Enquête TALIS 2024 : l'autonomie des enseignants reste limitée    Education : le Maroc résiste au décrochage, à rebours de la tendance mondiale    Bourita: Pour le Maroc, la Cisjordanie et sa stabilité sont des prérequis pour la réussite de tout processus concernant Gaza    Soutien tchèque à Rabat : l'autonomie seule voie réaliste de règlement    Aide aux transporteurs: Près de 68.000 demandes enregistrées    The Kingdom of Morocco and the Czech Republic affirmed on Thursday in Rabat their strong shared commitment to elevating their bilateral ties to a strategic level, building on a momentum deemed « unprecedented » by both parties.    Tourisme : Plus de 1,3 million d'arrivées (+3%) en janvier 2026    La Bourse de Casablanca finit en territoire négatif    Taux directeur : une pause plutôt qu'un tournant ?    Papier hygiénique : Le turc Eczacıbaşı cède Sanipak au fonds Arch Peninsula pour 600 millions de dollars    Ministère public: Un plan stratégique 2026-2028 pour consolider l'indépendance du pouvoir judiciaire    Yaoundé : Le Maroc participe à la 14e conférence ministérielle de l'OMC    Espagne : Une ministre reçoit une délégation du Polisario au sein de son département    La MINURSO sous examen après une visite de responsables onusiens à Laâyoune    Israël : Ziv Agmon démissionne après des propos racistes sur des députés d'origine marocaine    Titres de séjour : En France, élus et ONG alertent sur les failles de la dématérialisation    La FIFA ouvre la dernière phase de vente des billets pour la Coupe du Monde 2026    Maroc – Équateur : tout savoir sur la première de Mohamed Ouahbi    La Fédération Marocaine de Football renforce ses rangs avec des talents de la diaspora pour la Coupe du Monde 2026    Sénégal–TAS–Maroc : le droit pour clore une parenthèse toxique [Edito]    Vidéo. Le Škoda Titan Desert Morocco 2026 se tiendra du 26 avril au 1er mai    Législatives 2026: Le plafond des dépenses électorales passe à 600.000 DH    IA et données personnelles : la CNDP fixe les règles du jeu    L'ONMT réunit les leaders du tourisme américain pour promouvoir la destination Maroc    Morocco braces for thunderstorms and hail until Friday    Marruecos denuncia los ataques iraníes e insiste en la paz en Palestina    Senegal to file corruption complaint against five individuals over AFCON title    Lions de l'Atlas : Ouahbi face au défi le plus difficile, durer au sommet    Ayyoub Bouaddi, un dossier stratégique freiné par les enjeux du mercato    Football : le Maroc, 15e nation la plus valorisée au monde par Transfermarkt    Conflit afghano-pakistanais: Reprise des hostilités après une trêve de courte durée    Le journal espagnol La Razón : Maroc–Espagne, une alliance sécuritaire exemplaire au service de la stabilité méditerranéenne    IDE : l'Ethiopie séduit les investisseurs    Bourita : Les agendas politiques attisent le racisme envers les Marocains résidant en Espagne    Lutte contre la corruption : le Maroc salué par l'OCDE, malgré des insuffisances    Pourquoi la Namibie dit non à Starlink    Washington. SAR la Princesse Lalla Hasnaa représente le Maroc au sommet de la Coalition mondiale pour les enfants    Escroqueries pyramidales : près de 1.900 victimes au Maroc en deux ans    Bijoux africains : 5 créatrices qui révolutionnent le luxe    Al Omrane : CA en hausse de 9% et 32.613 unités lancées au titre de Daam Sakan    Revue de presse ce jeudi 26 mars 2026    «L'héritage inconnu» : Mohamed Ouachen rend hommage à Fatema Mernissi au théâtre    La belgo-algérienne Nawell Madani rattrapée par la polémique    Design africain : les événements qui vont marquer 2026    Essaouira accueille « La Dolce Vita à Mogador 2026 », vitrine du cinéma italien au Maroc    Subvention de la musique et des arts chorégraphiques: Ouverture des candidatures pour la 1ère session de 2026    CV, c'est vous ! Ep-90. Fadoua Jemoumkh, la social media manager qui rêve grand    «Les Marocains de Norvège», un livre de Jamal Eddine Belarbi sur les récits migratoires    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



L'épisiotomie au Maroc, un mal pour un bien ?
Publié dans Yabiladi le 06 - 08 - 2017

De plus en plus remise en doute par l'Organisation mondiale de la santé, cette intervention semble pourtant avoir encore de beaux jours devant elle. Malgré le scepticisme de nombreux médecins sur son utilité réelle, d'autres continuent de revendiquer sa nécessité. Qu'en est-il au Maroc ?
