Sur les traces de l'USFP, l'Istiqlal courtise les MRE. Il vient de leur offrir 60 sièges à la Chambre basse du parlement. Une proposition destinée à la consommation médiatique, sachant que sur la question du vote politique des MRE, le PI et le parti de la Rose n'auront pas le dernier mot. Explications. Sur la participation des MRE aux prochaines législatives, l'USFP et l'Istiqlal se livrent à la surenchère. Il y a plus d'un mois, le groupe socialiste à la Chambre des représentants a présenté une proposition de loi visant à accorder à la communauté marocaine installée à l'étranger 30 sièges. Et voilà que les Istiqlaliens placent la barre plus haut que leurs alliés au sein de l'opposition. Ils comptent offrir le double de sièges. Quatre circonscriptions pour les MRE Un quota que les fidèles de Hamid Chabat estiment approprié au nombre des MRE. Le découpage électoral des soixante sièges est réparti comme suivant : 42 pour la zone européenne, 9 à l'Afrique, 6 au continent américain et 3 à l'Asie, spécialement les pays du Golfe. Le mode électoral, serait selon le texte des Istiqlaliens, le scrutin de liste avec représentation proportionnelle à la plus forte moyenne. C'est le même mode en vigueur au Maroc, depuis les législatives de septembre 2002. Une initiative pour la consommation interne Bien que cette proposition, au même titre que celle de l'USFP, soit en phase avec l'article 17 de la constitution, lequel stipule que les «Marocains résidant à l'étranger jouissent des droits de pleine citoyenneté, y compris le droit d'être électeurs et éligibles», il est fort improbable que la question du vote des MRE aux prochaines législatives soit résolue d'ici 2016. Et pour cause, plusieurs considérations sont en jeu dont l'addition ne ferait que renvoyer à une date ultérieure cette échéance. La plus importante d'entre elle est la crainte d'un raz-de-marée islamiste. Un résultat qui ne serait pas en faveur des MRE, notamment ceux vivant en Europe. Un ralliement massif aux listes du PJD donnerait en effet, davantage d'arguments aux milieux islamophobes. En revanche au Maroc, les effets d'un tel résultat seraient surtout symobolique. Si le nombre de députés PJD augmenterait sensiblement, le mode électoral et la multitude des partis conduiront invariablement à la formation d'une coalition pour obtenir une majorité. modérés. La nouvelle proposition de l'Istiqlal intervient trois jours après la tournée effectuée par Hamid Chabat en France.