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Katia Hacène et Lucile Bernard
«Les injustices envers les femmes doivent
Publié dans Albayane le 08 - 03 - 2013


être vivement combattues»
À l'occasion de la journée mondiale de la femme, on a consacré cette fenêtre aux femmes créatrices du monde. Dans ce cadre, nous vous invitons à célébrer cet événement avec Katia Hacène, femme d'origine algérienne et résidant actuellement en France. Cette romancière, poétesse, ancienne journaliste au quotidien Horizons et membre fondateur du quotidien francophone Le Soir d'Algérie, avait consacré, depuis sa carrière de journaliste, une grande marge dans ses écrits pour la condition féminine et les causes nobles qui touchent l'Homme des temps modernes. Entretien.
Al Bayane : Bonne fête Katia !
Katia Hacène : Merci pour les vœux et merci d'avoir pensé à moi.
Je profite de cette occasion pour souhaiter une bonne fête aux femmes du monde entier et aussi, pourquoi pas, aux hommes qui les soutiennent.
Ceci dit j'estime que la date du 8 mars n'est que symbolique. Le combat que mènent les femmes est quotidien.
D'abord pourrez-vous nous parler de votre amour pour la littérature ?
Même si j'apprécie énormément la littérature, je dirais que je ne suis pas une littéraire à l'état brut. Je suis plutôt une passionnée de social, de sciences humaines, et de philosophie. Il suffit de parcourir mes ouvrages pour s'en rendre compte. En fait, comme je le dis souvent, je n'écris pas. Je parle. Je veille surtout à ce que mon style soit accessible à tout public. Contrairement aux idées reçues, écrire ne signifie pas forcément être littéraire. Il n'y a pas que les hommes de lettres qui deviennent auteurs de livres.
Dans le «Deuxième Sexe», Simone de Beauvoir disait ceci : «On ne naît pas femme, on le devient.» Qu'en pensez-vous ?
Personnellement, je dirais ceci : «devenez femmes mais pas hommes. »
En effet, je pense que les injustices envers les femmes doivent être vivement combattues sans pour autant faire basculer vers ce que j'appelle «un extrémisme féministe» ou si vous préférez, «un féminisme extrémiste», c'est-à-dire le rejet de toute féminité. La femme doit conserver les principales valeurs qui lui sont propres. Sinon, elle n'existera plus en tant que telle. Perdre ses valeurs c'est se perdre soi-même.
Quel regard portez-vous, aujourd'hui, sur la situation de la femme dans le monde?
Il reste, certes, beaucoup à accomplir dans ce domaine, et je dirais même énormément à faire en ce qui concerne certains pays, notamment au niveau de l'évolution des droits de la femme et de sa place dans notre société. Toutefois, il serait trop long de m'éterniser ici sur un sujet aussi vaste, d'autant plus que tout a été dit et que le délai que vous m'accordez pour répondre à vos questions est trop court pour rentrer dans les détails.
Pensez-vous que l'écriture devrait être au service de quelques causes relatives à la condition féminine, ou au contraire serait une fin en soi ?
L'écriture peut servir n'importe quelle cause ; c'est ce qui fait sa force.
Quels sont vos souhaits, notamment en matière de la condition féminine pour les prochaines années ?
Je souhaite, entre autres, que l'on puisse lutter contre tout ce qui peut atteindre à la dignité de la femme. Quand on constate que des épouses meurent chaque jour ou presque sous les coups de leur conjoint, cela est inqualifiable. Il est également inacceptable, voire révoltant, que des femmes soient, à l'extérieur de chez elles, victimes d'agressions, de viols ou de harcèlement malsain sur leur lieu de travail.
Un dernier mot aux femmes à l'occasion de leur journée mondiale ?
Je leur dédie ce poème qui concerne plus particulièrement la femme de mon pays d'origine :
Qu'elle soit femme d'occident,
Ou femme d'orient,
On lui consacre une journée,
Pour saluer le combat acharné,
Qu'elle livre depuis des années.