A la lecture des témoignages de femmes ayant accouché par épisiotomie, qui fleurissent actuellement dans la presse, on ne peut s'empêcher d'écarquiller les yeux. Le champ lexical, effarant il faut bien le dire, donne le ton : «traumatise», «humilie», «subie», «séquelles», «violent», «barbare», «agressif», «mutilée», «déchirure» - on s'arrêtera là.
C'est que ces mères, indignées pour beaucoup, n'y vont pas avec le dos de la cuillère pour décrire une intervention chirurgicale parfois «subie», qui consiste à ouvrir la paroi latérale du vagin sur quelques centimètres - muqueuses, chair et périnée - au moment de l'accouchement afin de laisser passer l'enfant. Rachida (*), sage-femme dans une clinique à Casablanca, s'essaie à une comparaison ludique : «Pendant nos études, on nous apprend que le vagin, c'est comme une montre : on coupe le 5 et le 7, pas le 6 et le 12. On risquerait de toucher l'anus.»
Episiotomie médio-latérale. / Ph. Padawane, Wikipédia DP
Deux cents ans après sa mise au point, au 18e siècle, cette technique fait aujourd'hui débat au sein du corps médical. L'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui préconise d'y aller mollo, distingue quatre catégories de pratiques courantes dans la conduite d'un accouchement. L'épisiotomie se range dans la catégorie D : celle des pratiques fréquemment utilisées à tort.
«L'épisiotomie facilite beaucoup l'accouchement»
En 2010, le taux d'épisiotomie chez les primipares (femmes qui accouchent pour la première fois) en France était de 44,4% (contre 71% en 1998), selon une enquête de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Un chiffre qui atteignait 14,3% pour les femmes multipares. L'OMS, elle, recommande de s'abaisser au seuil des 20%. Il y a vingt ans déjà, l'organisme onusien considérait que le taux de 10% d'épisiotomies devait «être un but à atteindre», rappelle l'hebdomadaire Marianne. «En France depuis 2005, la pratique fréquente de l'épisiotomie n'est pas recommandée, notamment la pratique systématique chez les primipares», écrit d'ailleurs l'Inserm.
Reste que les habitudes sont solidement ancrées. Quand certains médecins, hommes, balayent d'un revers de main des histoires de bonnes femmes, d'autres professionnels de santé revendiquent son utilité. «L'épisiotomie, on en fait quand c'est nécessaire. Quand ça ne l'est pas, on n'en fait pas. Un point c'est tout», tranche sans détours un gynécologue de Casablanca.
Rachida, la sage-femme, abonde volontiers dans ce sens, mais se fait bien moins abrupte. Disons plus médiatrice : «Dans le cas d'un accouchement dystocique (qui présente de sérieuses complications, ndlr), le bébé ne peut pas sortir sans épisiotomie. Il faut bien se le dire. Lorsqu'il est trop gros, ou que sa tête l'est, la paroi du vagin n'est pas assez large pour le laisser passer. Il est donc nécessaire de faire une incision pour l'agrandir et, ainsi, permettre au bébé de sortir.» Malgré le scepticisme de nombreux médecins sur l'utilité réelle de cette technique, Rachida en est convaincue : «L'épisiotomie facilite beaucoup l'accouchement.»
Les femmes demandeuses ?
Quand, en France, des femmes brisent un tabou longtemps entretenu pour dénoncer une épisiotomie non consentie, au Maroc, d'autres la demandent volontiers. «Souvent, des futures mères la réclament avant l'opération pour s'éviter des complications», raconte la sage-femme. Sous l'effet de la tension exercée par le nourrisson sur le vagin au moment de la naissance, le périnée peut en effet se déchirer, dont résultent de petites lésions à l'intérieur, elles-mêmes susceptibles de provoquer une hémorragie interne.
Si Rachida insiste sur la nécessité de cette intervention, son témoignage en trahit pourtant la fréquence assidue, voire le caractère systématique : sur 12 accouchements entre lundi 31 juillet et jeudi 3 août, «tous» ont été réalisés avec une épisiotomie. Tous en nécessitaient-ils vraiment une ? Tous l'ont-ils été à la demande des patientes ?
Loin de nier les traumatismes évoqués, Rachida reconnaît «des sutures mal faites» qui génèrent, en plus des douleurs, «une asymétrie anormale» du vagin. «On sent tout de suite au toucher si la femme a accouché avec un médecin qui sait faire les sutures. Dès que vous voyez les traces d'épisiotomie, cela veut dire que ça a été mal fait.» Pour éviter ces fautes médicales, les épisiotomies en surjet continu, a contrario des points séparés, sont de plus en plus sollicitées car plus esthétiques, souligne la sage-femme. Une technique qui évite aussi à certaines jeunes mères de faire appel à la chirurgie plastique, dernier recours pour retrouver un vagin symétrique.
(*) Le prénom a été modifié.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.