Migration : L'Union européenne souligne «l'engagement fort» du Maroc    Le Maroc et l'Arabie Saoudite concluent un accord de transport aérien    Inflation: une nouvelle rallonge budgétaire de 12 MMDH (Conseil de gouvernement)    Bourse de Casablanca: Clôture dans le vert    France-Maroc-Algérie-Kabylie: C'est celui qui dit qui l'est !    Football : la candidature Maroc-Espagne-Portugal au Mondial 2030 otage de la mémoire courte européenne ?    Fustal : La liste des joueurs convoqués pour les matchs amicaux Maroc-Brésil    Benmoussa: Les statuts fondamentaux régissant les enseignants-cadres des académies régionales seront annulés    Covid-19/Maroc : 135 cas actifs à l'échelle nationale (0.01%)    Manque du lait sur le marché national: nouvelle annonce du gouvernement    Marrakech : Ouverture de la 4ème édition de la Conférence Internationale sur la Mobilité Durable et la conférence annuelle de l'IRF    Casablanca : Halte aux charrettes à traction animale !    Sahara : la réponse cinglante de Samir Addahre au représentant de l'Algérie à l'UNESCO    Standard&Poor's plus optimiste que la Banque Centrale    Mohamed Mehdi Bensaid à l'AG de la FAAPA: «Une nouvelle Afrique se dessine»    La chaine CNews mise à nu après l'annulation d'une émission consacrée au leader du MAK, Ferhat Mehenni    [Vidéo] Alger: tentative de suicide d'un policier    Le Conseil de gouvernement approuve un projet de décret déterminant l'organisation du ministère de la justice    À Alger, un policier harcelé par sa hiérarchie tente de se suicider    La Charte de l'investissement adoptée en commission à la Chambre des représentants    Sahara : l'Algérie invitée à assumer ses positions    Botola: découvrez le programme de la 5ème journée    Championnat arabe de cyclisme sur piste (1ère journée) : Le Maroc remporte trois médailles, dont deux en or    Le chanteur « Sy Mehdi » répond à ses détracteurs (VIDEO)    Ligue des champions: PSG, Manchester, Real...tous les résultats de la 3e journée (VIDEO)    Mondial de football pour amputés: le Maroc écrase l'Argentine et file en quarts (VIDEO)    Le capitaine Ibrahim Traoré officiellement nouveau président du Burkina Faso    Symposium de l'eau à Casablanca: Focus sur l'efficacité et la sécurité hydriques au Maroc (VIDEO)    Annie Ernaux remporte le prix Nobel de littérature 2022    Quand la numismatique nous raconte l'Histoire !    Décès de 66 d'enfants en Gambie: l'OMS ouvre une enquête concernant 4 sirops contre la toux    Fès : Enquête judiciaire contre un policier accusé d'attentat à la pudeur sur une mineure    Mondial féminin U17 : Le Maroc s'incline face à son homologue chilienne en match amical    L'OPEP+ réduit considérablement la production de pétrole    Sécurité : Une délégation de l'OTAN s'est rendue au Maroc    Mondial Amputées : Maroc – Turquie en 1/4. Pour suivre le match    Exposition « Regard à travers l'art» : Une invitation à l'observation et à la révélation    Une 3ème édition à l'espace Toro et pour tous les goûts    250 cavaliers au 16ème Festival de tbourida à Inezgane    Cacao. La Côte d'Ivoire maintient son leadership    Ghana. Une nouvelle stratégie pour le tourisme    Rabat, Casablanca, Marrakech, Tanger...des températures assez douces ce jeudi    Forum mondial de l'Alliance des civilisations à Fès. Moratinos exprime ses remerciements au Roi Mohammed VI    Khaled Nezzar. Le grand comploteur contre le Maroc serait agonisant    Santé : 1,7 MMDH pour la mise à niveau et l'équipement de CHU    Voici le temps qu'il fera au Maroc, ce jeudi 6 octobre 2022    Mathafi : lancement du programme d'initiation à l'art    Le Maroc et la France appelés à préserver leur relation et à la projeter face aux nouveaux défis    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Maroc, de quoi avons-nous peur?
