Un attentat à la roquette, revendiqué par un groupe d'extrême gauche, a été commis vendredi matin contre l'ambassade des Etats-Unis à Athènes mais n'a fait aucun blessé, annoncent les autorités grecques. Il s'agit de l'attaque la plus grave contre la représentation diplomatique américaine en Grèce depuis dix ans. Le projectile, de fabrication est-européenne, a été tiré d'un bâtiment de l'autre côté de la rue à 5h58 (03h58 GMT) et a frappé les toilettes du troisième étage. L'explosion, qui a causé peu de dégâts, a ébranlé les vitres et réveillé tout le quartier. "Il y a eu un ou deux appels téléphoniques anonymes affirmant que (le mouvement) Lutte révolutionnaire était à l'origine de cette attaque", a déclaré à la presse Byron Polydoras, ministre grec de l'Ordre public, qui s'est rendu sur place. Des dizaines de voitures de police ont entouré le bâtiment, protégé par une clôture de trois mètres de haut, et des centaines de policiers ont bouclé le quartier juste après l'explosion, tandis que des hélicoptères survolaient le quartier. En novembre dernier, la police avait dû tirer des grenades lacrymogènes pour disperser des manifestants qui se dirigeaient vers l'ambassade en dénonçant "Bush le boucher" et le "terrorisme américain". Washington s'est employé à relativiser l'importance de cet attentat. "Tout ce que nous savons, c'est que quelque chose qui a été décrit comme une roquette (...) a été tiré par une fenêtre", a dit Tony Snow, porte-parole de la Maison blanche. "Nous pensons qu'il s'agit d'un incident isolé. Le gouvernement grec mène l'enquête, comme le fait de son côté le gouvernement américain." Le porte-parole du département d'Etat Sean McCormack s'est dit incapable de confirmer l'identité des auteurs de ce tir. "Nous savons tous qu'il y a beaucoup de groupes anarchistes en Grèce et qu'ils sont parfois violents. Je ne peux pas vous dire si l'un d'entre eux est responsable de l'attaque", a-t-il dit. LUTTE REVOLUTIONNAIRE Lutte révolutionnaire est apparue comme l'organisation de guérilla la plus importante en Grèce depuis le démantèlement en 2002 du Mouvement du 17-Novembre. Elle a revendiqué en mai dernier une tentative d'assassinat contre le ministre de la Culture et il y a treize mois un attentat à la bombe contre le ministère de l'Economie qui a fait deux blessés. "Je considère cela comme une attaque très grave. C'est un acte de violence insensé", a dit l'ambassadeur des Etats-Unis, Charles Ries. La ministre grecque des Affaires étrangères, Dora Bakoyanni, s'est également rendue sur place pour rencontrer l'ambassadeur américain. "De tels actes nous ont coûté cher dans le passé. Le gouvernement fera tout ce qui est en son pouvoir pour qu'ils ne se répètent pas", a-t-elle dit. En février 1996, le groupe 17-Novembre, responsable de dizaines d'attentats à la bombe et d'assassinats politiques, avait revendiqué une attaque à la roquette contre l'ambassade, qui avait légèrement endommagé trois véhicules et quelques bâtiments alentour.