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«La culture a su mieux faire que la politique, elle a su aller au-delà des idiologies»
Publié dans Albayane le 05 - 12 - 2023

Cours inaugural de André Azoulay devant les étudiants de l'ISADAC
Mohamed Nait Youssef
À la mythique salle Bahnini à Rabat, le Conseiller de SM le Roi Mohammed VI, M. André Azoulay a donné, lundi 4 décembre, un cours inaugural sous le thème «Quand le théâtre et les arts de la scène s'invitent au banquet de la pensée et de la modernité», organisé par l'Institut supérieur d'art dramatique et d'animation culturelle (ISADAC), au titre de l'année universitaire 2023-2024.
«M. André Azoulay et son épouse Katia sont engagés et mobilisés depuis des années pour la refondation et la renaissance de Mogador, Essaouira. M. Azoulay est un homme de dialogue, un homme d'écoute, de la belle écoute, de la profonde écoute. C'est un militant auprès de la société civile pour l'interculturalité, pour le dialogue entre les religions et les civilisations.», a souligné Latefa Ahrrare, directrice de l'ISADAC, dans son mot d'ouverture à l'occasion.
Hommage à Tayeb Saddiki et Latefa Ahrrare
André Azoulay a rendu un vibrant hommage à deux figures emblématiques des planches nationales : Tayeb Saddiki et Latefa Ahrrare. Deux grands noms qui ont tant donné à la scène culturelle et artistique.
«Je te suis à la trace depuis le début. On ne se connaissait pas, je te regardais, je t'écoutais et je voyais à la fois ta détermination, tes audaces et ta capacité à résister à toutes les difficultés et à tous les rendez-vous manqués, à tout ce que nous rêvons pour la Culture. Et puis nos rêves ne sont pas toujours ceux qui rencontrent la réalité, mais toi tu n'abandonnes pas et tu n'abandonnes jamais et le sourire ne te quitte pas.», a témoigné André Azoulay en évoquant le parcours de la comédienne et l'actuelle directrice de l'ISADAC, Latefa Ahrrare.
En 1985, a-t-il révélé, ont décidé de créer l'institut, on aurait dû le faire plutôt. «Je ne peux pas ne pas évoquer quelqu'un qui a compté dans nos parcours dans et dans celui des hommes de culture, du théâtre, de cinéma... et qui était un concitoyen souiri; Tayeb Saddikiqui est très tôt nous a piqués, nous les souris avec la piqûre de tout ce que le théâtre dans la multiplicité de ses scènes, mais surtout dans son ADN marocain, local; celui du territoire. Et ça fait très longtemps, mais je garde très précieusement dans ma mémoire et dans mes souvenirs, mes discussions avec lui, les différentes initiatives qu'il a prises en pionnier à Essaouira et ensuite beaucoup plus tard à la scène nationale et internationale en incarnant un homme de théâtre de talent avec la singularité et le charisme qui ont très vite dépassé nos frontières.», a-t-il affirmé.
Et d'ajouter : « il a été sur les très grandes scènes en Occident, en France, en Orient. Il a toujours incarné ce Maroc divers en s'exprimant dans toutes les langues (arabe, dajira, tamazight ,français...). Il a choisi d'intégrité très souvent et en pionnier, les très grands classiques, les nôtres, mais aussi les autres, ceux des autres. Il a donné très tôt et très vite au théâtre marocain, une légitimité, une crédibilité et un talent qui renforçait l'admiration de beaucoup.»
''La culture a su souvent de mieux faire que la politique''
Selon M. André Azoulay, quand la culture s'exprime, se produit, se joue, se dit, au-delà simplement de l'émotion que peut procurer, au-delà aussi des attentes de l'esthète, cette culture sait mieux faire. «La culture a su souvent de mieux faire que la politique, elle a su aller au-delà des idéologies, elle sait toujours et elle saura, encore demain, sublimer toutes les vicissitudes, tous les aléas, toutes les tragédies du moment. », a-t-il indiqué. Par ailleurs, la culture, dit-il, nous dit ce que sont nos humanités. «La culture sait le dire là où la politique est spectatrice, silencieuse.», a-t-il expliqué.
M. André Azoulay a évoqué également la responsabilité de convoquer et d'inviter la culture au premier rang des priorités. «C'était déjà il y a 32 ans. On a créé 11 festivals à Essaouira, ils sont la diversité de ce que l'art n'a interprété en musique, au théâtre, au cinéma, la littérature. On a essayé d'investir toutes les disciplines à côté pour nous aider à réaliser des objectifs qui ne passaient pas à la barre.», a-t-il fait savoir.
De la nécessité de préserver les valeurs qui font notre humanité
A l'ère du numérique, M. André Azoulay a insisté sur l'importance de préserver les valeurs qui font notre humanité. Selon lui toujours, c'est bien que «nous soyons tous à des degrés divers, témoins et acteurs de cette révolution du digital que nous connaissons aujourd'hui, du numérique et de cette véritable rupture qui va se faire avec le monde qui a été le mien et celui que vivront mes petits enfants. Mais je fais partie de ceux qui considèrent que si cette révolution n'est pas régulée, encadrée, nourrie par tout ce que la culture sait nous dire. La planète culture en général, je suis inquiet pour mes petits enfants parce que cette humanité ne sera pas celle que j'ai connue dans les années qui viennent, elle est peut être fascinante et remarquable sur le plan scientifique, sur le plan technique, sur le plan de toutes les technologies qui font aujourd'hui leur quotidien, mais l'essentiel est ailleurs. L'essentiel est de préserver avec cette révolution les valeurs qui font que notre humanité continue d'évoluer en préservant le précieux et le plus cher qui est notre capacité de protéger nos identités, nos histoires, nos mémoires et à permettre à ce legs qui est déterminant pour chacun et chacune d'entre nous quelque soit l'espace dans lequel il est né ou dans lequel il évolue.», a-t-il révélé. D'après lui, l'intelligence artificielle doit peut-être nous remplacer, mais quel drame se serait si elle contribue à nous rendre amnésique ou indifférente à ce que nous avons été et ce que nous voulons continuer à être ?, s'est il interrogé.
La réussite du leadership marocain...
L'intervenant est revenu dans son cours inaugural sur le leadership marocain. Le Maroc, a-t-il dit, appartient à ce club des nations, très sélectif, qui peut aujourd'hui avoir la tête haute de la communauté internationale. «Le Maroc n'a jamais arrêté de proposer et essayer de faire en sorte que notre société se réapproprie, s'identifie, un espace qui est celui de la diversité. Aujourd'hui, je prétends que le réacteur central de la modernité sociale au Maroc est nourri par cette diversité.», a-t-il rappelé.


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