Publié dans Albayane le 26 - 05 - 2020


Abdelhak Najib*
Les Editions Orion viennent de publier un ouvrage collectif regroupant les réflexions et les points de vue de 54 figures marocaines, de différents horizons qui pensent le Maroc d'aujourd'hui et celui de demain. Un ouvrage pour le Maroc et pour tous les Marocains.
C'est un livre pensé par 54 auteurs, de différents bords. Un ensemble de réflexions émanant d'artistes, de philosophes, d'écrivains, d'économistes, de médecins, d'acteurs ou de réalisateurs, de psychiatres à consonances divergentes, mais dont le tempo commun est ce même pouls qui bat à l'unisson pour le Maroc qu'ils aiment. Un Maroc, qui, en tant de crise mondiale, a démontré la solidarité et l'amour de ses concitoyens pour leur pays mais aussi l'engagement et la responsabilité des politiques pour un Maroc repensé, serein et humain.
Ce travail de 24 mois arrive au moment opportun ou le confinement est presque à sa fin, qu'un nouveau monde s'installe et ces réflexions signent l'amour d'un Maroc qu'on aime et qui s'inscrit dans un futur repensé.
Les femmes sont présentes en force dans cet ouvrage, et les moteurs de cet ouvrage, Nourredine Bousfiha et Najib Abdelhak, intègrent avec brio une vision projective du Maroc de demain à travers douze figures féminines.
La grande plasticienne, Nadia Chellaoui, accompagne l'ouvrage par trois peintures, à la fois expressives et profondes, donnant corps et image à l'écrit.
L'ouvrage est un manifeste s'inscrivant dans tous les sens, il se lit, se contemple en œuvre d'art, se pense, se sent, se vit, se respire et se projette.
En effet, dans cet ouvrage, on donne la parole à tous et on pense l'avenir des jeunes par les jeunes. Il est primordial de souligner la plume affirmée d'une adolescente de 16 ans, Mae Najib, qui s'interroge sur le progrès imagé et la perte de valeurs en projetant les aspirations d'une jeunesse marocaine à travers l'importance de l'éducation «We must learn to encourage our youth to chase their dreams, follow their passions, and feel a sense of genuine pride to be Moroccan.».
Rachida Belkacem s'adresse à la femme vectrice de changement par l'éducation et la réappropriation d'un statut de protagoniste social et politique du Maroc de demain: «De fait, l'éducation apportée aux enfants demeure orientée et encore trop souvent stéréotypée. Les femmes qui détiennent pourtant les clés du changement, et de leur propre émancipation à travers les générations futures, entretiennent paradoxalement ces stéréotypes».
Zaineb Fasiki, de son côté, soulève nos discordances féminines à travers le maintien d'un conditionnement qu'on critique mais qu'on assoit dans un même temps de parole, et par conséquent, responsabilise et engage la femme marocaine dans un Maroc qui porterait son empreinte: «Comment vivre dans une aberration largement admise, au milieu de personnes qui veulent une chose et son contraire? Comment concilier l'inconciliable ?».
La jeune bédéiste rêve le Maroc de demain : « Je rêve d'un pays où les femmes ne sont plus soumises aux archaïsmes», martèle-t-elle. La comédienne Soumaya Akaaboune pose les jalons de ce pèlerinage marocain de toutes les Marocaines pour un Maroc de demain encore plus solidaire et engagé: «Si nous ratons encore ce virage, nous serons alors à la merci de tout prédateur fanatique, de toutes les formes de l'extrémisme et de tous les dogmatismes rétrogrades qui handicapent déjà notre cher Maroc».
