Le secteur de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique au Maroc poursuit sa réorganisation dans le cadre de la mise en œuvre de la loi-cadre 51.17. La réintégration de l'Agence nationale des Plantes médicinales et aromatiques (ANPMA) au sein de l'Université Sidi Mohamed Ben Abdellah s'inscrit dans cette dynamique, avec pour objectif de renforcer la transversalité des savoirs, d'optimiser la recherche appliquée et de stimuler l'innovation dans un secteur à fort potentiel, celui des plantes médicinales et aromatiques. Selon la note de présentation du Ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l'Innovation, cette réforme répond à une volonté de rationalisation institutionnelle et d'amélioration de l'efficience des structures publiques. Elle vise également à créer des synergies durables entre les différents acteurs de l'écosystème académique et scientifique. Dans ce cadre, la réorganisation de l'Agence nationale des Plantes médicinales et aromatiques constitue une opération emblématique de cette nouvelle orientation. Concrètement, le dispositif prévoit la dissolution de l'ANPMA en tant qu'entité autonome et sa transformation en un établissement universitaire rattaché à l'Université Sidi Mohamed Ben Abdellah. Loin de relever d'un simple ajustement administratif, cette décision répond à une logique stratégique fondée sur l'intégration et la complémentarité. Le domaine des plantes médicinales et aromatiques, reconnu pour sa valeur ajoutée économique et scientifique, requiert en effet des capacités avancées en matière de recherche appliquée, de formation et de valorisation des résultats scientifiques. En adossant cette expertise à une université, les autorités entendent mieux mobiliser le capital scientifique et humain existant. Lire aussi : Enseignement originel : prime aux enseignants et bourse aux élèves approuvées L'objectif affiché est de renforcer l'ancrage de la recherche spécialisée au sein du tissu académique global. En devenant une composante universitaire à part entière, l'ancienne Agence évoluera dans un environnement propice aux échanges interdisciplinaires et à l'enrichissement mutuel des compétences. Cette intégration devrait également favoriser un meilleur alignement des travaux de recherche avec les besoins du marché, tout en facilitant le transfert de technologies et de connaissances vers le secteur productif. Par ailleurs, cette réorganisation s'inscrit dans une perspective plus large de modernisation de la gouvernance des établissements publics. Elle vise à limiter la dispersion des efforts et le chevauchement des missions, en privilégiant une approche intégrée et cohérente de la recherche et de l'innovation. Les dispositions prévues par le projet de loi, notamment en matière de transfert des biens mobiliers et immobiliers ainsi que de reconnaissance des acquis professionnels du personnel, sont présentées comme des garanties d'une transition maîtrisée. À terme, cette réforme est appelée à contribuer à l'émergence d'un système d'enseignement supérieur et de recherche plus structuré, plus performant et davantage orienté vers l'innovation, en phase avec les priorités de développement du Maroc.