Parmi ces dames de tous pays,
Il y a celle de l'Algérie,
Symbole du sacrifice,
Parfois victime de l'injustice,
Mais rarement accusatrice.
Célibataire ou mariée,
Veuve ou divorcée,
Elle contribue avec détermination,
Passion et dévotion,
Au développement de sa nation.
Moderne ou fidèle aux traditions,
Pilier de toutes les générations,
Epouse indispensable, face à son destin,
Elle est la mère des enfants de demain,
Et celle d'un espoir sans fin.
Katia Hacène , in « La vie comme elle vient », édition Durand-Peyroles.
******
Lucile Bernard
«Je suis assez pessimiste sur la situation actuelle
Lucile Bernard est fondatrice du Centre de Création Artistique Riad Sahara Nour à Marrakech. Elle y est installée depuis 2000 et œuvre pour le rapprochement et le dialogue entre les cultures. En effet, comme les autres femmes qui militent pour l'avenir de la cause dite féminine, Lucile Bernard se bat à sa manière en dévoilant, via l'écriture, ce non-dit de la société contemporaine. Dans ce spéciale dédié aux femmes en fêtant leur journée, la créatrice nous parle à cœur ouvert sur la situation actuelle de la femme dans le monde.
Que pensez-vous de la citation de l'existentialiste, Simone de Beauvoir, qui disait la chose suivante : «On ne naît pas femme, on le devient.» ?
Contrairement à Simone de Beauvoir, je pense que la femme naît femme, du moins dans la majorité des cas. C'est après que commence tout le chemin du devenir, de l'éclosion de l'identité à travers l'éducation, l'apprentissage de la vie, l'identification aux modèles masculins et féminins que l'on va côtoyer durant notre enfance. Viendra ensuite la question du choix, de la remise en question de tous ces acquis, capitale pour devenir qui on est véritablement, devenir notre femme intérieure, un être unique. La Femme.
Sachant que la société contemporaine est souvent enlisée dans la violence et la régression au niveau de la concrétisation des vraies valeurs et des droits humains. D'après vous, comment envisagez-vous la situation actuelle de la femme à travers le monde ?
Je suis assez pessimiste sur la situation actuelle de la femme dans le monde que ce soit en Asie, en Afrique ou même en Occident. On a avancé déjà mais beaucoup de choses restent encore à faire. Les femmes ont toujours du mal à faire entendre leur voix, elles sont encore considérées dans certaines cultures comme des êtres inférieurs. Il y a une inégalité parfois flagrante dans l'éducation fille, garçon, la fillette étant éduquée, dès son plus jeune âge, pour être au service de l'homme, inégalité qui se répète dans les codes éducatifs et dont les mères sont aussi responsables. Il faut briser ces schémas, introduire un système égalitaire, une parité entre l'homme et la femme.
Pour quelle cause écrivez-vous ?
Pour moi, l'écriture ne se guide pas. Elle vit à l'intérieur se nourrit des choses de la vie. Elle peut servir ou non une cause, cela dépend. Dans «Dernières nouvelles avant le jour», elle s'est imposée à moi comme une urgence, l'urgence de dire, témoigner. C'est ce que j'ai fait à travers ces dix-sept récits.
Quels sont vous appels en vous fêtant aujourd'hui ?
Une mise à jour des lois concernant les femmes afin de protéger leurs droits et leur intégrité en tant qu'individu, l'accès à l'éducation, une éducation plus paritaire au sein de la famille, la fin de la maltraitance et de l'objectivation de la femme souvent victimes de viols ou harcèlement sexuel Il faut en finir avec la diabolisation faite autour de la femme toujours coupable de... Il faut que l'homme réalise qu'il est autant responsable, il doit éduquer ses pulsions. Je le répète, tout commence par l'éducation.
Un mot de la fin aux femmes du monde à cette occasion ?
Je dirai : soyez vous-même dans ce que vous avez d'unique, de beau, de vrai. Soyez dans votre féminité, toute différente de l'homme mais aussi complémentaire. Soyez une Femme tout simplement et vivez le jusqu'au bout...


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