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Football : Les Marocains et les bottes d'or de Messi et Ronaldo
Publié dans Albayane le 31 - 05 - 2012

En cette période de crise en Espagne qui compte plus de 5,6 millions de chômeurs, le salaire moyen mensuel de Messi (2,75 millions d'euros) est 1.287 fois le salaire minimum d'un travailleur en Espagne (641,40 euros) et celui de Ronaldo (2,5 millions d'euros) est 1.170 fois le même minimum. Il est surprenant de voir comment les Marocains extériorisent leur passion en suivant la ligue espagnole de football (Liga), particulièrement lorsqu'ils suivent la retransmission par télévision des matchs disputés par le FC Barcelone (Barça) et le Réal Madrid (les blancs).
Pour tout observateur étranger de passage par les villes marocaines, l'engouement pour le football espagnol déborde toute analyse réaliste. Les cafés se transforment en mini-stades avec des supporters des Blancs et d'autres du Barça comme s'il s'agissait de matchs de la ligue nationale. L'activité cesse dans plusieurs secteurs, les rues se vident de leurs passants et conducteurs de véhicules, et, la presse meuble ses colonnes de commentaires et fictions sur le duel Messi-Ronaldo. Ce phénomène sociologique appelle à une profonde analyse du comportement du public marocain et des motifs qui justifient son adhésion spontanée au championnat d'un autre pays. Il s'agit aussi d'une attitude qui interpelle intellectuels marocains et leaders de l'opinion publique du royaume en vue d'endiguer les sentiments d'un large secteur de la société vers les préoccupations à connotation nationale. Ce qui est vrai est que la Liga est la marque que prêchent les médias espagnols comme meilleure image du pays et un produit à positionnement populaire destiné à délocaliser les valeurs nationales et placer le football comme vecteur de satisfaction à l'extérieur. C'est aussi une technique persuasive pour commercialiser le produit espagnol en général, camouflé sous le logo «Barça» ou «Real Madrid» dans une stratégie de merchandising. Dans d'autres pays de l'entourage géographique espagnol, la grande passion pour le football va d'abord pour les clubs nationaux comme c'est le cas au Portugal, en France, en Italie ou en Grande Bretagne. Le téléspectateur marocain est un expert en football qui aime commenter chaque séquence du match, les gestes des joueurs et les erreurs commises par les arbitres. Il est souvent excessivement sévère dans ses jugements à l'égard de son club, la sélection nationale et les joueurs internationaux. Il est aussi un mauvais perdant qui refuse la défaite. C'est la raison pour laquelle il boude son football et cherche la perfection hors des frontières nationales. Toutefois, derrière les jolies combinaisons du milieu du terrain du Barça, le grand forcing de la ligne d'attaque du Real Madrid et les prestations des clubs espagnols au niveau européen, il y a des budgets pharamineux, une machine de marketing bien structurée et une planification consciencieuse du football qui prépare les joueurs dès le bas-âge au sein des clubs. L'improvisation et l'opportunisme mercantile n'ont donc pas de place puisque les résultats sont en fin de compte le seul paramètre qui détermine le bilan final d'un projet.
Ainsi, chaque club définit-il, dès le début de la saison, les objectifs à atteindre selon les moyens dont il dispose. Le public est au fait des possibilités matérielles et techniques de son club et accepte à la fin de la saison les résultats obtenus. De manière, qu'il existe trois groupes de clubs au sein de la Liga.
D'abord, le Barça et le Real Madrid deux vautours qui aspirent à rafler tous les titres en lice (championnat, coupe, Champion´s League, super-coupe et coupe intercontinentale). Ils sont les seuls à disposer d'un énorme potentiel économique et humain qui les fait distinguer du reste des clubs. Une simple lecture du ranking des clubs de première division suffit de confirmer leurs prétentions qui s'appuient sur un fort merchandising, une énorme masse sociale qui les soutient et les bénéfices obtenus des droits acquis pour la retransmission pour télévision de leurs matchs disputés. Pour pouvoir remporter cette saison le titre de champion de la Liga, le Real Madrid a dû mobiliser un budget de 488 millions d'euros et plus d'un milliard d'euros en trois ans pour mettre un terme à l'hégémonie de son grand rival catalan. En face, le Barça, qui s'est assigné un budget de 461 millions d'euros, s'est contenté cette saison de la coupe du Roi, qu'il a remportée vendredi dernier en battant à la finale l'Athletic de Bilbao. Au troisième poste, vient le Malaga CF avec un budget de 150 millions qui lui a permis uniquement de se classer pour les éliminatoires de la Champion´s League, une place qui a été accueillie comme un grand triomphe. Villarréal CF (72 millions d'euros), Racing de Santander (29 millions d'euros) et Sporting de Gijon (28 millions d'euros) sont relégués en deuxième division précisément faute de moyens pour engager de grands joueurs et entraîneurs.
