Les déclarations de Nabila Mounib suggérant une origine non naturelle du séisme d'Al Haouz relancent une mécanique désormais bien connue : celle d'hypothèses spectaculaires, mais dénuées de fondement scientifique. L'origine du séisme est pourtant solidement établie par la communauté scientifique. Alors pourquoi la Secrétaire générale du Parti socialiste unifié relance la polémique en semant le doute plus de deux ans après et à quelques mois des élections législatives ? DR ‹ › Le tremblement de terre, d'une magnitude de 6,8, s'est produit dans une zone bien identifiée entre Marrakech et Taroudant. Contrairement à certaines régions du globe situées à la frontière directe de plaques tectoniques, le Haut Atlas appartient à une chaîne dite intracontinentale. Mais cela ne signifie pas qu'elle est inactive. NURSE SHE'S OUT AGAIN pic.twitter.com/td1I9Hsy4F — Amine (@ventughsome) April 12, 2026 Les géologues décrivent un mécanisme classique : • Le rapprochement entre l'Afrique et l'Europe exerce une pression continue sur la croûte terrestre. • Cette contrainte réactive d'anciennes failles formées il y a des centaines de millions d'années. • Le séisme résulte de la rupture brutale de l'une de ces structures profondes. Les analyses indiquent une rupture située entre 20 et 30 kilomètres de profondeur, avec un mouvement principalement vertical, signature typique d'une faille compressive. Une signature sismique sans équivoque Les données enregistrées par les réseaux sismologiques ne laissent aucune place à l'interprétation. Les spécialistes observent des ondes sismiques caractéristiques d'une rupture tectonique, une organisation cohérente des répliques, une géométrie de faille compatible avec le contexte géologique régional. Ces éléments constituent une sorte «d'empreinte digitale» du séisme. Et celle-ci correspond, sans ambiguïté, à un phénomène naturel. À l'inverse, une explosion, qu'elle soit militaire ou expérimentale (certains ont même cité de manière incongrue le projet HAARP), produit des signaux très différents, immédiatement identifiables par les instruments à la disposition de l'Institut national de géophysique. Au-delà des observations, les lois de la physique suffisent à écarter l'idée d'un tremblement de terre déclenché artificiellement. Un séisme de magnitude 6,8 libère une énergie équivalente à plusieurs dizaines de bombes nucléaires. Une telle puissance ne peut être générée ni contrôlée par les technologies actuelles, encore moins à une profondeur de plusieurs dizaines de kilomètres, ni sur une faille longue de plusieurs dizaines de kilomètres. Autrement dit, il ne s'agit pas seulement d'une hypothèse non prouvée, mais d'une hypothèse physiquement irréaliste. Nabila Mounib, le coronavirus et la science-fiction de gauche [Edito] La thèse de Nabila Mounib s'inscrit dans une tendance plus large, déjà observée lors de la pandémie de Covid-19 : la remise en cause des explications scientifiques au profit de scénarios alternatifs parfois hollywoodiens. Dans le cas d'un séisme, phénomène brutal et meurtrier, la tentation est forte de chercher une cause intentionnelle. Elle donne l'illusion d'un sens là où il n'y a qu'un mécanisme naturel, néanmoins dramatique.