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«Le professeur» : un regard sur l'époque du régime de Ben Ali
Entretient avec le réalisateur tunisien, Mahmoud Ben Mahmoud
Publié dans Albayane le 03 - 12 - 2013

Un très bon film, en fait. Il a remporté, jusqu'à présent, 8 prix dans de différents festivals cinématographiques internationaux. «Le professeur» du réalisateur tunisien Mahmoud Ben Mahmoud nous replace dans la période deux décennies du régime de Ben Ali. Ce film vient de remporter le prix du meilleur scénario et réalisation dans le cadre de la 10e édition du festival international transsaharien de Zagora. Entretien.
Al Bayane : Parlez-nous de votre participation aux festivals de Zagora et Kenitra ?
Mahmoud Ben Mahmoud : Pour moi, c'est une occasion unique de visiter ces régions. J'ai commencé par présenter mon film en première marocaine à Kenitra dans le cadre d'une rencontre sur le cinéma des droits de l'homme, avec l'appui de l'Organisation marocaine des droits de l'homme. Et donc j'ai enchainé en venant à Zagora pour présenter le film, cette fois dans une compétition officielle. Ce fut la bonne occasion. On est toujours satisfait de voir que notre travail est reconnu et récompensé quels que soient les régions, les cultures, les langues pratiquées et les publics.
Le film a-t-il eu des échos au sein public marocain lors de sa projection?
Le film a trouvé exactement le même écho ici que partout ailleurs, aussi bien dans les pays de sud que dans les pays d'Europe où j'ai eu l'occasion de le présenter, et où il a reçu jusqu'ici 8 prix, que ce soit dans de pays arabes ou dans des festivals européens.
D'où est née l'idée de la réalisation de ce film ?
J'avais envie depuis longtemps de m'intéresser à cette époque des années soixante-dix en Tunisie et plus particulièrement l'année soixante-dix-sept qui a vu la naissance de la première organisation des de l'homme dans le monde arabe et en Afrique, et qui a été également marquée par l'émergence de ce que nous appelons, aujourd'hui, la société civile, à travers la naissance de cette ligue et la parution de journaux indépendants et du développement de la vie associative en Tunisie.
D'autre part, la même année s'est terminée par une tragédie en Tunisie, celle qui a s'opposer dans le sang la centrale syndicale et gouvernement, suite à plusieurs mois de grèves, de confrontations et de revendications. Et, donc, j'ai trouvé cette année là et cette période assez exemplaires de notre histoire contemporaine pour leur consacrer un travail.
Est-il facile de réaliser un tel film ou documentaire à cette époque en Tunisie ?
Jamais je n'aurais pu faire un documentaire là-dessus, même si tous les acteurs de cette époque étaient encore vivants parce que le documentaire pour l'ancien régime comme toutes les dictatures s'apparente aux médias et à la presse, et donc on avait besoin de liberté d'expression totale. Ce qui n'était absolument pas à l'ordre du jour à l'époque.
Donc il ne m'est resté que la fiction pour espérer toucher un peu du doigt ou par la caméra au thème auquel je tenais et qui symbolise à mes yeux cette époque. Seulement il fallait trouver la bonne histoire pour m'acquitté de cela, car nous dans notre métier, nous les auteurs de fiction nous sommes jugés sur les histoires que nous racontons et non pas sur nos intentions politiques. Il fallait donc que je tombe sur une histoire qui m'a été inspirée par des événements survenus à l'époque de Ben Ali, et à ce moment là que j'au vu que je tenais un vrai fil pour écrire une histoire que je pouvais alors situer dans les années soixante-dix avec comme toile de fond la création de la Ligue tunisienne de droits de l'homme et les événements sanglants de janvier soixante-dix huit.
«Le professeur» est le nom de votre film. Pourquoi avoir choisi ce titre ?
Parce que j'ai pensé que cet homme donnait des leçons de démocratie au début et de droit constitutionnel. Il présentait la constitution tunisienne comme étant l'une des meilleures au monde et c'était vraiment la vitrine et la façade du régime. Il était intéressant donc de chercher son talon d'Achille, de le prendre en défaut de mensonge et bien sûr de trahison. En effet, c'est à partir de sa position de professeur, sa position dominante de celui qui donne des leçons, de celui qui enseigne la vérité que les différentes problématiques sont posées et les différentes contradictions sont débusquées. Je pense aussi que c'est un titre qui n'est pas commercial. Mais, à mes yeux, il est plein de signification.
A la sotie du film dans les salles, comment les autorités tunisiennes ont accueilli «Le professeur» ?
Les autorités tunisiennes, après la révolution, n'avaient aucun état d'âme à exprimer puisque nous sommes supposés être devenus un régime démocratique. Par contre si le régime de Ben Ali était encore aux commandes, ça aurait été une autre paire de manche, et on ne sait pas quelle aurait été sa réaction, bien qu'il ait mis de l'argent dans ce film et qu'il ait autorisé son tournage.
Et le au public tunisien ?
Quant au public tunisien, c'était d'abord la surprise parce qu'il y a encore aujourd'hui des gens qui doutent que ce film a été tourné avant la révolution, parce que les gens imaginent que l'ancien régime a été à ce point répressif et autoritaire que jamais il n'aurait autorisé, encore moins mis de l'argent, pour un projet qui le prenait pour cible. Même en ayant pratiqué le dépaysement historique, j'ai cité l'histoire trente ou trente-cinq ans plus tôt.
