activement aux concertations et de défendre les intérêts des élèves et des familles au Maroc et ailleurs». «La réforme de l'AEFE ne doit pas se faire uniquement au détriment des familles qui restent la seule variable d'ajustement. Dans un esprit d'équité, tous les acteurs doivent prendre leur responsabilité et y participer finacièrement. En particulier, la prise en charge du personnel détaché doit revenir à la responsabilité de l'Etat français, avec le maintien des statuts EGD.» Moulay Driss El Alaoui En France et dans le contexte de ces contestations, le Sénat a désigné une mission d'information, au moment où les familles assistent à des arbitrages budgétaires sans y être pleinement associées. Il sera question de diagnostiquer le réseau de l'AEFE en faveur d'une réforme juste et équitable, par les sénateurs Yan Chantrel et Mathilde Ollivier, issus de Français du Monde-ADFE (Association démocratique des français à l'étranger).