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Latif Lahlou : «Je ne supporte pas le dogmatisme déformant»
Publié dans Albayane le 27 - 03 - 2012

Pour le cinéaste marocain Latif Lahlou, le carême représente l'opportunité d'une inspection de soi. Il souligne que la programmation TV durant le ramadan continue à provoquer la déception des citoyens.
Concernant le champ médiatique, le réalisateur enregistre avec regret le recul de la presse écrite pendant les deux dernières années. Et d'ajouter que le secteur audiovisuel n'est pas mieux loti. Néanmoins, fait-il remarquer, la société marocaine a enregistré un progrès notable, notamment, en matière du statut de la femme marocaine. Propos.
Que représente pour vous l'ambiance spirituelle et sociologique que procure le mois sacré du Ramadan ?
Le mois de Ramadan se distingue par des changements notables chez les Marocains : Dans leurs comportements social, spirituel, vestimentaire et bien sûr dans leur habitudes alimentaires. Subitement, le Marocain devient plus savant dans ses connaissances de la chose religieuse, plus rigoureux dans ses pratiques du rite religieux et souvent plus intolérant vis-à-vis de tout ce qui n'est pas conforme à ses propres convictions. C'est, quelque fois, très désagréable. Personnellement j'essaie d'éviter ce genre de situation.
Le jeûne est un acte individuel. C'est l'occasion d'un retour à soi, à la méditation, et à une certaine pureté…toute relative bien sûr. On jeûne pour soi….mais pas contre les autres !
C'est donc une ambiance toute particulière qui y règne. Je trouve qu'on déforme complètement le sens originel du jeûne et on crée une situation toute artificielle ! Mais bon, on est au Maroc, le plus beau pays du monde …Il n'y a pas que des mauvaises choses !
Comment vous organisez vos journées durant ce mois ? Les soirées ramadanesques sont propices aux rencontres de tous genres. Avez-vous le souvenir de quelque chose qui vous a marquée durant l'une d'entre elles ?
Pendant tout le mois de Ramadan, je reste fermé sur moi-même à l'exception de certains «Ftours» où je me réunis avec toute la famille. Mais, en général, je reste cloîtré à la maison ou au bureau. J'essaie d'avancer dans mes travaux. Bien sûr, je ne passe pas toute la journée à écrire…Je lis, médite, essaie de mettre de l'ordre dans mes idées et de corriger mes erreurs et mes défauts. J'évite les discussions sur les questions religieuses par ce que je ne supporte pas le dogmatisme déformant qui, quelque fois, se transforme en charlatanisme ….
Etes-vous de ceux qui laissent apparaître des sauts d'humeur durant la période du jeûne ? Pourquoi ?
Pas du tout… à mon humble avis, le jeûne perd une grande part de sa valeur spirituelle si on l'exploite à manifester ses humeurs et sa mauvaise éducation. C'est pourquoi, je préfère rester tranquille et seul à écouter de la musique ou à lire. Il y a tellement de livres passionnants à consulter.
Quelle appréciation portez-vous sur la programmation TV sur les chaînes nationales ? Etes-vous d'accord avec ceux qui estiment que le niveau esthétique et professionnel des sitcoms pêche par son indigence pour ne pas dire sa médiocrité ? A qui incombe la responsabilité de cette situation ?
S'il vous plait ne provoquez pas ma colère ! J'ai le sentiment qu'au Maroc, il n'y a que le burlesque et la bouffonnerie !….j'avais grand espoir de voir quelques programmes informatifs, culturels et divertissant. Malheureusement, je suis profondément déçu comme beaucoup de Marocains… si j'en juge par les avis de quelques proches ou amis…
Je suis convaincu que les créateurs dans ce pays peuvent concevoir des programmes plus intéressants que ce qu'on nous sert tous les soirs pendant le mois de Ramadan !
Bien sûr, on aime bien se divertir et sourire. Mais, en même temps, les programmes cathodiques doivent contribuer à aiguiser notre sens critique, notre sens de l'observation et celui artistique. Un peu de bon goût s'il vous plait et que Dieu vous bénisse !
Je n'ai pas envie de penser que cette façon de faire est voulue et recherchée pour déculturer le spectateur et le rendre plus détaché qu'il ne l'est. Que Dieu nous garde de ce malheur !
Quelles sont vos lectures préférées durant ce mois sacré ?
J'aime beaucoup lire tout au long de l'année. Mes préférences vont sans hésitation aux travaux des historiens et des essayistes. Je lis aussi beaucoup de travaux de chercheurs marocains qui sont d'un grand intérêt.
Quel regard portez-vous sur le paysage médiatique marocain : presse écrite et audiovisuel ?
Il y a quatre à cinq ans, la presse avait fait une avancée intéressante avec un rythme qu'elle a maintenue jusqu'à il y a environs deux ans. Depuis, je trouve qu'il y a une régression regrettable due probablement aux contraintes de l'argent et peut-être aussi à une situation politique encombrée et fort confuse. Quand à l'audiovisuel, nous frisons la catastrophe….
Pour moi, la communication, l'action culturelle et la libération de l'individu ne se font pas avec des discours ou des décisions de cabinets ministériels. C'est dans la concertation et sur le terrain que se réalisent les intentions…Bien entendu avec la réflexion et le sens de responsabilité en amont.
Qu'est ce qui a changé dans la société marocaine ? Les mécanismes de sociabilité qui ont permis de perpétuer les fondamentaux de la personnalité marocaine fonctionnent-ils toujours ?
Le Maroc est en pleine mutation. Qui dit mutation dit conflit. Comme vous le constatez, au Maroc, les conflits sont latents et pèsent lourdement sur la libération entière du citoyen. Néanmoins, je constate avec bonheur et une satisfaction profonde les progrès réalisés par la femme marocaine qui ne cesse de se battre pour affirmer son affranchissement des codes féodaux ancestraux lesquels utilisent tous les subterfuges pour se maintenir.
Il faut souligner également un très grand progrès dans l'émergence de cadres marocains qui commencent à occuper des postes de décision dans différents secteurs de l'économie. Malheureusement, un grand nombre d'eux ne sont pas politisés ou encadrés politiquement. Leurs compétences sont souvent mise au profit des multinationales installées au Maroc…Ils sont alléchés par l'argent vite acquis et entraînés dans le sillon du conservatisme et de la stagnation.
Par ailleurs, un changement notable est survenu dans la société marocaine des années 2000. Il est marqué par la naissance rapide et le développement d'une classe moyenne qui, côté modernité, est actuellement entrain de changer la donne et de créer une nouvelle image du Maroc. Evidemment, cette situation crée des distorsions encore plus fortes qu'il ya 30 ans entre la ville et la campagne, entre une population plus ou moins pourvue et une autre de plus en plus pauvre.
En parallèle, l'on constate qu'il y a un vide culturel grave et dangereux qui représente un risque d'instabilité.
Aucune action culturelle n'est planifiée. Aucune recherche ou innovation digne d'intérêt n'est enregistrée. De même, pour la promotion de création artistique ou de la conservation de notre patrimoine culturel. Mais où va-t-on ?
Et….nous vivons dans le plus beau pays du monde !!


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