Chargée de projet des productions animales au sein de la BU Al Moutmir Amélioration des pratiques d'élevage, autonomie alimentaire, digitalisation du suivi des troupeaux... À travers son programme dédié à la production animale, Al Moutmir déploie un accompagnement de proximité au service des éleveurs. Loubna Ouidat, chargée de projet des productions animales au sein de la BU Al Moutmir, revient sur les principaux leviers mobilisés pour renforcer la productivité du cheptel dans un contexte marqué par des contraintes climatiques et économiques croissantes. Quelles sont les actions menées par Al Moutmir dans le cadre de son programme dédié à la production animale ? Le programme de production animale repose sur l'accompagnement et le suivi des éleveurs pour améliorer leur production et leurs pratiques liées à l'élevage. Nous intervenons sur plusieurs axes. Le premier est le renforcement des capacités. Nous formons les éleveurs aux nouvelles pratiques, qu'il s'agisse d'alimentation animale, de reproduction, de techniques d'élevage ou d'hygiène. Cela passe par des formations dédiées, dans un langage très simplifié, avec des présentations ciblées, que ce soit sous forme théorique ou à travers des écoles au champ organisées autour de thématiques précises. Nous nous intéressons également aux plateformes de démonstration de cultures fourragères. Nous en avons implanté près d'une centaine à travers le Royaume. L'objectif est d'identifier les espèces et les variétés les plus résilientes face aux conditions climatiques actuelles et qui présentent une valeur nutritive importante. Ainsi, l'éleveur n'est plus à la merci du marché. Lorsqu'il produit une grande partie de son alimentation, on gagne en production, on gagne en rendement et on réduit aussi le coût. Comment ces actions améliorent-elles concrètement la productivité des éleveurs, tant en production qu'en reproduction, sachant que le contexte actuel est marqué par un affaiblissement du cheptel ? Sur le volet production, le simple fait de fournir des rations alimentaires exactes, précises et surtout équilibrées permet de réduire énormément le coût de production, ce qui affecte directement la productivité du cheptel. Par ailleurs, la bonne gestion du troupeau et des pratiques d'élevage permet de ne pas rater les saisons sexuelles des animaux. On gagne donc en production et on peut réellement améliorer le cheptel. Mais c'est aussi un cercle vertueux pour l'éleveur qui est en mesure de maîtriser sa production. Le numérique occupe manifestement une place dans cet accompagnement... Nous nous appuyons beaucoup sur le volet digital. L'information est diffusée à travers les réseaux sociaux, à travers la plateforme Agripedia où nous mettons à disposition des éleveurs des fiches et des guides techniques, ainsi que des vidéos illustratives. Mais l'outil phare de cette année, c'est l'application SmartFeed, intégrée à l'application Atmar. Elle permet à l'éleveur, en particulier dans les élevages laitiers, de suivre sa production de manière individuelle ou à l'échelle du troupeau. L'éleveur renseigne les données liées à chaque animal — âge, date de vêlage, poids, état corporel — et en fonction de la région, l'application lui propose la ration la plus optimale, au moindre coût, pour atteindre la production souhaitée. Comment la recherche scientifique menée à l'UM6P se traduit-elle concrètement auprès des éleveurs? Nous sommes dans une approche fondée sur la recherche pour générer un impact concret. Nous partons toujours du terrain, des besoins essentiels des éleveurs, puis nous mobilisons les avancées scientifiques actuelles pour les adapter et les restituer aux éleveurs. Ce travail s'adosse directement aux ressources de l'UM6P, dont nous faisons partie intégrante. Et parce que tous les éleveurs n'ont pas les mêmes besoins, nous essayons de proposer des programmes personnalisés à chacun, selon ses conditions et en fonction de ce dont il a besoin pour améliorer sa production. A.I. / Les Inspirations ECO