Ceuta et Melilla : Le parti séparatiste rifain défend la «souveraineté de l'Espagne»    Le Chef du Gouvernement en visite au Caire pour renforcer le partenariat Maroc–Egypte    Réforme des retraites: le gouvernement accepte la demande de report des syndicats    Yassine Gessime et Samir El Mourabet : Les deux Lions d'Alsace    Marathon des Sables: Mohamed El Morabity et Maryline Nakache remportent la 1e étape    UNAF U17: Le Maroc sacré champion    Grand Prix Hassan II: A 19 ans, l'Espagnol Rafael Jódar la 40e édition    Larache: caravane médicale organisée par la MGPAP    Khénifra : un forum pour guider les élèves vers des choix post-bac    Akhannouch : «Le gouvernement a achevé le programme de réhabilitation de 1.400 centres de santé»    Mohamed Ihattaren : entre ambition, progression et rêve de Feyenoord    Les tensions autour du détroit d'Ormuz persistent au 37e jour de la guerre au Moyen-Orient    Trump menace de faire vivre l'enfer à l'Iran s'il ne rouvre pas le détroit d'Ormuz    Marathon des Sables opens with intense 35.1 km stage as El Morabity brothers lead    CasablancaRun: Près de 8.000 participants à la 5è édition    Maroc – Egypte : Relance de la commission mixte sur fond de tensions persistantes    inwiDAYS 2026. L'IA comme nouveau moteur de l'innovation    Le tourisme marocain face aux incertitudes internationales    Tinduf: Las minorías tribales protestan, la mayoría cercana a Argelia guarda silencio    ¿Y si Mozart, Beethoven y Vivaldi fueran marroquíes?    Casablanca : Le consulat des Etats-Unis déménage à Casa Finance City    Déchets industriels : une manne de milliards dans le viseur des douanes    Tindouf : Les minorités tribales protestent, la majorité proche de l'Algérie observe le silence    Décès de l'ancien ambassadeur marocain Aziz Mekouar    Strasbourg : Samir El Mourabet claque un but exceptionnel et confirme    Le temps qu'il fera ce dimanche 5 avril 2026    US Consulate in Casablanca moves to new compound in Casa Finance City    Guterres appelle à intensifier la lutte contre les mines antipersonnel    Le Roi Mohammed VI félicite le président sénégalais à l'occasion de la fête d'indépendance de son pays    RNI: «La Voie de l'Avenir» en mode féminin    Agadir : Un professeur de l'Université Ibn Zohr condamné pour vente de masters    Le Polisario gêné par la visite d'une délégation de l'ONU à Tindouf    Un chantier sanitaire sans précédent au Maroc : la réhabilitation de 1 400 établissements de soins primaires redessine la carte de l'offre et rapproche les services de plus de 20 millions de citoyens    Position extérieure globale du Maroc : les derniers chiffres    Ouarzazate: aménagements et rénovations à Ksar d'Ait Benhaddou    Maroc : les industriels optimistes pour les trois prochains mois    BMCE Capital accélère sur l'IA avec CAP'AI Reverse by BK    La 21e édition du festival international des nomades s'ouvre à M'Hamid El Ghizlane    Radisson Pursuit : une course immersive au Maroc pour une cause solidaire    Iran. Deux nouvelles exécutions d'opposants aux mollahs    Epic Fury. Les Américains ont récupéré les deux membres d'équipage de l'avion abattu    Marrakech : le théâtre universitaire fait sa rentrée des consciences    Art.ibat : la Cité internationale des arts ouvre ses portes aux artistes marocains    Orchestre symphonique du Maroc : un concert pour l'éternité    Conseil des ministres arabes de l'Intérieur : le Maroc réaffirme son soutien aux pays arabes    Mode au Bénin : 5 créateurs qui redéfinissent le luxe    Maroc : Bob Maghrib revient sur scène tambour battant    Musique : Sylent Nqo en duo inédit avec Mann Friday    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Crédits carbone: Comment le Maroc a raté l'occasion d'en profiter
Publié dans Yabiladi le 16 - 09 - 2013

Il a fait ses années de gloire, a fait rêver la planète par son modèle qui allie finance et protection de l'environnement, a enrichi les pays qui ont senti le filon comme la Chine, l'Inde ou le Brésil...mais actuellement, il s'achemine vers une fin qui a l'allure d'un échec.
Depuis 2008, le Mécanisme de Développement Propre crédits carbone, grande trouvaille du protocole de Kyoto, s'embourbe dans un crash financier qui a fait chuter les cours de 30 euros au tout début de ce mécanisme en 2005 à 0,5 centimes en juillet dernier!