Ensuite, il y a des clubs aux moindres budgets et modestes aspirations qui se fixent pour objectif la qualification aux compétitions européennes. C'est le cas de l'Atletico de Madrid (129 millions d'euros), le Valence CF (107,5 millions d'euros), le Séville CF (92 millions d'euros), l'Athletic Club Bilbao (61 millions d'euros) et le RCD Espagnol (47 millions d'euros).
Enfin, un troisième groupe de clubs qui se disputent la permanence en première division. Ce sont le reste des équipes aux moindres ressources qui se montrent incapables de disposer de grands joueurs talentueux titulaires et de suppléants efficaces.
Vendredi soir, les joueurs du Barça ont remporté la finale de la Coupe du roi d'Espagne, le dernier match dirigé par Josep Guardiola qui compte se retirer temporairement du football. Comparé au marocain Abdelmjid Dolmi, c'est un footballeur qui est cité comme exemple pour comprendre les secrets de la réussite du Barça et la panoplie de titres remportés par ce club. Produit de la pépinière La Masia, le centre de formation de base du club, il avait évolué au sein du Barça comme milieu de terrain en portant 379 fois son maillot. Avec son retour comme entraîneur, le 8 mai 2008, le Barça a émergé comme un intraitable empire de football mondial se disputant tous les titres en lice. Contrairement au Real Madrid, sa force se base sur le recrutement des espoirs sortis de son école de formation, La Masia, pour alimenter la première équipe. Ce sont des joueurs qui ont grandi ensemble et jouent de mémoire. C'est là le secret de la recette de Guardiola qui a dirigé 242 matchs de septembre 2008 à mai 2012 avec pour bilan global 175 victoires, 46 nuls et 21 défaites. Il sera cité dans les éphémérides du football mondial comme l'entraineur qui avait remporté en quatre ans 14 titres sur les 19 en lice (3 championnats de Ligue, 2 mondiaux de clubs, 2 super coupes d'Europe, 2 champion´s League, 2 coupes du roi d'Espagne, 3 super - coupes d'Espagne). Ses joueurs ont défrayé la chronique en inscrivant 796 buts (contre 178 encaissés).
Outre ces statistiques, le duel Barça-Real Madrid domine la course pour les titres mais aussi les colonnes de la presse et programmes audiovisuels. Ceci fait partie du merchandising puisque chacun des deux clubs dispose de ses propres canaux de communication (y comprises des chaînes de télévision), des quotidiens qui matraquent les lecteurs avec les prouesses de leurs joueurs et des entreprises prêtes à débourser des montants inimaginables pour louer une parcelle de leur maillot ou commercialiser l'image de leurs vedettes. C'est dans ce contexte qu'entre en jeu la guerre individuelle de Messi-Ronaldo. C'est un duel monté de toutes pièces par les agences de communication et annonceurs pour l'unique finalité de faire monter leurs chiffres d'affaires. A l'instar des mordus de la balle ronde dans le monde entier, le public marocain vibre aux buts inscrits par ces deux merveilles de la nature, porte des répliques de leur maillot et commente aussi les vertus et défauts de chacun d'eux. Bien qu'ils aient des tempéraments différents, Messi et Ronaldo sont deux génies inimitables qui marquent une époque comme le furent Pelé, Cruyff et Maradona en leur temps. Les statistiques jouent à leur faveur: 50 buts pour Messi et 46 autres pour Ronaldo inscrits uniquement en matchs comptant pour le championnat espagnol 2011-2012. Encore une fois, ces records cachent une autre réalité. Les gains de Leo Messi pour cette saison ont atteint 33 millions d'euros alors que ceux de Cristiano Ronaldo s'élèvent à 30 millions d'euros. Ce sont des sommes d'argent qui sont à la hauteur de la lutte pour le soulier et le ballon d'or mais inadmissibles pour le simple citoyen dans toute partie de la planète. Les paires de bottes des deux joueurs valent réellement de l'or mais en même temps attisent le débat sur la valeur du joueur de football en comparaison avec celle d'un jeune ingénieur, d'un licencié universitaire en économie ou d'un journaliste vétéran.
En cette période de crise en Espagne qui compte plus de 5,6 millions de chômeurs, le salaire moyen mensuel de Messi (2,75 millions d'euros) est 1.287 fois le salaire minimum d'un travailleur en Espagne (641,40 euros ?) et celui de Ronaldo (2,5 millions d'euros) est 1.170 fois le même minimum. Appliquant la comparaison au cadre marocain, les dimensions son abismales: les salaires de Messi et de Ronaldo sont respectivement 13.750 fois et 12.500 fois le SMIG national. Des chiffres qui donnent réellement á réfléchir.
Faut-il alors continuer à applaudir inconsciemment les performances de ces deux clubs qui exercent une véritable dictature sur la Liga et le reste des clubs du monde ? Existe-t-il réellement une raison logique de bouder le football national et le substituer par celui des voisins pour vénérer les records atteints à coups de centaines de millions d'euros injectés par les annonceurs dans les machines de production de titres et de buts de ces deux clubs ?


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