Aux Etats-Unis, la pression sur le Polisario ne faiblit pas. Parallèlement aux initiatives parlementaires visant à classer le Front comme organisation terroriste, un ancien conseiller du Pentagone appelle désormais les Nations unies à fermer les camps de Tindouf. Il s'appuie sur une série d'arguments et d'éléments qu'il juge probants. DR ‹ › Après avoir récemment invité le roi Mohammed VI à lancer une nouvelle «Marche verte» pour récupérer Ceuta et Melilla, Michael Rubin, ancien conseiller au Pentagone, cible à présent le Polisario. Dans un nouvel article, il plaide pour la fermeture des camps de Tindouf. «Avec le soutien des Nations unies au plan d'autonomie du Maroc pour le Sahara, rien n'empêche les Sahraouis de rentrer chez eux», avance-t-il. Revenant brièvement sur l'historique du conflit, Rubin s'arrête sur le cessez-le-feu de 1991 et la création, la même année, par le Conseil de sécurité, de la Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (MINURSO). Il estime qu'«au cours des trente-cinq dernières années, la MINURSO n'a pas seulement échoué à mener à bien sa mission, elle ne l'a même jamais vraiment entamée». Un échec qu'il attribue à «la junte militaire algérienne [qui] savait qu'un référendum libre et équitable révélerait sa fraude et délégitimerait son allié, le Polisario. Elle a donc multiplié les obstacles à tout recensement, inondant les listes électorales de personnes n'ayant jamais vécu au Sahara occidental et qui, dans de nombreux cas, n'étaient même pas sahraouies». Pour rappel, l'ancien secrétaire général de l'ONU, le Ghanéen Kofi Annan, avait dissous en 2000 la commission d'identification des électeurs sahraouis appelés à participer au référendum. Entre 1993 et décembre 1999, ladite commission n'avait pu identifier que 2 130 électeurs habilités sur une liste de 51 220 requérants. Une fermeture jugée conforme aux intérêts américains Selon Michael Rubin, la fermeture des camps de Tindouf servirait également les intérêts des Etats-Unis. «En tant que principal donateur des Nations unies, des opérations de maintien de la paix et du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), les Etats-Unis ont intérêt à couper les vivres aux missions impossibles à accomplir», telles que la MINURSO. La semaine dernière, le représentant permanaient des Etats-Unis a annoncé que l'administration procède à un «examen stratégique» de la MINURSO. Il accuse par ailleurs le gouvernement algérien de «gonfler» les chiffres de la population des camps «pour escroquer les donateurs et détourner l'aide». Et de rappeler «qu'en 2007, l'Office européen de lutte antifraude a détaillé le vol par l'Algérie de l'aide destinée aux réfugiés sahraouis (…) De plus, près de la moitié des résidents des camps de Tindouf ne sont pas, techniquement parlant, des réfugiés du Sahara occidental, mais des personnes déplacées vers ces camps depuis d'autres régions d'Algérie, du Mali ou de Mauritanie». Michael Rubin accuse également «le Polisario de prendre en otage les résidents des camps», avec la complaisance du HCR qui laisse «à un mouvement totalitaire» la responsabilité de gérer les camps de Tindouf. «Cela doit cesser», insiste-t-il, estimant par ailleurs que «le Maroc a depuis des décennies fait preuve d'un accueil et d'une intégration généreux envers les rapatriés».