Après les opérations de démolitions qui ont concerné nombre de points dans la préfecture d'Agadir Ida Outanane et les réunions de réhabilitation tenues, successivement avec les constituantes de ces localités, en présence des intervenants institutionnels, la machine judiciaire se meut à plein régime. On se rappellera la visite inopinée, il y a quelques temps, du ministre délégué de l'Intérieur, Cherqui Draiss, au cours de laquelle il a été convenu que les procédures de sanction et rédhibition seraient entamées contre tous les contrevenants et les complices qualifiés, en effet, par le responsable gouvernemental fort écœuré, photos déplorables des illicéités brandies à l'assistance, de « mafias du foncier ». Aujourd'hui, selon des sources concordantes, les séances d'audition en direction des agents d'autorité, des conseillers communaux et des employés introduits dans des manœuvres de falsification et de manipulation, sont menées à bâtons rompus. Pas moins de trois Caids, chefs d'arrondissements sont immédiatement démis de leur fonction par les services Wilayis pour «soudoiement» ou «laxisme», vis-à-vis des conduites de dépassement et de transgression des lois urbanistiques en vigueur, s'opérant dans leur territoire de compétence. D'après des informations bien fondées, on croit savoir que des présidents de communes rurales où la prolifération des constructions anarchiques est flagrante, sont vivement interpelés, notamment celui de la commune d'Aourir, très connu pour des affaires louches aussi bien dans le domaine de la « terre » que de la « mer », détenu dernièrement pendant trois jours, mais relâché sur intervention massive de personnalités influentes. Dans le même ordre d'idées, on apprendra, selon des sources fiables, qu'une unité nationale de la police judiciaire de Casablanca serait, actuellement, en pleine besogne. Plusieurs dossiers sous la main sont décortiqués à la loupe, en présence des auteurs des différentes infractions inhérentes aux affaires ayant trait à la problématique de l'habitat non autorisé. Les enquêteurs obligent les accusés à se déplacer d'un bureau à l'autre, sous une pluie de questionnements afin de détecter la nature et l'origine de ces violations urbanistiques. Ces longues et rudes investigations sont parfois accompagnées d'anecdotes provocatrices à l'égard des présumés frauduleux qui n'apprécient guère ce genre d'interrogatoires acculants. Ces enquêtes laborieuses se sont adressées, en fait, à nombre de présidents de communes et leurs adjoints, ainsi que des agents d'autorité qui sont priés, après des séances d'interpellations respectives, de ne pas éteindre leurs portables au casoù ils seraient rappelés, une seconde fois, pour d'amples informations. Ces omissions dépêchées sur les lieux ont l'air de prendre leur mission au grand sérieux, sans la moindre complaisance. D'autant plus, croit-on savoir, que certaines de leurs «découvertes » qui relèvent de l'insensé, seraient, vraisemblablement, dénonciateurs de vilaines attitudes susceptibles de mettre sous les verrous nombre de barons parmi les notabilités de la région. Il faut bien rappeler que la préfecture d'Agadir Ida Outanane dont les destructions des habitations en état d'infraction atteignent presque 4000, était un véritable vivier des constructions anarchiques. Cependant, il va falloir reconnaitre pareillement que cette zone battait le record de l'intransigeance contre ces délits fonciers et la mobilisation concertée pour la restitution et le dédommagement, à travers des offres appropriées, marquées de souplesse et de facilitation. La politique de la ville telle que prônée actuellement par le département central et les services locaux concernés est à même de rompre irréversiblement contre l'anarchisme et de réurbaniser, avec méthode et dextérité, les unités habitables sur des bases claires et conformes à la réglementation en vigueur. Pour ce faire, la synergie des efforts de toutes les parties concernées est impérative. C'est le cas qui se pointe dans ce labeur que mènent hardiment les Autorités d'Agadir, de concert avec ses multiples partenaires.