L'écrivaine, Maria Guessous souligne, de son côté, les maux de la société et pousse à la transcendance : «Nos intellectuels, nos anthropologues, nos sociologues, nos philosophes et tout citoyen digne de ce nom devraient reconstruire un modèle spécifiquement marocain, correspondant à la modernité. Une modernité made in Morocco, et non copié d'ailleurs.» Meriem Khalil pose la question du bonheur à travers l'importance de l'éducation artistique pour un réel développement humain de sublimation et de créativité, non par la caricature des fêtes chantantes occasionnelles mais par un accueil de la créativité et de l'imaginaire : «Le rapport à l'école est extrêmement tendu puisque l'apprenant n'y voit qu'un lieu d'acquisition et de restitution d'un contenu.
L'intégration des activités artistiques permettrait à l'enfant de créer, de réaliser par lui-même des choses, de les partager et de vivre l'expérience artistique avec ses camarades. L'école devenant donc, un lieu d'apprentissage et d'épanouissement qui mènera vers un développement intégral de l'apprenant». L'auteure Souad Mekkaoui, quant à elle, souligne l'importance de l'épanouissement de la pensée, la construction affirmée de l'estime de soi et de ses valeurs et la critique de la passivité et l'absence de réflexion devant l'image reine de la société post-moderne et ses outils asociaux.
«Comment peut-on aimer les autres si on se méprise soi-même pour le simple fait qu'on déteste sa marocanité? Où est passé le sens de citoyenneté et de concitoyenneté ? Chacun place sa haine dans l'autre, projette sur lui son propre ressentiment, se défoule sur ses concitoyens dès que la situation le permet». Pour l'artiste et chanteuse, Samia Tawil, il s'agit d'aborder le rapport au corps et à la sexualité qui en découle et pose par là une réflexion ouverte au lecteur sur les libertés individuelles et leurs portées collectives avec un étendard féminin responsable : «Les Marocaines en sont bien conscientes. Elles taisent parfois leur amertume face à une société qui les épuise par son immobilisme, son mutisme. Mais elles se battent, aussi.
Et leurs voix se font de plus en plus entendre». Hynd Bouhia, spécialiste en stratégies internationales, questionne la qualité de vie de demain et l'importance de notre écosystème pour un Maroc sain et serein humainement, mais aussi économiquement pour la sauvegarde de l'environnement : «La peur nous envahie quand on rencontre à la sortie des villes, des étendus réserves à des décharges informelles et des chiffonniers qui vivent de tri informel. Des enfants rodant et jouant autour de décharge.». Yousra Tarik, journaliste et actrice de renom, aborde les figures et modèles moteurs de sociétés qui connotent les systèmes de valeurs et de progrès humanistes : «Je crains également la marginalisation des personnes instruites, créatives, penseuses et politiques.
Le moment fatidique du moment où les Etats recherchent l'esprit politique, l'esprit créatif, la vision de l'intellectuel, la sagesse de l'intellectuel, pour construire un système sociétal dans lequel les valeurs de rationalité et de science prévalent dans tous les aspects de la vie de ses individus…», souligne-t-elle.
Enfin, Dr Imane Kendili apporte son regard de psychiatre sur la nécessité des rituels de passage, symbolique pour une responsabilisation patriotique et la maturité des marocains de demain: «Ce service militaire incarne une reconstruction systémique familiale à ciel ouvert au sens thérapeutique du terme ou la guerre maternelle étatique prend les rênes pour soigner sa jeunesse ivre d'oisiveté, d'irresponsabilité et de désengagement et soulager voire aiguiller une parentalité dépassée d'amour addictif fusionnel suicidant».
Voilà, en somme, une manière de réfléchir le Maroc et la société marocaine, en donnant la parole à douze femmes, qui, chacune, selon son expérience et ses rêves, se projette dans son Maroc tel qu'elle le veut pour demain. Un Maroc meilleur pour des Marocains fiers.
*(Ecrivain-Journaliste)


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.