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Neila Tazi : «La multiplicité des festivals pose la question de leur pérennité…»
Publié dans Albayane le 16 - 07 - 2010

Neila Tazi, directrice du festival de Gnaoua et musiques du monde et directrice de A3 Communication estime que la ville gagne sur tous les plans à travers l'organisation des festivals. Pour elle, ce sont des occasions de partager l'espace public autrement et de porter un regard différent sur une ville.
Ils correspondent à une offre nécessaire et salutaire en matière de divertissement et de promotion d'une ville et de ses acteurs culturels…
Al Bayane : Quel est l'objectif majeur de l'organisation d'un festival?
Neila Tazi : Tout dépend du profil et de l'esprit du producteur; de celui-ci dépendent les objectifs, les axes, la taille, les grandes orientations, la ligne artistique, les partenaires et les moyens...
Il y a plusieurs types de festivals. Il y a ceux qui sont porteurs d'un concept culturel très fort ou très pointu, et qui s'inscrivent à l'international comme des rendez-vous culturels importants. Ces festivals là sont généralement très fortement liés à l'image et l'âme d'une ville. Ceux-là sont généralement portés par des passionnés car ils ont démarré petits puis sont devenus grands et permettent de servir de levier de développement pour des villes.
Il y a les festivals qui s'inscrivent dans une volonté politique et qui entrent dans un programme d'animation culturelle de la ville. Ils sont souvent portés dans le cadre d'un partenariat public/privé, ce sont les cas des plus fréquents au Maroc. Qu'ils soient gratuits ou payants, ils correspondent à une offre nécessaire et salutaire en matière de divertissement et de promotion d'une ville et de ses acteurs culturels. Enfin, il y a les festivals totalement payants qui s'inscrivent dans un projet commercial, ceux-la sont encore rares au Maroc mais devraient se multiplier à l'avenir.
Que gagne la ville de l'organisation d'un festival ?
La ville gagne sur tous les plans. Un festival est d'abord une occasion formidable de faire sortir les gens de chez eux, de les amener à se rencontrer, à échanger, et à découvrir de nouvelles choses. C'est une occasion de partager l'espace public autrement et de porter un regard différent sur une ville.
Un festival permet de donner la parole aux artistes qui jouent un rôle fondamental dans notre perception des choses, dans notre appréciation de notre environnement, dans nos rapports humains et nos émotions.
Ils sont de véritables passeurs et permettent de renforcer les liens.
Un festival peut également apporter beaucoup à une ville en termes de promotion, d'image et de développement touristique.
Le phénomène des festivals a atteint une taille critique. Dans quelle logique s'inscrivent de telles activités?
Le terme critique me paraît un peu fort. Je dirais plutôt qu'avec la multiplicité des festivals se pose forcément la question de leur pérennité, de leur financement et de leur avenir. Il me paraît important aujourd'hui que cette logique dont vous parlez soit abordée ouvertement et sereinement pour capitaliser sur des années de travail, de manière à ne pas banaliser certains projets qui ont un bel avenir devant eux. Le débat doit avoir lieu surtout au niveau local dans les villes pour que les projets sortent de l'incertitude et s'inscrivent dans une vision positive et constructive.
Les sponsors et les médias sont de plus en plus sollicités, les fournisseurs également, les dotations baissent, les prix grimpent. De même pour les artistes. Les métiers périphériques se développent mais les ressources qualifiées sont encore insuffisantes. Le débat est intéressant, il doit avoir lieu.
Est-ce qu'on peut se permettre le luxe d'organiser des festivals dans des villes qui plongent dans l'anarchie sont rongées par des phénomènes sociaux?
Il est temps d'arrêter de considérer que la culture peut être mise en balance. Elle fait partie des indices de développement humain au même titre que l'éducation, la santé et aujourd'hui l'environnement. Les artistes et les acteurs culturels peuvent aider les élus et les pouvoirs publics à régler l'anarchie dans certaines villes.
Il suffit simplement qu'on arrête de les marginaliser, qu'on les prenne au sérieux et qu'on les considère comme de réels partenaires.
Sans transition, parlons du festival Casablanca. Quel est le pourcentage en matière de programmation des artistes marocains?
Sur 41 concerts, 28 sont donnés par des groupes marocains. Le festival de Casablanca a toujours accordé une place importante aux artistes marocains, et notamment aux grands noms du chaâbi et aux groupes confirmés de la nouvelle génération.
Est ce que la diversité culturelle et la vocation de Casablanca comme ville ouverte sur le monde sont respectées?
La diversité et la pluridisciplinarité sont les maîtres mots du festival depuis sa création. Une des traditions du festival est l'ouverture par un grand spectacle en plein air pour le grand public. Un spectacle original, créatif et impressionnant.
Le festival de Casa présente également un programme intéressant intitulé Nouzah Fennia qui travaille sur la mémoire de la ville et se déroule dans des lieux mythiques de Casa. Contes, expositions, musique, projections, tables rondes, concerts...de nombreuses activités qui vont à la rencontre des Casaouis en toute simplicité.
Le festival de Casa est ouvert sur le monde de part sa programmation internationale. Mais Casa est surtout une plate-forme extraordinaire en matière de création contemporaine et avant-gardiste, c'est forcément ce qui portera le festival sur le long terme.
Que pensez-vous de certaines parties qui s'opposent à l'organisation des festivals?
Je pense que ce sujet a déjà été utilisé dans le passé par d'autres pour servir à des fins politiques et qu'aujourd'hui c'est un sujet dépassé; il faut passer à autre chose et trouver d'autres sujets de polémiques. Les Marocains aiment les festivals et ils le prouvent chaque année par leur présence massive.


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