En 2005, un marché de carbone a été instauré pour contenir les émissions à effet de serre. Les crédits Carbone permettent aux industries des pays développés de continuer leurs activités polluantes pourvu qu'un projet dans les pays du Sud pose simultanément des actions dites propres. En gros, les industries du Nord achètent des permis de polluer. C'est un mécanisme de compensation qui repose sur les mêmes standards de la finance capitaliste, c'est-à-dire une bourse mondiale, des quotas d'utilisation comme les portefeuilles d'actions, des commissions...
Or, depuis la crise de 2009, toute la gymnastique montée autour de ce système est en souffrance. Les fonds de financement sont presque à l'arrêt. «Gagner de l'argent propre avec de l'air pollué», expression consacrée par les Marketeurs du carbone, n'est plus qu'une chimère. A cause de la chute des cours, les quotas en circulation sont trop nombreux par rapport aux émissions de CO2 à compenser.
Les pays du Sud gardent leurs crédits bien au chaud en espérant que le marché se relèvera pour les vendre, mais va t-il se redresser un jour? D'autant que les résultats de ce mécanisme sont de plus en plus contestés. Les crédits carbone n'ont pas atteint leurs objectifs de réduction de gaz à effet de serre. En plus, le mal a été aggravé par les scandales financiers qui ont éclaté autour de la bourse du carbone: des boursicoteurs peu scrupuleux ont amassé des fortunes en manipulant les cours.
Même la viabilité du système est menacée comme cela ressort des reportages sur les effets pernicieux des projets Carbone dans les pays émergents. Le dernier «La ruée vers le Carbone», réalisé par la journaliste Amy Miller et projeté sur TV5 Monde le 3 septembre dernier, nous a emmenés autour du monde rencontrer les gens qui subissent les effets pernicieux de ces projets. On y découvre comment ces projets estampillés MDP (Mécanisme de Développement Propre) ont abouti à des assassinats, à l'appauvrissement de la population et ont mis le doigt sur le fait que le système du carbone n'a fait qu'enrichir des financiers.
La Maroc dans tout cela? Il est resté fidèle à son image de «petite économie à l'abri des turpitudes mondiales». Les crédits Carbone au Maroc, c'est l'histoire d'une opportunité ratée par manque d'anticipation et de ressources humaines qualifiées.
Car si des pays émergents ont pu sauter sur «l'or vert» en 2005 et en ont tiré de sacrés profits, le Maroc a atterri dans le domaine du carbone presque sans conviction.
Selon le tableau détaillé des projets de crédits carbone transmis par le Ministère de l'Environnement, en tout et pour tout, 7 projets marocains ont été enregistrés auprès des Nations Unis dont 2 ont généré des crédits: Un dans la biomasse et l'autre dans l'éolien. Le principal, celui de l'ONE, concerne l'éolien. Il a été monté par le Fonds Capital Carbone Maroc FCCM de CDG Capital en octobre 2010 en syndication avec ORBEO et le Fonds Post 2012 Carbon Credit Fund. Un contrat d'achat d'environ 2 millions de tonnes sur la période 2011-2018, relatif au projet éolien de Tanger de 140MW de l'ONE.
Depuis, le Fonds de la CDG, qui était voué à un bel avenir, est dans l'attentisme à cause de la chute des cours dans le monde.
Il est désolant de voir s'illustrer dans ce dossier des crédits carbone encore une fois ce handicap marocain qui consiste à réaliser des projets d'envergure sans y consacrer les ressources humaines adéquates. Comme l'indiquent nos sources, si le programme Carbone a capoté au Maroc, c'est bien à cause du manque terrible de compétences managériales pouvant piloter ces opérations techniques et fastidieuses d'enregistrement auprès des Nations Unis, les contrôles, les montages financiers, le suivi...S'y ajoute, la déconnexion entre les acteurs publics et privés et même entre les acteurs publics eux-mêmes. Car comment comprendre qu'il n'y ait pas une collaboration étroite entre le département de l'Environnement et le ministère des Affaires Etrangères dans le suivi des mécanismes du protocole de Kyoto? Pourquoi le Maroc n'a pas pu profiter de son associé naturel l'UE, le plus grand marché carbone au monde, pour s'adjuger les meilleurs marchés?
En 2005, le Maroc aurait pu jouer dans la Cour des grands comme les autres pays du Sud. L'ironie de l'histoire a fait qu'il commence à peine à consolider ses projets Mdpables: l'énergie solaire avec Masen, l'éolienne avec Nareva, le projet des décharges contrôlées, sans parler des nombreux projets verts dans l'agriculture un peu partout au Maroc.
Maintenant qu'il y a des projets à vendre, il est malheureusement trop tard d'entrer dans l'arène des crédits carbone dans leur formule actuelle. La planète est embarquée dans de nouvelles discussions sur des programmes futurs. Mais rien n'est encore gagné.
Visiter le site de l'auteur: http://www.mdd.ma


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.