Avez-vous changé quelque chose dans le film après la révolution ?
Beaucoup de gens pensent encore aujourd'hui que j'ai retouché le film après la révolution : ce qui n'est pas absolument vrai. Je n'ai rien touché. Strictement rien. D'ailleurs, c'est un film sur lequel je n'ai fait aucune concession. On ne me l'a pas demandé, ni de la part du gouvernement de l'époque, ni d'un ministre de l'époque... personne n'a jamais cherché à me faire faire des changements ou des retouches sur des choses jugées ou qu'ils auraient pu juger excessives ou agressives. Jamais !
Le film est totalement conforme au scénario qui a été financé par le ministre de la Culture de Ben Ali. Il manque juste quelques scènes dans le film qui sont d'ailleurs assez fortes, et que je n'ai pas pu tourner faute d'argent et à cause des inondations qui ont eu lieu à l'époque dans le sud.
Sinon l'accueil a été parfaitement favorable en Tunisie. Je pense que c'est surtout à cause de l'histoire que le film raconte. Je ne pense pas que les gens vous fassent des cadeaux parce que vous faites un film engagé. Les films engagés il y en à la pelle, il vous suffit juste de ne pas dire «je suis contre le régime, je dénonce la dictature» pour que les gens vous accueillent à bras ouverts et vous pardonnent tout !
Quand vous faites de la fiction, vous devez vous acquitter de votre boulot de metteur en scène ou d'acteur. C'est-à-dire raconter une bonne histoire, avoir de bons dialogues, de bons comédiens et maîtriser le langage du cinéma. Une fois ceci reconnu, à ce moment là on peut parler du contenu.
Ce n'est pas parce que dans ce film politique je fais preuve d'une certaine «audace» que son contenu a plus de valeur que sa forme. D'ailleurs son contenu ne serait jamais arrivé aux spectateurs avec cette «évidence» là, si je ne m'étais acquitté de mon travail de scénariste. De ce fait, le public tunisien ressemble à tous les publics du monde, il va au cinéma pour regarder une bonne histoire.
***
Soirée artistique à Zagora
Un métissage musical aux couleurs du Sahara
Sous un ciel tout en étoiles, la place du complexe culturel de Zagora a accueilli, samedi 30 novembre 2013, une soirée artistique nocturne aux couleurs du désert et de la musique marocaine originale.
En effet, malgré la fraicheur de l'atmosphère, les visiteurs du 2e Forum international des oasis et du développement local ont afflué assez nombreux, à la place du complexe, pour jouir de ce plaisir artistique et déguster divers plats musicaux qui ont été servis durant les 4 heures du concert.
A l'occasion, des moments forts ont été partagés entre le public et un parterre de chanteurs populaires marocains et de troupes folkloriques telles : la troupe Rokba présidée par raïs El Kartaoui ( Zagora), le groupe de l'abeille «Nehla» (Kelaat M'gouna), groupe Akellal, la troupe d'Ahwach Ahidous ( Nkoub), Bouaarouj, dakat sif ( Zaouit lbaraka), groupe gnaoua et bien d'autres... représentant les différentes régions, ainsi que les idoles de la chanson marocaine en l'occurrence de la chanteuse Latifa Raafat qui a charmé avec sa voix lyrique le public en chantant les plus belles chansons de son répertoire musical comme : «Moghyara», «Achdani» et autres titres de ses albums. Le show musical de la diva a duré presque une heure, dans lequel les jeunes ont bien réagi avec ces moreaux chantés en plein Zagora. Après Latifa, c'était le tour du chanteur populaire Abderrahim Souiri d'enchanter, encore une fois, la scène et réchauffer la place avec son style chaleureux que ces fans connaissent parfaitement. Doté d'une voix exceptionnelle et forte, le chanteur a dédié une nouvelle chanson spéciale aux gens de la petite ville «à 50 jours de Tombouctou». Très dynamique sur scène et accompagné par des troupes folkloriques de la ville dans un tableau artistique authentique, Souiri a réussi à faire bouger et danser tous les jeunes passionnés de son style.
Une soirée, sans un bon comédien, serait une erreur. C'est pour cela que le choix de l'animation de cette soirée s'est porté sur le jeune comédien issu de la même région : Bassou. Ce talentueux humoriste a dessiné des sourires sur le visage de son public avec un bouquet de blagues marocaines. Par ailleurs, le forum était, entre autres, une occasion pour faire découvrir les styles musicaux régionaux. Sur scène la richesse culturelle et artistique du sud-est a été présentée sous forme de spectacles de danses et de rythmes joués par les troupes et groupes qui sont venus animer et meubler les festivités de ce forum durant trois jours successifs.
En marge des activités du forum, une soirée artistique a été organisée en plein air (Al montazah), ainsi que des activités sportives au profit des jeunes de la ville.
Il est à souligner que le 2e Forum international des oasis et du développement local à Zagora se place sous le thème : «Les oasis du Maroc : sources de vie». Un événement visant la promotion des zones oasiennes sur tous les plans touristique, économique, social et culturel.


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