Prévention de la corruption : l'INPPLC élabore un guide pour les opérateurs publics et privés    Insertion des diplômés : une étude nationale d'envergure bientôt lancée    Tariq Akdim : « La smart city marocaine n'est pas une projection futuriste »    Adobe Acrobat : une faille activement exploitée menace les utilisateurs    Riz : le Maroc diligente une enquête sur la hausse des importations    Forum EMI-Entreprises 2026 : Rabat ouvre le débat sur la souveraineté technologique du Maroc    Hytera accélère au Maroc avec ses technologies de communication critique à GITEX AFRICA 2026    Ligue des champions : les quarts retour démarrent ce soir    Mondial 2030 : Rabat identifie ses détracteurs, une caution historique à l'étude ?    Anderlecht se positionne pour Younes Taha avant le mercato d'été    Yassin Belkhdim brise les codes et vise le Maroc : son rêve est clair    Permis de conduire : la NARSA intègre l'intelligence artificielle dans les examens    Algérie : Tebboune introduit le Polisario au pape Léon XIV    Rabat : La plateforme Chikaya actualisée pour améliorer les services de santé    Chambre des conseillers : La loi organique sur l'exception d'inconstitutionnalité adoptée en commission    Marruecos: Análisis sociológico de la evolución de los modelos familiares    Morocco launches digital Moushaf Mohammadi app for Quranic study and recitation    Sur Ordre de Sa Majesté le Roi, SAR le Prince Héritier Moulay El Hassan inaugure la "Tour Mohammed VI", un emblème de modernité et symbole du rayonnement des deux villes jumelles de Rabat et Salé    Mercato : Rennes veut sécuriser l'avenir d'Aït Boudlal sur le long terme    Les Lionnes de l'Atlas s'imposent face à la Tanzanie en amical    Artisanat : Une convention pour promouvoir l'alphabétisation fonctionnelle des artisans    Cinéma : Le CCM dévoile la liste des projets retenus pour le Festival international du film d'animation    Genève : le Maroc élu rapporteur du Comité onusien contre la Torture    Séisme d'Al Haouz : face aux insinuations de Nabila Mounib, les faits scientifiques    Algérie : Blida secouée par deux attentats-suicide en pleine visite du Pape    Ormuz : Paris et Londres veulent une "mission multinationale pacifique"    Diplomatie parlementaire : le Maroc prend les rênes des Sénats africains    Djibouti : Ismaïl Omar Guelleh rempile    Le Liban dit œuvrer pour un retrait israélien total de son territoire    Pêche: Plus de 3 MMDH de produits commercialisés à fin mars    Conseil des ministres : 210 milliards de DH pour refonder le développement territorial    Conseil de la paix : Des dirigeants palestiniens saluent l'importance de l'engagement précoce du Maroc    L'essor des hubs technologiques en Afrique, moteur de l'économie numérique    Legislative Elections 2026: Benkirane seeks to coexist with «state control»    Atteintes à l'environnement : l'ANEF contribue aux travaux du CESE pour une chaîne intégrée    Le Moambe, le plat congolais qui révèle toute l'Afrique    De l'instant spontané à la reconnaissance officielle... L'histoire complète d'Ayoub Fadil..originaire d'Essaouira qui a conquis le cœur des Chinois    Meurtre d'un prêtre à Algésiras : Kanjaa jugé irresponsable, internement confirmé    FEMUA 18 : Abidjan lance une édition sous le signe de l'IA    Moulay Youssef Elkahfaï explore l'âme humaine à Marrakech    Bundesliga : Bilal El Khannous contribue à la victoire précieuse du VfB Stuttgart face à Hambourg    Trump annonce un blocus du détroit d'Ormuz avec effet immédiat    Tétouan, une médina séculaire porteuse de l'héritage d'Al-Andalus    Archives au Maroc : le temps d'un basculement stratégique    Cannes : «La Más Dulce» de Laïla Marrakchi retenu dans Un certain regard    Cinéma : Sami Fekkak, de la finance aux plateaux de tournage [Portrait]    FLAM 2026 à Marrakech : la littérature africaine convoque l'imaginaire pour penser les crises du monde    Un étudiant marocain sauve une femme en Chine et salué comme un héros    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Maroc : Des associations veulent combler le vide juridique du placement en familles d'accueil
Publié dans Yabiladi le 27 - 05 - 2019

Au Maroc, le placement des enfants en familles d'accueil ne bénéficie pas d'un cadre juridique clair, hormis une mention générale dans l'article 471 du Code de procédure pénale. C'est pourquoi un collectif associatif s'est constitué en plaidant pour la mise en place d'un mécanisme dans ce sens.
