L'humoriste franco-marocain revient sur les terres de son«pays de cœur» avec son troisième one-man-show«Ah… l'école !». Après deux représentations au Megarama de Casablanca les 29 et 30 avril, il posera son cartable au Palais des Congrès de Marrakech le 1er mai. Un spectacle qui aborde avec humour et émotion un sujet universel, adapté au contexte local avec des passages en darija et une réflexion sensible sur le harcèlement scolaire. Rencontre avec un artiste qui, après 25 ans de carrière, continue de se réinventer. Comédien et humoriste franco-marocain, Booder s'est imposé au fil des années comme une personnalité particulièrement aimée du public des deux rives de la Méditerranée. Sur scène comme à l'écran, son énergie, son sens du contact et sa manière d'installer d'emblée une proximité avec les spectateurs ont fait de ses spectacles des rendez-vous très attendus. À l'initiative de Top Event, CastQuête et Les baubau Productions, il pose désormais ses valises au Maroc pour trois dates exceptionnelles. Un retour qu'il vit comme une évidence, presque un devoir familial. «C'est un rapport très fraternel, confie-t-il aux Inspirations ECO. Quand je joue au Maroc, j'ai l'impression de jouer en face de ma famille. Donc je dois la surprendre». La formule en dit long sur l'attachement de l'artiste à son «pays de cœur». Et sur l'exigence qu'il s'impose : à Casablanca comme à Marrakech, il ne s'agira pas d'un simple passage, mais d'une véritable performance pensée pour ceux qu'il considère comme les siens. Le spectacle, justement, a été adapté au contexte local, avec des passages en darija qui devraient ravir le public marocain. L'école, un terrain de jeu universel Avec«Ah... l'école !», Booder choisit un sujet que tout le monde connaît, a vécu ou continue de vivre de près. Interrogé sur le cheminement artistique qui l'a amené à ce choix, il répond sans détour :«J'ai voulu, comme pour tous mes spectacles, être le plus universel possible et toucher toutes les générations. Et pour cela, quoi de mieux que l'école ?» De l'école de son enfance à celle de son fils, il brosse avec humour et dérision le portrait du système scolaire. Tout y passe : ses copains, la récréation, ses professeurs, mais aussi la course aux notes et les devoirs incessants. «Je raconte tout ça dans mon spectacle» , résume-t-il simplement. L'humoriste, connu pour son autodérision et sa capacité à aborder des sujets profonds avec légèreté, mêle anecdotes personnelles et réflexions sur l'école d'hier et d'aujourd'hui. Il n'évite pas les sujets qui fâchent. En filigrane, on devine une lecture des rapports avec les figures d'autorité et des tensions entre élèves. Son opinion est claire, presque militante :«Je pense que l'école doit s'adapter au monde dans lequel on vit aujourd'hui.» Un message qu'il fait passer avec la justesse qui le caractérise, sans jamais tomber dans le sermon. Rire et émotion : l'équilibre fragile d'un spectacle moderne Avec«Ah... l'école !», Booder s'adresse à un large public, des parents nostalgiques aux enfants encore sur les bancs de l'école. Sa vision de la scolarité, tendre et amusante, promet un moment de partage où chacun peut se reconnaître. Mais ce qui frappe chez cet artiste, c'est sa capacité à se renouveler sans jamais trahir son ADN. Sur l'évolution de son style depuis ses débuts, il confie :«Je pense qu'on évolue tout le temps, car je m'inspire de ce que je vis à l'instant T. Ce spectacle mêle rire et émotion». Mais Booder ne se contente pas de faire rire. Il veut toucher, émouvoir, faire réfléchir. Et c'est peut-être là sa plus grande force : aborder des sujets sensibles (le harcèlement scolaire, la pression des notes, la place de l'enfant dans le système ) avec une légèreté qui désarme et une sincérité qui convainc. Après 25 ans de métier, celui qui se définit plus comme un artiste que comme une célébrité a su s'adapter à l'ère du temps tout en restant fidèle à lui-même. De la scène au cinéma : deux adrénalines Au-delà de la scène, Booder a su se faire une place de choix dans le cinéma français. Révélé au grand public par des comédies populaires comme«Neuilly sa mère» ou«Alad'2», il enchaîne les projets avec une énergie communicative. Mais pour lui, la différence entre les deux métiers est nette, presque ontologique.«Le cinéma, lorsque le film est tourné, ne nous appartient plus, on ne peut plus le modifier. Le spectacle, c'est vivant» , explique-t-il. Cette nuance fondamentale explique pourquoi il revient sans cesse sur scène, au contact direct du public, là où tout peut arriver, où l'improvisation a sa place, où l'émotion est brute.«Je kiffe ces deux adrénalines différentes», ajoute-t-il, résumant en une phrase sa double passion. Son spectacle «Ah... l'école !» marque pourtant un tournant. Celui d'un humoriste qui ose aborder des sujets de société sans jamais perdre sa légèreté légendaire. Entre rires et émotions, Booder réussit le pari de faire réfléchir tout en faisant rire – une alchimie rare qu'il maîtrise à la perfection. Booder Humoriste «Mon attachement est d'abord dû à l'amour que j'ai pour le Maroc. Je suis né à Bouarfa, dans l'Oriental. Je suis fier d'y avoir pu passer toutes mes vacances d'été. Et donc pour moi c'est tout naturel, et un honneur, de vouloir participer à la vie artistique de mon pays. D'un point de vue créatif, il faut d'abord savoir que plein de grands films ont été tournés au Maroc qui n'a rien à envier aux autre pays sur le plan cinématographique. Ensuite, la rencontre avec mes frères et sœurs artistes marocains a toujours été un kif et un grand moment de partage.» Rabei Benkiran / Les Inspirations ECO