Comme dans les autres pays qui abritent des écoles françaises, la réforme de l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger (AEFE) fait parler parmi les parents des élèves dans les établissements au Maroc. Un contexte dans lequel reviennent les interrogations sur la qualité de l'enseignement et les budgets globaux alloués à certains chantiers. DR ‹ › Dans les pôles régionaux des établissements relevant de l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger (AEFE) au Maroc, l'instauration des frais annuels supplémentaires à ceux de la scolarité dans les Ecoles en gestion directe (EGD) n'aura pas lieu. Contactées par Yabiladi, ce lundi, des sources auprès de l'ambassade de France à Rabat en charge des questions scolaires confirment en effet que dans le cadre de la réforme de l'instance, «ce point a fait partie des pistes des concertations initiales : il a été décidé de l'abandonner dans tous les pôles» sur le territoire national «et non pas uniquement à Casablanca ou à Rabat-Kénitra». Ces dépenses supplémentaires signifient une hausse importante des frais de scolarité pour les familles. Mises en avant à l'issue du conseil d'administration de l'AEFE, en décembre 2025, elles ne s'appliqueront finalement pas aux écoles EGD au Maroc. Mais une autre mesure prise dans le même cadre reste maintenue, à savoir le transfert des charges du personnel détaché vers les établissements. Il est ainsi question de permettre la couverture de 35% des pensions civiles des personnels détachés par la France pour l'année scolaire 2026-2027, puis 50% en 2027-2028, ce qui constitue également une charge supplémentaire pour les tuteurs des inscrits. Parmi les représentants des familles des apprenants, l'Union des conseils de parents d'élèves (UCPE) a précédemment exprimé son rejet de cette décision. Pour l'instance, les pensions civiles sont censées être une retraite à la charge structurelle de l'Etat français, l'enseignement étant un service public. «Certains représentants de parents disent qu'ils payeraient les cotisations des enseignants à la place de l'Etat, mais cette affirmation est erronée. Le statut des écoles EGD est différent de celui des Etablissements publics locaux d'enseignement (EPLE), lesquels sont effectivement un service public», ajoute la même source auprès de notre rédaction. Ecoles AEFE : Au Maroc, les frais de scolarité prennent les parents au dépourvu «Contrairement aux EPLE, les écoles EGD relevant de l'AEFE au Maroc sont considérées comme privées, subventionnées par l'Etat français. Dans le cadre de la réforme de l'Agence, il est donc demandé de cotiser au prorata du temps de travail pour contribuer au financement de la part patronale», nous déclare la source. Autrement dit, les écoled EGD sont des composantes de l'AEFE dépendant directement du ministère français des Affaires étrangères, faisant partie de l'enseignement non-étatique dans le royaume. «De cette façon, les parents soutiennent financièrement une partie de la scolarité de leurs enfants, mais pas le coût réel de chaque élève en EDG, qui lui est pris en charge par l'Etat à hauteur de 33%, quelle que soit la nationalité de l'apprenant, puisqu'il en va du rayonnement de l'enseignement français et de faire que les établissements en EGD restent plus accessibles que d'autres internationaux.» Un contexte d'austérité en France En termes de ressources humains, le personnel des EPLE est ainsi composé principalement de fonctionnaires de l'Etat rattachés au ministère français de l'Education nationale, tandis que les EGD agissent sous le régime de l'AEFE à l'étranger. Contactée par Yabiladi ce lundi pour réagir également à ces questions, l'UCPE n'a pas fait suite à nos sollicitations. Pour sa part, notre source auprès de l'ambassade de France souligne que les réactions des parents au Maroc interviennent dans un contexte global où la réforme de l'AEFE s'étend à l'ensemble des établissements français à travers le monde, en alignement avec une situation budgétaire d'austérité en France, avec un impact sur de nombreux secteurs ainsi que le service public. «Cela se traduit par une réduction du nombre de posts et un effort de rationalisation demandé par le gouvernement», nous déclare-t-on. «Actuellement un dialogue doit s'engager avec les parents, notamment sur les budgets globaux et pour une meilleure visibilité des mesures en œuvre d'ici 2028. L'austérité concerne les AEFE dans le monde entier», ajoute-t-on, en insistant sur l'impératif de concilier entee ces contraintes et la qualité de l'enseignement.