Chaque heure, un enfant est abandonné quotidiennement au Maroc et en 2016, 11 373 enfants ont été placés dans des structures de protection pour les enfants en situation difficile. Par ailleurs, d'autres enfants sont pris en charge dans le cadre d'une Kafala. Mais ces procédures prouvent leurs limites, en matière de réintégration au tissu socioéconomique dans le premier cas, ou au niveau du long et complexe processus administratif dans le second. Ce constat alarmant, l'UNICEF Maroc et la Ligue marocaine pour la protection de l'enfance le reprennent dans leur rapport conjoint intitulé «L'enfance abandonnée au Maroc».
Comme troisième possibilité dont les premières expériences se sont avérées positives, les associations de protection de l'enfance proposent le placement en familles d'accueil. Mais faute de cadre juridique dédié, cette procédure reste peu connue. Dans ce sens, ces ONG plaident depuis au moins 2012 pour la mise en place d'un outil juridique, malgré le silence du ministère de tutelle.
Composé de cinq organisations, le Collectif marocain de placement en famille d'accueil a aini tenu, samedi dernier, une rencontre de lancement officiel pour faire connaîte son plaidoyer, défendu par l'association Anir, Bayti, SOS village d'enfants, la Fondation Amane pour la protection de l'enfance, ainsi que la Ligue marocaine pour la protection de l'enfance.
«En 2012, une ébauche de texte juridique sur la famille d'accueil a été élaborée par des juges et des associations de protection de l'enfance, puis déposée auprès du ministère de la Justice et [celui] de la Famille, de la solidarité, de l'égalité et du développement social. Cependant, cette proposition est restée lettre morte.»
Collectif marocain de placement en famille d'accueil
Un blocage à l'intérêt supérieur de l'enfant
L'élaboration d'une loi-cadre pour le placement en famille d'accueil fait même partie des objectifs stratégiques pour 2015 – 2020 dans le programme de mise en œuvre de la politique publique intégrée de Protection de l'enfance. Cet outil faisant encore défaut, le processus est régi uniquement par l'article 471 du Code de procédure pénale, qui permet aux juges de placer les enfants auprès d'une «personne tierce digne de confiance» en évaluant eux-mêmes l'aptitude de chaque famille voulant accueillir un enfant.
Par ailleurs, les constats de l'UNICEF au Maroc laissent les membres du Collectif souligner que «les enfants sont souvent placés dans des institutions en raison de l'insuffisance de mesures alternatives, à savoir la difficulté d'accès à la Kafala et l'absence de dispositifs de familles d'accueil réglementées». D'autres vivant au sein de leurs familles sont en situation de risque, alors que le nombre de ceux privés de cet environnement est en augmentation, «comme en témoigne le nombre d'établissements de protection, qui aurait doublé depuis 2005» avec des conditions de vie précaires en leur sein.
Kafala : Mohamed Aujar veut renforcer la procédure pour les étrangers
Pour les juges présents à cette rencontre, il est question de «l'intérêt supérieur de l'enfant» auquel «aucune procédure ne doit constituer un frein». L'idée rejoint les recommandations du Comité des droits de l'enfant de l'ONU (HCDH) qui, depuis 2014, a recommandé au Maroc d'«achever le processus d'adoption du projet de loi sur la protection de remplacement en accordant la priorité à d'autres solutions que le placement en institutions, en particulier au placement auprès d'un parent, en famille d'accueil et au renforcement des programmes visant à prévenir le placement dans des structures de remplacement».
«Alors que l'échéance pour déposer le prochain rapport périodique auprès dudit Comité est fixée au 20 juillet 2020, le placement des enfants en institution n'est toujours pas une mesure de recours.»
Collectif marocain de placement en famille d'accueil
De ce fait, ce collectif s'est engagé à l'issue de la rencontre à «mettre en commun leur capital de connaissances et consolider leurs expériences, afin de mener conjointement un plaidoyer pour faire adopter une loi en faveur de la famille d'accueil, puis veiller à sa mise en œuvre» au bénéfice de «tous les enfants privés de protection adéquate, avec l'idée de créer une vision partagée et cohérente».
Cette ambition rejoint par ailleurs les Lignes directrices des Nations unies relatives à la protection des placements pour les enfants, qui préconisent de «trouver des solutions de remplacement, dans le contexte d'une stratégie globale de désinstitutionalisation fixant des buts et objectifs précis visant l'élimination progressive de ces structures» au sein des «pays où il existe encore de grandes structures d'accueil des enfants».


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.