Du 1er au 10 mai, la 31e édition du Salon international de l'édition et du livre (SIEL) investit Rabat sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Avec 61 pays représentés, 891 exposants et une thématique consacrée au récit du voyage à travers le legs d'Ibn Battouta, cette édition revêt une dimension particulière : pour la première fois, la ville-hôte porte le prestigieux label de«Capitale mondiale du livre» décerné par l'UNESCO. Entre hommages, rencontres et découvertes, plongée dans une édition historique. Pour la 31e édition du Salon international de l'édition et du livre (SIEL), Rabat ne sera pas seulement la ville qui accueille le plus grand événement éditorial du Maroc. Elle portera également, tout au long de l'année 2026, le prestigieux label de «Capitale mondiale du livre» décerné par l'UNESCO, une distinction qui salue «l'engagement de la ville en faveur de la promotion de la lecture, du développement de l'édition et de la démocratisation de l'accès au savoir». C'est donc une édition placée sous le signe de la consécration que s'apprête à vivre le public marocain et international. Du 1er au 10 mai, sur les allées du Salon, 61 pays et 891 exposants se donneront rendez-vous pour célébrer le livre sous toutes ses formes. La thématique retenue cette année, «Le récit du voyage, à travers le legs du grand voyageur marocain Ibn Battouta», résonne comme un fil rouge naturel pour une manifestation qui, chaque année, fait voyager les esprits bien au-delà des frontières. La France invitée d'honneur C'est l'un des temps forts de cette édition : la France est l'invitée d'honneur du SIEL 2026. Une présence qui n'a rien d'anodin, tant les liens littéraires entre les deux rives de la Méditerranée sont profonds et anciens. Dans son mot de présentation, la ministre française de la Culture, Catherine Pégard, résume cette évidence avec des mots choisis :«Le livre, la lecture et l'édition représentent un condensé de la relation unissant la France et le Maroc, liés par l'amour commun de la littérature, le goût de l'érudition et le regard apaisé et lucide sur leur histoire partagée». La responsable française rappelle que l'an passé, au Salon du Livre de Paris, c'était le Maroc qui était à l'honneur, et que ce«partenariat d'exception» a été renforcé par la volonté des deux chefs d'Etat, le Roi Mohammed VI et le Président Emmanuel Macron. Pour le SIEL 2026, une forte délégation française d'auteurs, d'éditeurs et de professionnels du livre viendra à la rencontre du public marocain. Littérature générale, livres pour la jeunesse, bande dessinée : tous les genres seront représentés sur le pavillon français. L'Institut français du Maroc a mis en musique une programmation ambitieuse dont le fil rouge est justement la jeunesse. Un symbole fort, à l'heure où l'on s'interroge sur les moyens de transmettre le goût de la lecture aux nouvelles générations. Parmi les moments les plus attendus, la proclamation des résultats de la 4e édition du prix Goncourt du Maroc, organisé avec la participation de onze établissements universitaires marocains. Un prix qui, année après année, confirme son rôle de passerelle entre les scènes littéraires française et marocaine. l'Institut Cervantes tisse sa toile La culture espagnole ne sera pas en reste. Sous la houlette de l'Institut Cervantes de Rabat, en partenariat avec l'ambassade d'Espagne et les ambassades ibéro-américaines accréditées au Maroc, un pavillon dédié proposera un programme dense : présentations de livres, ateliers, contes, cours d'espagnol, tables rondes et spectacles. L'Institut Cervantes célèbre également, à travers sa participation, la distinction de Rabat comme Capitale mondiale du livre par l'UNESCO. Une manière de rappeler que l'espagnol, langue parlée par des millions de Marocains, est aussi une langue d'écriture, de création et de dialogue. La collaboration avec d'autres institutions espagnoles, comme la Casa Mediterráneo et la Fondation des Trois Cultures de la Méditerranée, donne à cette présence une dimension plus large, celle d'un espace méditerranéen où les cultures se croisent et s'enrichissent mutuellement. Le CCME : carrefour des voix marocaines du monde Et si le SIEL est d'abord une célébration du livre au Maroc, il est aussi, depuis des années, un rendez-vous incontournable pour la littérature de la diaspora. Le Conseil de la communauté marocaine à l'étranger (CCME) en est l'un des artisans les plus fidèles. Pour cette 31e édition, le CCME se présente comme«un carrefour des voix marocaines du monde», avec un programme qui illustre l'élargissement constant de la cartographie littéraire des Marocains établis hors du Maroc. Plus de cent vingt invités, issus d'une dizaine de pays – dont, pour la première fois, l'Australie – prendront part aux débats et aux rencontres. L'année 2026 est marquée par plusieurs anniversaires et hommages. Le premier d'entre eux est le centenaire de la naissance de Driss Chraïbi, figure fondatrice de la littérature marocaine moderne et premier grand écrivain marocain à avoir vécu et publié en France. En partenariat avec les éditions Le Fennec, le CCME réédite un coffret de sept titres majeurs de l'auteur, tandis que des rencontres-débats seront consacrées à son œuvre. Autre hommage attendu, celui rendu au dramaturge, metteur en scène et réalisateur franco-marocain Mohamed El Khatib. Une rétrospective de ses documentaires sera organisée, et il donnera une lecture-performance de sa pièce«Finir en beauté», écrite après le décès de sa mère. Le CCME n'oublie pas non plus la mémoire d'Ahmed Ghazali, dramaturge et écrivain humaniste décédé en 2024, dont l'œuvre théâtrale traversée par le voyage, la migration et le dialogue des cultures sera célébrée à travers la publication d'un coffret réunissant cinq de ses pièces. Une innovation cette année : «Les invités font le programme». Les auteurs invités participent directement à l'élaboration de la programmation, une démarche collaborative qui a donné naissance à une vingtaine de rencontres issues des propositions des participants des éditions précédentes. Comme à son habitude, le CCME publie de nombreux ouvrages à cette occasion, dont une réédition de six romans d'Edmond Amran El Maleh. L'IRCAM et la langue amazighe : une passerelle vers l'avenir L'Institut royal de la culture amazighe (IRCAM) participe lui aussi à cette édition, sous le thème«Le livre amazigh, une passerelle vers l'avenir». Un choix de titre qui n'est pas anodin : il s'agit d'affirmer que la langue amazighe, désormais langue officielle, a toute sa place dans le paysage éditorial marocain et dans la construction du futur. Le programme de l'IRCAM est particulièrement riche : présentation de nouvelles publications (ouvrages didactiques, historiques, littéraires, dictionnaires spécialisés dans le football, les correspondances administratives et les services publics), tables rondes et colloques sur des sujets variés Bank Al-Maghrib : l'institution bancaire au service de la diffusion du savoir L'autre présence phare est celle de Bank Al-Maghrib. La banque centrale, qui rappelle dans son communiqué «son engagement à la diffusion du savoir, à la valorisation du patrimoine littéraire, artistique et archivistique, outre le renforcement des canaux de communication et d'interaction avec le public», tiendra un pavillon où les visiteurs pourront découvrir l'histoire de l'institution, assister à des conférences et tables rondes, et participer à des ateliers éducatifs dédiés aux enfants et aux jeunes.